30 déc. 2004

Diplomatie de saute-ruisseau

Si Villepin d'Auteuil & de Longchamps fut l'avocat lyrique de la cause pacifiste française au prétoire du Conseil de Sécurité, jusqu'à assommer l'auditoire de ses références culturelles épaisses comme des tranches de cake anglais, et ruiner l'attention nécessaire à la Thèse de ses empilages de subordonnées qui menèrent au suicide un grande partie de l'équipe des traducteurs onusiens, le nouveau Talleyrand du Quai donne plutôt dans le furet du bois joli.

La crinière impeccable, on dirait Dumas jeune, il se projette in situ dès le moindre zéphyr contraire, galope par les déserts, les neiges et les cocotiers, sans doute pour "voir" et nous dire deux jours après au bulletin de huit heures, tout ce qu'il a "vu" et tout ce que son patron généreux lui accorde de moyens pour contribuer à apaiser les rigueurs de la situation. Car on ne guérit rien au Quai, on emplâtre, on remédie, au plus on cautérise. C'est de la diplomatie quoi. De la diplomatie d'agitation !

C'est contre le tralala du Grand Barnier qu'ironise sans mollir le député Julia. Sans doute à cause de quelque phrase condescendante que le ministre lui lança un jour dans un couloir du palais comme une tarte à la crème. Et le même de monter sur les conseils de Qui*vous*ne*savez*pas, agacé des atermoiements et précautions des services visibles, l'exfiltration des otages français en Irak, avec la bénédiction presque certaine du référent au Château de la Piscine, qui délégua sur ordre un compteur de points en la personne de ....(icognito).

Tout le monde le sait, car on le répète au Palais Bourbon chaque trimestre à la barre du gouvernement au cas où quelqu'un déciderait d'ergotter sur le texte de la Constitution et l'application qui en est faite, les affaires étrangères ressortissent au Château et pas au Quai. Finalement la 4è...5è et bientôt 6è...7è...8è puissance mondiale laisse ses intérêts extérieurs non pas aux spécialistes formés longuement dans la souffrance des expatriations lointaines, mais à des gnomes en bras de chemise courant nuit et jour comme des rats dans les galetas de l'Elysée, accumulant information et analyses au profit du chef de brigade synthétiseur. Le pain diplomatique quotidien est servi encore chaud au chef de tous les chefs, sans qu'il soit besoin de languir jusqu'au prochain conseil des ministres.

Parallèlement, pour faire chic et cher, on télécommande un saute-ruisseau de la plus belle allure qui court le monde dans un Airbus de la République Française pour montrer le pavillon, dès fois qu'on nous oublierait au-delà des Bouches de Bonifacio.

Finalement, à regarder autour de soi, on s'aperçoit que ces structures parallèles d'analyse et réaction rapides se développent au coeur de tous les pouvoirs modernes. C'est un déni de bureaucratie. Les fonctionnaires délaissés le supporteront-ils longtemps ? A la CIA, plus aucun. Ils démissionnent tous. Ces messieurs du Quai ont la peau plus épaisse et la patience des alternances qui chantent.

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