27 déc. 2004

Finir l'année médiatique

Quand approche le nouvel an, il est un rite obligatoire qui use les rédactions, c'est au choix "Tout ce que vous avez pu voir à la télé en 2004 sans jamais avoir à le demander", sinon en plus court pour que ça rentre sur une ligne : "2004, le bestof !"

2004 : Sarkozy sur la première de couverture, Bush, men of the year, Abidjan, touche pas à la femme blanche, rien ou presque sur le Darfour faute d'appareils numériques chez les Janjaweed, Arafat, burried in transit, pas grand chose finalement, pas de tours infernales, pas de cendres du Pinatubo, pas d'autres délices exotiques qui font adorer son fauteuil de cuir mou.

Faute de grives, les chaînes qui ne se concertent pas, décidèrent de fêter dignement la Tempête du siècle passé, enfin à un poil près car c'était en 1999.
On commanda moult reportages dans les Vosges, le Jura, les Landes, au château de Versailles, chez les couvreurs qui roulent maintenant tous en Mercedes. Il fallut habiller les images par des dissertations mélodramatiques sur le chablis, l'impossible germination des graines à l'ombre, le rachitisme des chênes à peine nains et déjà bouffés par ces habitants de nos forêts qui se croient chez eux chez nous, et finir par la nubilité des pins qui ne procréent pas avant soixante ans à ce qu'on dit chez les scientieux de l'arbre. Au total et tout compte ratissé fait, c'était un peu court comme catastrophe de la St Sylvestre. Mais Dieu est bon ! De son doigt puissant, il appuya délicatement au joint de fracture de la Plaque sous la mer.

La mer s'effondra au coeur d'un immense périmètre et quand les lois de la physique lui demandèrent de remonter, elle surgit alors dans tout son élan ; ses ondes formèrent en bout de course des vagues de dix mètres qui attaquèrent les côtes en y brisant tout, gens, bêtes, maisons et barques. Dix pays furent touchés. Vingt mille morts le premier jour, et la mer en rend encore sur les plages chaque jour qui passe. Il n'y a que trois morts français. Les petits enfants empilés comme des bouteilles attendant la crémation; qui se souvient du nom de la ville dévastée ou du pays meurtri ? Les plus grands bien rangés dans la benne du camion qui les emporte loin de la prochaine vague pour les inhumer décemment. Il n'y a que trois morts français. Deux cents mille réfugiés sur les routes qui fuient le pays (trop) bas et les répliques. On le tient le reportage de la St Sylvestre, même s'il n'y a que trois morts français. C'est d'ailleurs le problème ! Le veau se maintiendra-t'il assez longtemps devant le poste jusqu'à la pub avec seulement trois morts ? Passons.

Les tsunamis donnent parfois des vagues plus hautes.

1 commentaire:

  1. Pas d'inquiétude cher ami, les chiffres montent comme la marée.
    Schneider

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