16 déc. 2004

A la poursuite de l'opinion

Trois ans de patientes négociations entre 25 délégations nationales. 3 ans de construction brique à brique d'un édifice qui au final tient debout tout seul. Mise en oeuvre d'une intelligence qui embrasse l'entièreté du projet à chaque moment de la progression et corrige la trajectoire en fonction de l'aboutissement souhaitable.
Analyse de l'ouvrage ensuite par les services politiques des 25 gouvernements et approbation au simple motif qu'on ne peut mieux faire. Voilà la constitution de l'Union européenne.


Vous êtes pour l'Union et sa constitution, ou vous êtes contre l'Union et sa constitution.Vous ne pouvez pas être pour l'Union et contre sa constitution, sauf à vous croire supérieur au faisceau de compétences qui ont bâti l'ouvrage.
Demander le vote du peuple sur un sujet aussi complexe est pure démagogie.

Et pourtant, c'est ce que le parti socialiste a dû faire à cause de l'éclat de Laurent Fabius qui a pris la constitution en otage pour couper l'herbe sous les pieds de ses collègues de la Gauche dans la course à l'Elysée.Ceux qui ont lu le texte publié chichement n’ont pu entendre la mécanique des rouages innombrables qui tiennent tout l’ensemble, sauf à l’évidence les anciens élèves de SciencesPo non positivement discriminés.

Les autres ont fait confiance à l’exégèse qu’en ont livré les chefs de cellules ou de fédération, eux-mêmes porteur d’une inquiétude de pouvoir. Et comme souvent, on a voté sur des visages, pas sur des concepts. C’est ainsi que le cœur battant de la gauche socialiste a approuvé le texte constitutif de l’Union de demain malgré le défaut irrémédiable de volet social. Voudrait-on faire dire à ces militants que les carcans providentiels socialistes sont désuets et conduiraient tout droit à la banqueroute ?


Ces scrutins que la république se flatte d'organiser à tous les étages sont le plus souvent biaisés. Il n'est qu'au niveau local où les gens peuvent avoir une opinion fondée. Les appeler au niveau national, a fortiori au niveau européen, est basse flatterie.
En attendant les Verts vont organiser leur referendum sur le NON et les Radicaux de la Dépêche de Gauche le leur sur le OUI.
Et dans le sens du vent qui vente, On annonce des referendums sur tout, même dans quinze ans.
Je pouffe !

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