15 févr. 2005

Hier, tiens, j’ai acheté Le Figaro.


Marketing d’un littérateur alimentaire

José Frèches auteur à succès de chinoiseries historicisées comme Le Disque de jade ou Moi Bouddha, se lance dans l’éducation des masses oiseuses en préparation de sa nouvelle saga Il était une fois la Chine.
Le grand public ignore tous des mille et un détails savants que la civilisation chinoise dissimule aux yeux des longs nez et autres gouaïlos barbaresques. On référence déjà l’entreprise dans le kolossal, le fleuve de connaissances ainsi débondées représentant le jus de plusieurs mètres cubes de documentation pressée comme jamais de mémoire de mandarin.

Tant et plus que le maire le plus infatué de France et roi de Septimanie, Georges Frèche (rien à voir avec le premier sauf à résider dans la même ville) impatient de bronzer sous les projecteurs de cet évènement planétaire, a convenu aussitôt de lancer dès ce mois de juin la Biennale d’Art Contemporain Chinois, BACC Montpellier Chine MC1 !

Et voila qu’on est parti dare dare à Pékin et à Shanghai sélectionner parmi les quatre cents artistes désignés par les académies, les trente-cinq vestales passées au kärcher communiste qui méritent de fouler le marbre des salons montpelliérains.
Et le littérateur de nous expliquer le fond des choses :
« Les créateurs sont de plus en plus nombreux à émerger depuis que les autorités ont décidé de leur laisser une liberté d’expression. Les dirigeants ont compris combien cela pouvait servir l’image d’un pays en plein développement. Ces peintres et sculpteurs sont aussi inventifs que Pollock ou Warhol aux Etats-Unis, pendant les années 60. »

José Frèches a un bon attaché de presse.

Le bilan des libertés chinoises de 2004 vient de tomber. Afin de créer un environnement plus sûr pour la jeunesse, les autorités ont dû fermer l’an passé douze mille cybercafés (agence Xinhua-13.2.05). L’opération Monsieur Propre a également tiré le rideau de 2861 clubs de danse et bouclé 3434 boutiques de jeux vidéo, toutes activités indignes de figurer à la Biennale montpelliéraine.

Tournons la page.

Le chancelier ne va pas à Munich ! Ni à Canossa.

Gerhard Schröder n’a jamais eu le sentiment que la présence des troupes alliées en Allemagne entamait si peu que ce fut la souveraineté de l’aigle germanique sur son terroir. C’est pour cette raison que le ministre Struck est venu réciter à la conférence atlantique de Munich ce dimanche, le pensum du chancelier cloué au fond de son lit par la grippe, aviaire peut-être.
Tout est si formidable dans l’Alliance atlantique et son bras armé l’OTAN qu’il est urgent de convoquer une super-commission qui réfléchira au renouvellement du pacte occidental, épine dorsale d’un ordre mondial en devenir (selon Joschka Fisher).

Le lecteur du Figaro n’entrave rien à la situation même si on le traîne sur une demi page parmi les réactions des uns, des autres et de Rumsfeld. C’est pourtant simple.

La place de l’Allemagne dans le monde de demain matin ne peut se résumer à un rôle primordial au sein de l’Union européenne, union qui pourrait bien prendre l’eau si les référendums français et anglais enterraient la constitution giscardienne d’intégration.
En prévision d’un choc éventuel de civilisations et en préparation de l’avènement des deux empires asiatiques dans les arènes internationales, on ne peut plus se satisfaire du seul poids économique et de la compétence organisationnelle pour peser sur les évènements et conserver son rang, sa place, etc… et ses parts de marché d’abord.
L’affaire d’Irak l’a bien montré, la lutte pacifiste au Conseil de sécurité, bras dessus bras dessous avec la France de Villepin le flamboyant, n’a retardé en rien l’agenda américain, et s’est traduit par le blacklisting des entreprises allemandes dans les contrats de reconstruction de l’Irak libéré.

Il faut donc très vite doubler la force économique allemande d’une puissance politique et de son bras séculier obligatoire, la puissance militaire. Pour cela il faut déjà couper l’herbe sous le pied aux parlementaires européens qui complotent à la communautarisation du siège permanent de la France au Conseil car elle barrerait la route à l’intention allemande d’obtenir rapidement le sien, exclusif de tout siège unioniste, de conserve avec le Japon, l’Inde et le Brésil sans doute, si Lula arrête de bricoler avec le Zappatoc Club.

le char le plus vendu à l'Ouest est allemand Posted by Hello


Dans ce mouvement de renaissance politique, l’Allemagne devra compter avec l’hostilité déguisée de la France qui va se sentir rabaissée d’autant. Ce qui explique d’ailleurs la multiplicité des liens de tous ordres que le pouvoir français veut créer avec son partenaire, comme pour le clouer au sol !

Mais cette politique internationale de "grand garçon" ne peut validement s’exprimer si sur le sol de la mère patrie stationnent les troupes d’occupation qui ont déferlé il y a soixante ans déjà, le seul motif du danger imminent que représentait le pacte de Varsovie ayant fondu avec l’empire soviétique. Qui plus est, les pays du pacte ont tous renversé leurs alliances vers l’Ouest. L’Ukraine elle-même participe de cette marche vers le Couchant.

Alors quand le Frankfurter Allgemeine Zeitung titre sur l’enterrement de l’Alliance Atlantique il ne déborde pas tellement des perspectives de la chancellerie. C’est en fait le déploiement de l’OTAN en Europe de l’Ouest que Schröder veut enterrer.

1 commentaire:

  1. 212 ans et quelques semaines VERITABLE CONFESSION DE M. VETO
    Depuis que M. Veto est maître serrurier au Temple, et qu’il ne se mêle plus dieu-merci de nos affaires ; depuis qu’il bat sa femme et sable le champagne; depuis enfin qu’il a cessé d’être le premier citoyen Français pour devenir le zéro des aristocrates ; ce même monsieur Veto, reniflant en quelque sorte une mort qui devrait ne jamais épargner les assassins du peuple ; tant il est vrai, que quand le diable ne sut plus que devenir ; il se fit moine.
    Or, monsieur Veto est devenu dévot comme un ange, et pour tâcher d’attraper le peuple et de lui faire croire qu’il ne mérite pas son sort, il s’est avisé de demander un évêque constitutionnel pour se confesser.
    Le commissaire de la commune lui a présenté la liste des évêques députés à l’assemblée nationale, et le choix de M Veto est tombé sur l’Abbé Fauchet, évêque député du Calvados. Oh, dit à part lui le commissaire, c’est bien le feu et l’eau que Fauchet et Bourbon Louis seize, comment vont-ils s’accorder ?
    L’Abbé Fauchet ne tarda pas à se rendre au Temple. Il y avait derrière le confessionnal un soldat qui ne se pique pas du plus grand secret, et qui nous a transmis ce que nos lecteurs vont connaître.
    MONSIEUR VETO
    Je vous ai fait venir, monsieur, pour recevoir de vous des consolations. J’en ai bien besoin au milieu des peines qui ne cessent de m’accabler.
    L’ABBE FAUCHET
    Ces peines, monsieur, doivent être cruelles et d’autant plus insupportables que le repentir sans doute en est l’auteur.
    MONSIEUR VETO
    Que dites-vous, monsieur ! Le remords fut-il jamais connu des rois ?
    L’ABBE FAUCHET
    C’est positivement ce qui fit leur malheur.
    MONSIEUR VETO
    Le malheur des rois vient uniquement de la désobéissance des peuples.
    L’ABBE FAUCHET
    Dites plutôt que la cause du malheur des rois vient de leur propre ingratitude. Mais, monsieur, vous ne m’avez fait venir que pour vous confesser, et nullement pour discuter politiquement.
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que le tribunal de pénitence doit-être un juge d’un roi ?
    L’ABBE FAUCHET
    Monsieur, quand l’éternel créa les hommes, il les a pétris de la même pâte, le hasard vous fit naître dans la classe des despotes, voilà toute la différence.
    Mais qu’elle est affligeante pour vous, cette différence, qu’en ce moment elle doit être à charge ! Que vous devez gémir d’avoir usé d’être homme pour n’être qu’un roi !
    MONSIEUR VETO
    Monsieur, je ne suis pas accoutumé à entendre un langage aussi dur, je dirai presque aussi impertinent, mais il faut en passer maintenant par ou il plait à ces messieurs de la populace et à messieurs les députés de l’assemblée nationale, je dois m’attendre à tout.
    L’ABBE FAUCHET
    Les rois ont toujours regardé les peuples comme leurs esclaves et les peuples ont trop longtemps vu que les rois étaient établis pour vous faire la loi, et qu’ils leurs devaient la soumission la plus entière.
    Ce sont des scélérats qui les ont éblouis et qui ont osé les provoquer à briser les diadèmes.
    L’ABBE FAUCHET
    Encore une fois monsieur je ne suis pas venu ici pour entendre des injures contre une nation qui vous donne du pain, lors même que vous l’avez trahie. Je ne pourrais m’empêcher de dénoncer au public vos dispositions contre-révolutionnaires.
    MONSIEUR VETO
    Monsieur, je ne m’attendais pas à trouver en vous un factieux.
    L’ABBE FAUCHET
    Je ne suis pas un factieux, je suis ami de la liberté.
    MONSIEUR VETO
    Allons, puisqu'il faut absolument que je me serve de vous pour me confesser, asseyons-nous tous les deux...
    L’ABBE FAUCHET
    Un moment, il s'agit ici d'un acte religieux. Vous êtes le coupable, je tiens ici la place de l'éternel, ce n'est pas devant moi que vous devez fléchir le genoux, c'est devant dieu que je représente.
    MONSIEUR VETO
    Se mettant à genoux.
    Je n'étais pas accoutumé à de pareils usages, mais puisqu'il le faut...
    L’ABBE FAUCHET
    Lui donnant la première bénédiction.
    Que le seigneur soit dans votre cœur, la vérité sur vos lèvres, afin que vous puissiez mériter de lui la rémission de vos péchés. Dites votre confiteor.
    Monsieur Veto récite son confiteor, jusqu'au mea culpa
    L’ABBE FAUCHET
    Maintenant, rappelez-vous toutes les circonstances de votre vie, et avouez devant Dieu tout le mal que vous pouvez avoir fait.
    MONSIEUR VETO
    Je m'accuse d'avoir montré sans cesse une insouciance pour le salut et la prospérité du peuple, de ne m'être jamais inquiété de tout ce qui pourrait être arrivé, ou de tout ce qui pourrait arriver des suites de ma négligence; je m'accuse d'avoir, dès le commencement de mon règne, concerté dans mon cabinet une guerre injuste contre l'Angleterre, et d'avoir fait massacrer des hommes sans m'embarrasser si la cause était légitime ou injuste.
    L’ABBE FAUCHET
    Un moment... était-ce dans l'intention de soutenir la gloire de l'empire, ou bien, ne cherchiez-vous qu'à satisfaire une passion aveugle?
    MONSIEUR VETO
    Vous m'en demandez plus que je ne puis vous en dire; il faudrait que tout mon conseil fut à confesse.
    L’ABBE FAUCHET
    Vous repentez-vous d'avoir été la cause de ces malheurs?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que je sais ça, moi?
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, il me semble que personne ne peut mieux le savoir que vous.
    MONSIEUR VETO
    Vous êtes bien singulier! vous voulez qu'un roi soit obligé de penser!
    L’ABBE FAUCHET
    Mais il me semble que les nations ont assez payé les rois pour cela.
    MONSIEUR VETO
    Eh bien, moi, je n'ai jamais pensé de ma vie.
    L’ABBE FAUCHET
    C'est en cela que vous êtes criminel; car celui qui est payé pour exercer telle ou telle profession, doit l'exercer pour gagner l'argent qui lui est promis; or, la nation vous payait pour la servir; donc, vous étiez au moins obligé de penser pour la servir et gagner son argent.
    MONSIEUR VETO
    Je vous répondrai à cela; moi, que je n'ai jamais fait ces conventions-là avec la nation, par ainsi, je ne suis pas responsable de ce qui peut arriver ou de ce qui est arrivé.
    L’ABBE FAUCHET
    Quelle erreur! ou plutôt, quelle faute volontaire! c'est donc avec d'aussi pauvres raisons que vous prétendez vous disculper?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que je sais si je vous donne de bonnes ou de mauvaises raisons, moi?
    Est-ce que j'ai jamais su s'il y avait de la différence entre les unes et les autres?
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, vous êtes donc un homme dépourvu de raison pour parler de la sorte? A vous entendre, il semblerait que les rois ne doivent être responsables de rien!
    MONSIEUR VETO
    Sans doute!
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, ce que vous faites là, ne s'appelle point être à confesse. Au lieu de vous accuser et de témoigner du repentir des crimes que vous avez commis, et qui ne sont que trop connus, vous semblez vouloir vous disculper. Ce n'est pas ainsi que l'on doit agir.
    MONSIEUR VETO
    Oh! vous m'en demander trop, ce n'est pas ainsi que mes aumôniers me confessaient.
    L’ABBE FAUCHET
    C'est que vos aumôniers voulaient vous flatter jusque dans vos fautes les plus graves; mais nous, nous ne savons pas jouer avec la religion. Je vais vous aider, mais soyez de bonne foi.
    Avez-vous toujours bien géré les finances?
    Avez-vous cherché à empêcher les malversations? Avez-vous ordonné les moyens d'alléger le peuple?
    MONSIEUR VETO
    Ma foi non; ça regardait mes ministres et non pas moi....
    L’ABBE FAUCHET
    Voilà encore une erreur. Vous deviez au contraire vous occuper de tout cela, vous en étiez responsable.
    Maintenant; avez-vous ordonné des prises de corps contre les hommes libres qui, avant la révolution, cherchaient à vous faire connaître la vérité?
    MONSIEUR VETO
    Je n'en sais rien; il faudrait demander tout cela à ma femme.
    L’ABBE FAUCHET
    Ce n'est pas votre femme qui est à confesse, c'est vous qui devez me répondre.
    MONSIEUR VETO
    Eh bien! Je vous dirai que je n'entends rien à tout ça.
    L’ABBE FAUCHET
    N'avez-vous rien fait contre la constitution? N'avez-vous jamais prescrit d'ordres qui tendaient à occasionner des troubles dans l'état? N'avez-vous jamais cherché à faire de complots? N'avez-vous jamais fait tirer sur le peuple; le 10 août par exemple?
    MONSIEUR VETO
    Ca se pourrait bien. Au reste, on m'en a assez fait...
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, ce n'est point se confesser, ce que vous faites-là...
    MONSIEUR VETO
    C'est que vous m'ennuyez avec vos questions. Avez-vous fait ci, avez-vous fait ça? Eh! J'ai fait ce que j'ai voulu, et ça ne vous regarde pas......
    L’ABBE FAUCHET
    Mais faites donc attention que vous êtes devant dieu, souvenez-vous donc que vous l'avez grièvement offensé dans la nation; souvenez-vous que vous êtes responsable du mal qui arrive, songer donc qu'il faut sauver votre âme?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que les rois ont une âme?
    L’ABBE FAUCHET
    Ils ne devraient avoir... convenez donc de toutes vos fautes; humiliez-vous devant Dieu, demandez-lui, ainsi qu'à la nation, pardon de toutes vos fautes, de tous les crimes que vous avez commis..
    MONSIEUR VETO
    Je ne veux pas, moi...
    L’ABBE FAUCHET
    Je ne puis vous donner l'absolution.
    MONSIEUR VETO
    Eh! je m'en fous!
    C'est ainsi que M.Veto voulait se confesser... L'Abbé Fauchet eût beau lui faire des remontrances, il l'envoya promener. Il ne fit rien de plus, rien de moins... Voilà les rois, quand on veut leur parler raison ou humanité, ils sont comme des brutes, flattez leur humanité, ils vous entendent.
    PROVOST
    de l'Impr. de FERRET, rue du marché Palu

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