21 janv. 2005

A quoi sert-il de gémir en politique ?

Tombant sur Les Echos tombés de la poche de quelque boursicoteur sur la table basse de mon coiffeur cette semaine, je m’enhardis à feuilleter ce quotidien de l’inceste capitalistique et des cours quand dans les pages perdues en fond de cahier je tombais, encore, sur un article d’Alain Madelin, député d’Ille-et-Vilaine.

A ma grande surprise, l’apostat d’Occident, tenant du libéralisme sauvage et cossu me baillait par le menu les motifs du déclin français sans jamais prononcer ce mot incongru dans les allées du pouvoir qu’il pense sans doute hanter de nouveau un jour.

Réformite de la réformette, dette abyssale sur la tête de nos petits-enfants déjà ruinés avant de naître, déficit irrépressible, ossification de l’Etat, culture de la communication à outrance, recherche permanente de l’émotion capitalisant les sympathies à court terme, incapacité des politiques à gérer dans la durée, etc.
Ne manquaient que le pacifisme germaniste et l’impréparation militaire qui le sous-tend.

A part quelques remontrances aux civils ministres déçus par les politiciens professionnels, qui se sont fendu d’un bouquin de revanche – nous parlons de Mer & Ferry Ltd -, Madelin qui n’avoue pas son abonnement incognito au brûlot, met sa notoriété au service du combat que Steppique Hebdo mène depuis trois ans contre le « Labès » des gouvernements Chirac, laisser dire, laisser faire, en parler beaucoup.

Deux questions à monsieur Madelin :

Primo,
Vous avez été vidé du gouvernement pour cause de réformisme hâtif dépourvu du nihil obstat présidentiel. Quelle conclusion en avez-vous tirée ? Est-ce sur le fond que vous avez été si vite jugé, ou sur la forme, ou sur une honnêteté intellectuelle suspecte (comme celle de Claude Allègre) ?
Je penche pour le (3).

Secundo,
Des réformes que vous avez soutenues lors de votre campagne présidentielle, aucune n’a vraiment été commencée depuis deux ans et demi, sauf à mettre en place des canevas, des échafaudages, des grilles, mais rien au-dedans ; il n’y a d’ailleurs pas une piastre pour payer ces redistributions de la pénurie générale. A preuve l’augmentation des taxes régionales surgissant au moment où l’état central annonce des baisses d’impôts.
Que f...z-vous donc encore à l’UMP que vous avez ralliée parmi les tout premiers, pour y défendre vos idées sans doute ? Mais de vos idées, on pouffe au château. Alors ?
Attendez-vous que Sarkozy sorte les marrons du feu pour vous ? C’est mal le connaître.

Serais-je trop cruel en déviant votre regard vers l’autre candélabre qui faisait la paire de part et d’autre de la pendule corrézienne aux présidentielles. Il a eu le courage de lutter pour ses idées en maintenant son parti distinct du parti godillot, et si les Français ne le rejoindront jamais parce qu’il lui manque à lui aussi ce quelque chose inexplicable qui distingue l’oint du peuple gaulois de son contempteur impuissant, ils lui garderont de l’estime et le mettront sur le tard au Sénat.
Voulez-vous votre fauteuil au Sénat, Madelin ?

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