25 févr. 2005

Le syndrome de l’écureuil

Il revient périodiquement sous les feux de la rampe médiatique que tel homme de pouvoir fraîchement nommé, s’est abandonné malgré lui aux délices de Capoue ou aux fastes perses du satrape, l’excuse première étant le plus souvent sa basse extraction.
Ainsi grisé par les avantages d’une position sociale jamais entrevue dans son milieu d’origine, le cheminot s’initie à l’agence de change, le marchand d’aspirateur ministre veut ancrer en rade phocéenne le plus long des voiliers du concussionnaire le plus illustre de la Côte et brasser dans l’élan les affaires d’un club sportif prestigieux, l’obscur conseiller polytechnicien récompensé de ses indiscrétions par un exil à la tête de la plus prestigieuse banque européenne fait le premier jour démonter le marbre du hall d’entrée qui lui déplaît pour le refaire en Carrare, le fils du cordonnier surintendant trop jeune, assouvit son rêve de duplex géant.

L’humanité est faible dans sa chair et ses mœurs, et même le plus près de plonger dans le bénitier les yeux fermés confiant sa vie à son Sauveur, celui-là même qui déroule à grand bruit ses compassions et les nombreux respects de ci et ça qui le moulent, lui-même exactement succombe à l’appel de la caverne d’Ali Baba !
Or le régime qu’il est sensé servir n’est viable dans le gouvernement des hommes qu’à la condition expresse de respecter scrupuleusement l’essence de sa légitimité : « la république est le régime de la vertu » (évangile selon saint Just).

Ses maîtres – il ne savait pas ou avait oublié ses référents – reprochent à Hervé Gaymard, non pas d’avoir dilapidé les fonds des contribuables dans un luxe qui lui va comme un diamant à la belette, mais tout bonnement d’avoir raté sa « communication ». C’est peut-être dans ces réflexes politiciens qui passent dans les journaux « en tâche de fond » qu’on mesure l’avancement de la décomposition des corps de l’état. Dans tout autre pays de l’Union un comportement ouvertement somptuaire sur fonds publics aurait exigé la démission immédiate du fautif. Bien que l’affaire eut été close en deux jours ainsi, en France jamais ! On se cramponne …, on apitoie …, on explique …
On explique si bien, que le seuil des cinquante pour cent d’abstentionnistes va être franchi au prochain scrutin. Bien évidemment la classe politique aux commandes n’en tirera aucune leçon et surtout pas celle d’accepter qu’à la majorité absolue plus une voix, le corps électoral ait donné congé ! On expliquera …
Mais ce n’est pas le plus grave immédiatement.

Le ministre Gaymard est un proche du président. Il lui fut confié le ministère des Finances au départ du challenger personnel d’icelui, pour bien marquer la reprise en main du cirque par le château. Or au château, on range tranquillement les casseroles judiciaires dans de profonds placards, un œil sur le calendrier électoral. Alors que la clameur s’apaise sur les affaires des Chirac, il fait désordre autour de la table du conseil des ministres que surgissent aujourd’hui les frasques immobilières du gardien des cordons de la bourse, après qu’on ait pâti déjà de celles du premier ministre précédent, dauphin officiel du souverain, déjà logé en prince.

Le président ne peut éviter de lancer une opération de grand nettoyage pour se protéger lui-même. En profitera-t-il pour changer de gouvernement ?
Avant le référendum c’est risqué ! Ça peut le décider !

Ah oui, l’écureuil ? Aux armes du surintendant Fouquet bien sûr.
Posted by Hello

1 commentaire:

  1. Et le surintendant Gaymard a finalement démissionné ... sur ordre de qui vous ne savez pas !

    Bravo !
    Schneider, fidèle lecteur du brûlot qui vous veut du bien.

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