19 déc. 2004

Le Quatrième Pouvoir ... et les gueux

Passent les jours et se taguent les tombes, la svastika se « bombe » en tous sens, et la presse disputant au gendarme la force légendaire de sa bêtise, « fait les honneurs » de la Une aux noctambules barbouilleurs.

La bande à Lucien se lit dans les DNA du lundi, la bande à Mahmoud décide de passer dans celles du mercredi qui vient. Les crânes pelés de William le Goth vont leur voler la colonne et passer en première régionale dès mardi : ils vont déterrer un maréchal-ferrant à défaut de général d’empire et l’installer à la grille du cimetière. C’est du papier qui se vend bien.

Surtout si le Très Haut ministre de l’Intérieur vient en hélicoptère serrer les mains de la famille, assiste au ferrage du dernier Ardennais de débardage et s’incline sur la fosse remise au carré par le terrassier qui attend la pièce. Mettre en page, couper les longueurs, aller à l’essentiel, chercher l’agrément légal de la vedette, passer au Vingt Heures. Toute l’énergie du cabinet de la Place Beauvau sera consacrée pour cette journée sur les deux minutes et vingt secondes d’antenne. Villepin de Gazeran connaît le coefficient appliqué à ce bref exercice, qui écrase de beaucoup la lente réforme de ses services.


Ainsi va notre monde géré par la race des grands communicants, les Tamerlan modernes. Tout est « nouvelle », hors du journal ne sont que ténèbres obscurantes, pratiques douteuses et certainement subversives, à débusquer au plus vite avant qu’elle ne gangrène le lectorat qui risquerait peut-être de devenir intelligent.
Fortune magazine a fait dernièrement son Dossier sur l’insurpassable Murdoch. Malgré le secours de la cosmétique et de l’éclairage, et même au bout de soixante prises, à le regarder posant sur le papier glacé, on sent encore l’odeur de rance. Il est devenu bien trop puissant pour que Fortune se hasarde à offrir au lecteur la pochette d’Eau de Cologne finement adhésive en deuxième de couverture qui donnerait sans plus dire le sens caché de l’éditorial dont ils ont pu rêver. Ce type les briserait d’une seule main en rachetant peut-être tout le papier disponible au Canada, ou en leur interdisant la publicité. Il règne ... et malheur à celui qui oserait contester les assertions néanderthaliennes de ses jounalistes à la botte, ou refuser ses avances. Même les grands de ce monde redoutent plus que tout la stigmatisation de leurs actes ou de leurs intentions dans la presse ou l'audio-visuel murdochien.

Saint Jacques Pinarque de Bagdad du Dernier Jour est rayé des plans de table de la communauté qui compte (en dollars), et doit se rabattre sur les cours tiermondistes qui l’accueillent avec prévenance, la larme à l’œil, le sachant, depuis la réélection de W. Bush, inutile. Les pays plutôt petits se gardent bien de se mettre ostensiblement à contre-courant de l’Histoire écrite « préventivement » par les Wolfowitz et autres thuriféraires d’un monde riche & blanc ; ils risquent trop gros. Sauf les Belges bizarrement, qui n’en finissent pas d’enchaîner les rappels sur les tréteaux des enceintes internationales. Courageux peuple.



Alors pensez donc, quand il s’agit d’analyser plus finement la composition du terreau terroriste palestinien, sans parler même de l’ADN de la Pieuvre mystique, le tir de barrage est nourri, large et profond. La thèse impériale est obligatoire. Le classement entre gentils cowboys et indiens sauvages est intangible puisqu’il n’est pas question de retoucher le scénario, écrit pour les masses, et d'intention, rentable. Sauf si vous restez « sous les radars ».


Dans une jolie ville du Rouergue, il est un commerce d’angle, bien placé et militant, complètement palestinien ! On y trouve de quoi nourrir l’esprit et le corps, tous produits certifiés cisjordaniens ou gazatiques, élevés et finis loin de l’étoile bleue. On vous vend le keffieh à grillage, le sticker oriflamme de la Cause, des objets de l’artisanat, mêmes des génériques philistins (!), l’ensemble garanti « pur commerce équitable », traduisez que d’un bout à l’autre de la chaîne les contrôles n’ont décelé nulle part l’intermédiation ... d’un Juif.


A piétiner l’âme d’un peuple aussi ordinaire et moyen soit-il, on aboutit à ce genre d’incongruité obscène, publique et acceptée de tous. Les millions de David de l’époque moderne viendront à bout des quelques cent Goliath qui tranchent et coupent pour tous les autres. La multitude des gueux, fous de dieu, ou ribauds du roi des justes, qui montent sur le rempart de l’Occident séda-pétomane commence à faire peur.
La question du foutage de gueule mondial va émerger.

En attendant, buvez du thé, ça calme les nerfs !

(paru dans le numéro 106 de la version imprimée)


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