9 janv. 2005

Service des Poids & Mesures


momes de Goma
Posted by Hello



Deux milliards, trois milliards de dollars se sont abattus sur le Golfe du Bengale en quinze jours.
Même s'il ne faut compter comme acquis que les dons de chacun d'entre nous et laisser un doute métaphysique sur les "promesses" de dons des états, qui se réaliseront plus tard en fonction des circonstances nées au moment du virement, on peut être fier et surpris de l'élan de générosité planétaire.
Il aura fallu un glissement tectonique ordinaire et naturel de l'écorce terrestre pour que pleurent les cœurs. Cent soixante dix mille morts et beaucoup de disparus, un vrai score.

Et pourtant la vie ordinaire, naturelle et quotidienne de l'Afrique Noire fait des scores équivalents dans plusieurs domaines, chacun distincts de l'autre, façon technocratique de vous dire que les 160 Kmorts-Cas[A] s'ajoutent aux 160Kmorts-Cas[B], aux 160Kmorts-Cas[C], etc… Bien sûr ces ensembles flous ne se décomptent pas en aussi peu de temps qu'il en est advenu en Asie du Sud, mais tout de même, j'aimerais que la rage de charité nous emporte plus souvent vers les drames africains.

Il n'est pas le lieu de faire des comparaisons entre les sympathies déclenchées ici et là, même si on relève que la fièvre de la reconstruction a déjà saisi tous les peuples non-monothéistes de la zone, les autres s'abîmant dans d'inutiles imprécations à l'endroit du Tout Puissant de chacun. Les gens d'Asie mangent accroupis et souffrent debout. Ils nous interpellent par leur dignité. Et l'on ne peut s'empêcher d'y superposer l'image de ces masses africaines assises sur leur impuissance les mains tendues, éternellement tendues, éternellement assises.
Justement !

Il n'est pas digne de l'espèce humaine de laisser sa branche primitive dans cet état lamentable de survie. C'est de révolution dont l'Afrique a besoin, pas de plans Marshall ! Eux sont les vrais damnés de la terre, les forçats de la faim, pas même les soutiers aux machines car on le leur confie aucune pelle devant aucun tas de charbon. Leur avenir a depuis longtemps été décidé comme celui d'enfants chahuteurs et musiciens mais jamais comme producteurs de quoi que ce soit. Mais moi je les aime.

La preuve est faite que le déversement sans fin de subsides, les virements mensuels d'ajustement structurel - s'ils ont été bien sages, les campagnes de l'Unicef et celles des Dames du Meilleur Sauveur et Jésus Marie Joseph réunis, ne profitent qu'à l'engraissement de ceux qui ont confisqué le débit du flux à l'autre bout du tuyau. Il faut décider des derniers deux cent mille morts et s'y mettre gaiement.
En structurant d'abord la pensée africaine sur ses chances de développement qui sont nulles à travers tous les schémas éprouvés ailleurs.

Commencer par l'inventaire des obstacles majeurs quels que soient les nids où ils se cachent ; même s'ils gisent au plus profond de l'âme, il faudra les réduire ! C'est de la survie du continent dont on parle. Ensuite viendra le grand soir et l'holocauste annoncé, offrande posthume aux dieux enfuis par delà les sirius du Kilimandjaro.

Trois continents sur Cinq ont été remodelés profondément par les effets pervers et positifs des raisonnements et idéologies humains, et ceux-là n'arrêtent pas d'avancer auhourd'hui. Les deux maelströms évoqués sont les Lumières et le Marxisme. Le quatrième continent s'est vu refuser le débat, terra incognita au temps des premières, champs d'exercice éphémère à l'époque du second. Le cinquième est le paradis des surfeurs et ceux qui tombent de la planche s'embauchent à Londres ou à NewYork comme broussards vivants.

Il est temps que naisse en Afrique Noire une idéologie spécifique et puissante qui s'imposera à tous jusqu'à balayer sans hésitations les faux dieux des traditions débiles et sulfureuses, les idoles de la concussion civilisationelle, tous leurs prêtres et tous leurs fidèles, et faire le plus immense feu de la Saint Jean qu'on aura jamais vu de mémoire d'hominidé.

Le communisme (de LaChâtre) dans ses formes natives pré-marxistes est peut-être la seule colonne vertébrale de cette révolution nécessaire. Il sera temps de détruire cinquante ans plus tard l'élan quasi mystique de cette refondation qui se sera à la fin perverti, pour aboutir aux choses sérieuses, comme l'Asie a su le faire dans les années 80 en se dépouillant une bonne fois de ses oripeaux lénino-engelsiens pour enfin distribuer largement jusque dans les couches populaires jusque là jamais prises en compte, la croissance économique et la promesse d'aisance sinon même de richesse.
D'ailleurs près de chez nous les pays de l'Est sont les plus ardents à construire leur développement, revenus qu'ils sont des foutaises collectivistes. Encore fallait-il qu'ils en souffrent pour s'en défaire, l'instinct communautaire étant dans les gênes des fourmis humaines.

Sans un CHOC, l'Afrique continuera à glisser vers le néant des statistiques mondialisées, et finira comme poubelle de nos aumônes.

Pensez noir, nom de D…
... y compris la poudre !

1 commentaire:

  1. concernant l'article sur l'afrique, je n'ai pas bien compris ce que sont les sirius du kilimandjaro? ne serait-ce pas plutôt les cirrus?

    lexicalement,
    fred

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