5 janv. 2005

Les voeux du grand barbier


Je n’ai pas reçu les vœux de mon président de votre république parce que je ne fus convoqué ni dans les forces vives de la nation, ni dans les forces mortes mais constituées qui passèrent ce matin. Je ne m’en plains pas car on dit dans le petit monde, le tiers du quart de sœur Emmanuelle, qui fréquente le Bijou Bar de Criquetot en Val – non la patronne n’exerce plus, pensez donc à soixante neuf ans ! Quoique on puisse trouver des Bulgares caravanées dans la forêt de Saint Germain au pont d’Achères qui approchent cet âge - c’est dans les vieux pots … - bref ! J’ignore ce qu’Il me souhaitait, mais on en parle beaucoup. Je vais donc vous donner mon sentiment sur ces vœux que je n’ai guère entendus.

Nous avons le président le plus « sympa » d’Occident ! Au moment où le choc de civilisations le dispute en Irak en intensité au choc des plaques indo-birmanes, quand se lèvent partout la haine de nous, et l’amour contre nous des soutiers du Village pour ceux d’entre eux encore plus à plaindre, dans ce monde dangereux, nous bénéficions d’un président « sympa » !
De retour de Marrakech, il a préparé les promesses du nouvel an. Un peu plus de ci, un peu plus de ça, bonheur à tous les étages ; monsieur le Premier est prié de se bouger pour légiférer en conséquence ; au même moment, il diminue les impôts. D’accord il augmente les taxes !
Mais dans un pays vieillissant sans grand avenir, perpétuer un déficit budgétaire important qui creuse une dette abyssale, au motif seul de plaire au bon peuple que l’on convoquera bientôt, c’est faire peu de cas des successeurs, les siens qui pour extirper une bonne fois ce malheur du déficit public immuable passeront pour de sanguinaires loups-garous ; et c’est faire peu de cas de nos successeurs à nous qui nous reprocheront de n’avoir pas mis le holà à cette pétaudière, en débarquant les gribouilles engraissés qui dirigèrent et digérèrent le pays quand eux, nos successeurs, étaient enfants.
Ce n’est pas une lutte des classes qu’il faut craindre demain. La dictature du prolétariat est décédée avec les cinq semaines de congés payés et les 35 heures. C’est l’affrontement des générations. Si vous connaissez la pyramide des âges française, imaginez une seconde le poids insupportable qui devra peser sur les jeunes de demain pour abonder aux tonneaux du bien-être sacré des classes anciennes. C’est proprement de la dynamite.
Pour les pensions, et ce sera mon seul exemple –non chiffré me dit la régie dans l’oreillette – le système par répartition est celui qui reste privilégié. Ceci veut dire tout à fait l’inverse de ce que croient les braves gens. Leurs cotisations actives ont été consommées par leurs propres parents et ne leur donnent aucun droit actuel. Ils doivent attendre de la génération présentement active les fonds nécessaires à leur repos mérité (dès l’âge de 57 ans en moyenne ; le reste du monde ricane). Qui pourra empêcher la génération future de dire « stop ! » ?

Et de créer le Loto du Soleil Vert, où chaque samedi soir à la télévision, on tirera au sort les numéros de sécurité sociale qui passeront au bain turc en musique !

Je fais le pronostic que la nation ne résistera pas à un choc économique d’ampleur venant de l’extérieur car elle est au bout de ses ressources mobilisables. La quatrième puissance du monde a depuis longtemps déchaussé. Elle court en raquettes ! Et tout le monde double.

Mon président de votre république aime que les gens soient contents au moment où il leur parle. Ses promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. On le savait déjà ! Mais laisser faire un chef d’état élu par 13 pour cent des électeurs inscrits, lui laissant croire qu’il a politiquement raison parce qu’il est majoritaire à la Chambre, c’est criminel de notre part. Nous le paierons !

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