24 janv. 2005

La Réforme chassée par la porte va t'elle surgir par les fenêtres?

Les taxes augmentent quand les impôts baissent.
La politique de monsieur le Premier est-elle aussi absconde qu’elle nous semble ?

Peut-être pas !

Les 22 régions françaises furent découpées par le Commissariat au Plan pour y appliquer des contrats de développement, des crédits spécifiques, mais in fine pour distribuer des positions politiques. En conséquence de quoi la parcellisation de l’effort national aboutit à un émiettement de l’assiette, deux Normandie, une Bretagne amputée de sa Loire atlantique pour agrandir les pays de Loire, un Limousin fait de trois départements creux, la séparation de la Bourgogne et de la Franche Comté, un Poitou-Charentes de bric et de broc sans la Vendée, et pour finir un Centre qui fut considéré comme le reste de la division quand tout avait été distribué. S’ensuivit une Corse à deux départements, et même la division des Antilles. Total 26 régions.

Ceci fait, on assista, non pas à une déconcentration de l’Etat, mais à sa duplication par 22 ; restons en métropole, et revenons plus tard sur les 4 "sous-régions" d'outremer !
Chaque région fut dotée d’une assemblée, d’un exécutif complet (préfecture de région et secrétariat général aux affaires régionales) ; d'organes de conseil et de surveillance répétant ceux du pouvoir central, conseil économique et social, chambre régionale (cour) des comptes ; et des bras nombreux dupliquant les services départementaux, direction régionale de l’industrie et de la recherche (DRIRE), direction régionale du commerce extérieur (DRCE), direction régionale de l’agriculture et de la forêt (DRAF), direction régionale du travail, l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP), direction régionale des affaires culturelles (DRAC)...
puis l’on vit s’ériger rapidement des bâtiments parfois luxueux pour que puisse s’accrocher à quelque chose, le lierre nouveau des prébendes inutiles.

Dans l’élan de leurs ambitions toutes nouvelles, les régions ajoutèrent d’elles-mêmes un service de coordination avec la Communauté européenne pour le lobbying des subventions, et certaines, comme le Limousin, un mini Quai d’Orsay. On peut dire qu’il n’y a que la Défense nationale qui n’ait pas été parcellisée.

L’Etat pèse sur la nation comme un âne mort. Malgré un taux de prélèvements record, le déficit budgétaire qui creuse la dette publique le prouve !

Au sortir d’une guerre qu’ils ont lamentablement perdue laissant un pays ruiné et un empire en pleine déchéance, les Français ont été anesthésiés par cinquante ans de prestations sociales à compte ouvert et à crédit, sans parler des ambitions de grandeur qui ont englouti des milliards dans leurs folies stériles. Il semblerait à ce propos que depuis les voeux de janvier, le pouvoir veuille relancer l'élevage des dynosaures. Sans doute la proximité du cimetierre des éléphants !

Mais les Français ne veulent pas accepter que leur environnement socio-budgétaire soit volontairement dégradé par le pouvoir, pouvoir dont ils se méfient de plus en plus à mesure qu’ils doutent de sa solvabilité future. Par contre ils acceptent la fatalité des causes extérieures sans trop crier. On peut leur vendre tout pourvu qu'il provienne de loin. C’est leur côté ‘veau‘ que moquait le général le plus haut qui les ait commandés.

Finalement, coincé entre deux idéologies anachroniques, la social-démocratie avancée de type kolkhozien-soft et le souverainisme bérét-baguette-pastourelle, le pays s’avère irréformable.

La queue de trajectoire de monsieur le Premier pourrait bien être de réformer l’Etat dans son ensemble en forçant les régions à maigrir.

L’accroissement de la pression fiscale régionale va détourner le regard des contributeurs au budget central pour s’intéresser de plus près au fonctionnement de ces petites nations régionales, certaines minuscules, qui finalement nous coûtent une fortune rapportée aux services non redondants qu’elles assurent. Peut-être alors la lecture des budgets régionaux dont personne ne s’est inquiété jusqu’à maintenant, favorisera-t’elle les économies de bon sens. Bon sens plus facilement mesurable par la proximité des acteurs et de ces cochons de payeurs.

L’annonce élyséenne d’une baisse des impôts prélude sans doute au refus de refinancement de la gabegie régionale par le Trésor central. Ce serait donc manière de contourner l’ossification générale de la république.
Y parviendront-ils, j’en doute, ils ont jusque là reculé sur tous les fronts.



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