2 févr. 2005

Notre Futur Premier

Son excellence et monsieur le conseiller maître dînèrent fort tard en ce hier où nous apprîmes nuitamment que sa sainteté avait été exfiltrée du Vatican pour quérir l’assistance respiratoire de la République italienne.

Hochant la tête en tâtant la souplesse de la queue de langouste, l’un et l’autre, et les convives de moindre importance qui siégeaient là pour donner du lustre à la rencontre, n’attendaient que le moment où son excellence ayant dégluti et rincé sa glotte au Meursault, livrerait le nom qui les avait fait tous accourir.

Il n’est pas vraiment malade même s’il doit souffrir des cervicales, et on lui a promis de finir l’année du moins jusqu’au Quinze Août, le temps de mettre au propre l’inachèvement des réformes votées et laisser la piste claire pour le jeu de quilles de son successeur à Matignon. Car on s’inquiète en haut lieu de la montée en pression du petit marquis qui sans attendre la fin des cent jours d’extase, se montre d’une redoutable alacrité envers … ses amis, comme toujours.

Le troisième conseiller des galetas élyséens avait pressenti le flamboyant Galouzeau pour franchir les derniers dix huit mois du quinquennat, mais il est décidément trop bien pour prendre les mesures, toutes les mesures qui vont s’imposer à l’effet de barrer la route des sommets au turbulent Magyar. Pour faire court, disons, votre excellence, que Villepin ne brisera pas la glace de la Piscine par l’abondance de ses préliminaires littéraires qui volent à cent coudées au-dessus de ces messieurs de la maison où il pleut. Sauf à leur raconter l’histoire de César et Brutus assortie de l’indispensable Orcae Ita !
Celui-ci débouté de ses légitimes ambitions, qui nous reste-t’il de suffisamment pugnace pour écraser le nouveau Lancelot du Lac ?


Dans la catégorie « je pouffe » nous trouvons alignés sur les planches à ribouldingue, le grand permanenté du Quai, le lion de Lassay, la folle du Vieux Port, Blazy-Bou dit Le Bon et même son ennemi héréditaire, le pâtre des Gaves.
Dans la catégorie « arrête, je fais sous moi », on vous présente st Jean du Panthéon, Spirou groom au Château, Cathy de l’Ill, Dieudonné du diocèse, éternelle Arménie et Jules Bachelard.
Dans la dernière catégorie des « impossible je meurs » sont garés définitivement le président caractériel des Comptes en Cour et le fort en thème incapacité de Dax.


Les sérieux sont peu nombreux, la république arrose la mauvaise herbe comme la bonne et celle qui prend le plus d’eau fait dépérir sa voisine. Les hommes de qualité en position d’accéder sont au nombre de trois.

Le ministre Fillon, impeccable, fidèle, doctrinal, cohérent et combatif.
Le ministre Robien, travailleur, effacé, distingué, beaucoup d’allure.
Le garde Perben, froid et sec, fidèle, rapide, populiste s'il le faut.
Et aucun des trois, monsieur le conseiller-maître n’accèdera. !

Droit dans ses bottes !
Telle sera la devise du futur premier.
On cherche – on ne cherche plus – un gaulliste historique qui défendra la politique du Flou Rassembleur, doctrine solide ajustable en fonction du vent, sans casseroles judiciaires, capable de tenir à distance et de réduire à rien le contempteur en chef en même temps qu'il fera mordre la poussière au cacique socialiste qui fait déjà sa musculation pré-électorale, tout ça avec la morgue de la fonction conférée et la retenue nécessaire.

- Je donne à votre excellence, ma langue au chat !

- Souvenez-vous de ce que je vous aurais dit un 1er février 2005 à minuit moins le quart :
"J’appelle le winner - qui porte à ravir le tailleur mastic de l'Intendance militaire. "

Madame le ministre de la Guerre Posted by Hello

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