25 janv. 2005

Dieu est un fumeur de havanes

Soixante ans ont passé.
La commémoration de l’ouverture des camps laisse un goût de cendre dans la bouche, à étouffer !
Le siècle le plus meurtrier que l’homme ait jamais connu atteignit là le paroxysme de l’horreur, non par le déclenchement de quelques catastrophes naturelles mais à cause de la perversion du génie humain. Au terme de recherches poussées et d’une planification sévère, les Allemands réussirent l’industrialisation de l’extermination d’une race désignée.

Bien sûr l’Histoire raconte depuis l’aube des temps de terribles massacres de peuples conquis que l’on éradiquait pour faire place au vainqueur, et souvent pour le simple plaisir d’assouvir son triomphe par une mort largement donnée. Tamerlan ne bornait-il pas les routes de son empire de piles de crânes ? Mais jamais encore les tyrans du vaste monde n’avaient créé une administration spéciale à cet effet.

Le pardon est impossible, même cent ans après. L’Allemagne ne le demandera pas. L’attitude de la nation héritière du Troisième Reich est d’ailleurs impeccable dans les circonstances présentes ; et ce n’est sans doute pas très facile pour eux.

Reste que l’engouement des églises pour la pitié et la célébration de ses cultes peut surprendre quand il ne frise pas la récupération. L’invocation de quelque dieu qui soit en ces lieux terrifiants m’apparaît à moi comme une moquerie gratuite devant ses immenses champs de cendres et d’os. Dieu - celui de qui d’ailleurs -, le tout-puissant, ne leva pas le petit doigt pour infléchir, détourner sinon arrêter la folie de hommes et le massacre de millions d’innocents. A quoi sert-il donc si dans des cas aussi atroces il ne se manifeste toujours pas ? Osera-t’on soutenir la thèse du Mal Total qui se repaît de la chair des justes en punition de nos péchés ? Chacun portait-il en lui son démon ? Foutaises ! Les rescapés sont tous rentrés de ce réel enfer, athées.
Cette semaine, les bas violets de toute confession devraient courir chez eux pour s’y terrer et se taire, et laisser pleurer les hommes simples entre soi ! Qu'ils ne s'inquiètent pas, on les sonnera pour les rites courants de la vie qui va, et le décorum de mon enterrement.

Soixante ans ont passé !
Les descendants de la race exterminée manient avec brutalité la verge de fer contre leurs « voisins de palier turbulents » sans grand discernement, appliquant strictement la loi du plus fort en l'instant. Ils y perdent leur âme, et beaucoup chez eux le savent qui ont détecté depuis longtemps les ferments du racisme ordinaire dans l’attitude de parfait mépris que montrent les forces de Tsahal envers ceux qu’ils gèrent comme des untermenschen. La nature humaine est assez perverse pour que les Juifs eux-mêmes – et ceci fait douter de l’espèce toute entière - s’aventurent aujourd’hui dans les voies fétides du classement des peuples au mérite.
Qui pardonnera le meurtre des enfants palestiniens, tiré au fusil comme à la foire ?

En face, qui sont ces adultes, thuriféraires d’une haine incandescente envers leurs cousins sémitiques, qui poussent les gosses des autres au martyre, leur promettant le bonheur de jours futurs dans un monde que ceux-ci n’appréhendent pas mais où eux-mêmes redoutent d’entrer ? De quels fous peuvent-ils croiser le regard sans ciller ? Ces gens sont des lâches.
A ceux-là aussi il ne pourra être pardonné.

Laissez les idoles sur l’Olympe où la sagesse grecque les a placées, comme dans une vitrine de contes enchantés qu’on débite aux crédules. Mais de grâce ne les descendez pas à Auschwitz. C’est du sérieux là.

Pour finir, le souvenir d'Anne Frank, qui fait l'objet de polémiques nauséabondes de la part de gens qui ne veulent rien comprendre, rien entendre sauf les pulsions de leur propre bêtise.
Posted by Hello


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