16 déc. 2004

Nouvelles des Maisons

Le chef de la maison de France, Henri d’Orléans, comte de Paris, vient de titrer son neveu le plus méritant, Charles Philippe d’Orléans, ci-devant Grand Maître de l’Ordre militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem (ceci lui permettant d’entrer à cheval dans la cathédrale de Rodez), duc d’Anjou.

Et alors, murmure-t’on au fond de la classe en regardant tomber la neige.

Même si rien ne bouge dans le landerneau républicain, chacun persistant à faire ses courses « au » Leclerc, il n’en va pas de même dans le microcosme royaliste où la titulature ouvrant la voie à une quatrième maison d’Anjou, résonne comme un départ de 380 de marine.

Car il y a déjà un duc d’Anjou. Le titre est porté par les Bourbon espagnols, dits Blancs d’Espagne chez nous, et désigne présentement le prétendant au trône de France affiché par la branche aînée des Capétiens, etc… qualifiés rapidement de « légitimistes ». Louis XX est duc d’Anjou !
On me supplie dans l’oreillette de vous faire grâce des lois de succession capétiennes et de leur contestation en droit canon. Je m’y soumets et le déplore car le lectorat du brûlot peut mourir idiot. Malgré tout il faut vous dire que le dernier duc d’Anjou incontesté fut le roi Louis XVIII et que la lignée s’étant éteinte avec Henri V, comte de Chambord, le titre a été relevé par les carlistes espagnols, quand ils furent déboutés de la succession d’Espagne par le viol de la loi salique sur la primogéniture mâle.
Et finalement la question n’est pas de savoir qui a le droit de décider quoi … Non, la vraie question est autrement importante : qui suit qui ?

Dans la mouvance royale et princière, jet-seteuse ou pas, on donne du sire, du duc, du comte, plus rarement du marquis car ça fait un peu danseuse-étoile de Cuevas, mais en toute connaissance de cause, car la jalousie féline à dents de sabre est la vertu la mieux partagée. Que va annoncer l’aboyeur du bal des Debs à l’arrivée de Louis XX, si le duc d’Anjou Charles Philippe d’Orléans, Grand maître de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem, est déjà aggripé à la banque des petits fours ? Lui encore passe, il ne fera que lire le carton d’invitation qui, s’il est envoyé pour de bon, ne pourra pas priver le dernier rejeton de Hugues Capet du titre que lui a donné son père. Mais celui qui rédigera ce fameux carton aura un sérieux dilemme. Sauf si c’est une copine. « Lulu, je compte sur toi au bal des Debs ce dimanche en huit, ma petite sœur entend y perdre son innocence ».

Ajoutons dans le plus pur style « in cauda venenum », que le prince Charles-Philippe d’Orléans est vice-président de l’Association Unité Capétienne.

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