24 janv. 2005

Palestine An I

Le retournement stratégique de l’Autorité palestinienne annonce-t’il l’acceptation pure et simple d’une cohabitation sur la Terre Promise.
Jusque là le double langage des pouvoirs palestiniens comme l’interpénétration des strates activistes et civiles dans le pur style des mouvements irrédentistes ailleurs, obligeait l’Etat hébreu à ne suivre que ses propres analyses qui le pressaient de se défendre par tous moyens y compris les plus brutaux, d’abord, encore et toujours.

Ainsi la politique foireuse de Yasser Arafat, deux fers au feu, sacralisation de Jérusalem, aura abouti à rien moins que la ruine du terroir palestinien, à la merci aujourd’hui de son ennemi le plus proche qui n’est peut-être pas le pire, mais qui a payé cher cette promiscuité à laquelle l’Histoire l’a forcé, et n'entend pas se faire circonvenir une nouvelle fois.

Le pays à l’ouest du Jourdain est trop exigu et trop pauvre pour que les uns vivent sans les autres. Israël doit utiliser la force de travail palestinienne, et espérons-le la haute éducation de ses élites ; les Palestiniens doivent profiter du génie de développement israélien, de ses réseaux, de son expérience et de son goût d’entreprise.
Ça peut marcher. Ça marche déjà les jours « sans ». Sans attentats !

Il est temps que les extrémistes des deux bords laissent vivre les deux peuples qu’ils ne protègent de rien, sinon menacent gravement de leurs actions irresponsables. Qu’ils partent donc guerroyer sur la Lune et y restent !
Ici l’on persiste à considérer le Palestinien comme un occupant sans titre du royaume de David, entraîné jusque là par les mouvements de l’histoire romaine, byzantine et ottomane et qui s'est infiltré sans n’avoir jamais rien apporté, profitant des flux et reflux des peuples originels.
En face on ne voit d'Israël que le comptoir colonial d’une Europe malade de la Shoah qui s’est dédouanée sur le terrain du mandat britannique de ses responsabilités aggravées dans le malheur du peuple juif.

Entre les deux, et tout autour ...
la Diaspora qui attend la paix et l’essor de la patrie juive, d'une part, et d'autre part, les Réfugiés chassés par la guerre de 1948 qu’aucun d’eux n’a semble-t’il déclarée ! La première est renforcée des Eglises réformées qui voient dans la Nouvelle Sion le énième défi que Dieu pose au peuple de la Bible. Les seconds n’ont le renfort de personne ; leurs conditions d’existence n’ont pratiquement pas évolué depuis cinquante ans dans les pays d'accueil qui les traitent en parasites !

Le président Mahmoud Abbas à peine élu a choisi de choisir, d’être clair. Ce qui est une nouveauté en pareil endroit. L’alternative était simple et déjà ancienne.
Soit les Arabes acceptent le retour d’Israël au Proche Orient, et Israël abandonne son ambition d’Eretz Israël qui veut phagocyter la Cisjordanie, et alors il ne s’agit que de partager le pays convenablement et de coopérer pour une économie prospère ; malgré les mille chicayas qui font le quotidien de deux peuples imbriqués.
Soit chacun veut tout sans ouvertement le dire, et alors la question se règlera au final par une guerre ! Une vraie ! Avec départ du vaincu ! Vous devinez lequel serait susceptible de prendre cette fois le chemin de l’exode vers la nouvelle Babylone …

Le retrait de la bande de Gaza avec démontage des colonies juives et la continuation du mur de contention des échauffements islamistes montrent à l’évidence qu’Ariel Sharon est sur la voie de la normalisation « sur place ». Chacun chez soi le soir après huit heures, sa journée de travail finie.
En face, le déploiement du cordon de sécurité palestinien en frontière, tourné vers l’intérieur, montre lui aussi qu’on a décidé de marquer son territoire, et de régler les choses « ici » sur ses lignes.

La dispute, mais elle sera toujours moins grave que de subir de part et d’autre les conséquences du terrorisme aveugle, va se concentrer sur le retour des réfugiés de 1948. Le candidat Abbas l’a promis dans sa campagne électorale, même s’il connaît d’avance la position intransigeante de l’adversaire qui y voit sa submersion.
On peut prédire que la question sera « achetée » par la Banque mondiale une bonne fois pour toutes.
Et on pourra commencer enfin les semailles.


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