3 févr. 2005

Triple départ de 380 sur Orléans

Le brûlot fût et demeure le refuge des bâillonnés. Une voix clame sa douleur dans le désert, mais la caravane passe, indifférente, se hâtant vers la soupe à cette heure. La lettre ouverte finira t’elle enfouie dans le sable des sourds.
Quelle que soit l’heure et le temps, Steppique Hebdo relaie.


Le 8 décembre dernier, Mgr le comte de Paris titrait son neveu Charles Philippe d’Orléans, duc d’Anjou. Or depuis l’accession de Louis XVIII au trône de France, le titre était transmis régulièrement parmi les aînés des Bourbon d’Espagne, avec les armes* qui l’accompagnent.

Cette titulature au sein de la branche cadette fut entendue comme une bordée de 380 par la conscience des Carlistes, et au jour d’anniversaire de la mort du roi Louis XVI – est-ce intentionnel et lié au souvenir de Philippe Egalité le régicide ? - la duchesse de Ségovie (91 ans mais bon pied, bon œil) lui répond, la main sur l’épée.


*armes du duc d'Anjou Orléans Posted by Hello


DÉCLARATION
DE LA DUCHESSE D'ANJOU DOUAIRIÈRE,

DUCHESSE DE SÉGOVIE

Ayant appris qu'Henri d'Orléans avait sans aucun droit concédé le titre de duc d'Anjou à son neveu Charles Philippe, « grand maître de l'ordre de Saint-Lazare », je proteste devant ce nouvel acte inconsidéré qui sème encore plus la discorde dans la Maison de France dont mon petit-fils est le chef.

Depuis le prince Jacques duc de Madrid, filleul d'Henri V et propriétaire de Frohsdorf avec tous ses souvenirs royaux, les aînés des Bourbons ont porté le titre de duc d'Anjou qui fut celui du
petit-fils de Louis XIV avant d'aller régner en Espagne en tant que Philippe V. Dès le décès de mon regretté fils aîné, ce titre est maintenant porté par le prince Louis, et ne peut être porté par un cadet.

Cet acte injurieux à son égard vient après d'autres actes similaires d'Henri d'Orléans :

1.-Les procès qu'il intenta à mon fils aîné puis à son fils et qu'il perdit.
2.-L'affront fait à tous les Bourbons d'Espagne issus de Charles IV en déclarant qu'ils ne descendaient que d'un courtisan.
3.-La prise du titre insensé de duc de France qui ne correspond à rien dans notre tradition et qui laisse entendre une mainmise sur la Nation.
4.-Sa prétention à se nommer de Bourbon, ce qui lui fut refusé par la Cour d'appel de Paris et la Cour de cassation en 2002, ces hautes juridictions soulignant à juste titre que ce n'était pour lui qu'une manœuvre pour se proclamer par la bande chef de la Maison de Bourbon.

À ce dernier acte est joint une décision d'attribuer à Charles Philippe d'Orléans les armes de France* à la bordure de gueules qui fut celle des ducs d'Anjou cadets, tant Valois que Bourbons, et donc du futur Philippe V. Là encore c'est une usurpation des prérogatives de mon petit-fils et même une injure faite à mon neveu le roi d'Espagne, chef de la deuxième ligne, et donc chef, comme descendant de Philippe V, de ces armes pieusement gardées depuis 1700 sur le
tour des armes de son royaume afin de commémorer l'origine de ses rois restés princes des fleurs de lis malgré tant de péripéties politiques.
Ces armes ont toujours été respectées dans la famille des rois de France, et ce à un point tel que les comtes de Provence et d'Artois ont brisé cette bordure pour ne pas la porter pleine, alors qu'ils étaient aînés par rapport à la branche d'Espagne, le premier en la dentelant, le second en la crénelant.

L'ignorance de notre histoire et de nos traditions est d'autant plus pénible quand on la constate chez les princes de cette Maison de France dite encore Maison de Bourbon depuis le traité de Montmartre en 1662, à seule fin d'éliminer les Courtenay qui ne descendaient que de Louis VI le Gros et non pas de saint Louis, traité scandaleux et qui fut vite oublié. Il est vrai que pour ne pas avoir l'air de gêner la France privée de ses Rois légitimes, nous avons surtout parlé de Maison de Bourbon dans notre famille, Henri V faisant souvent de même ainsi que ses successeurs.
Mon beau-père Alphonse XIII fit savoir qu'il était chef de la Maison de Bourbon à la mort du dernier prince carliste en 1936 et en modifia ses armes devenues de France plein.
C'est ainsi que mon petit-fils est l'aîné, donc le chef de cette Maison de France ou de Bourbon. Il n'a pas choisi cette position qui lui a été donnée par Dieu et nul doute que c'est une obligation
pour lui et sa grand-mère française que de veiller activement sur les droits et devoirs des princes de notre sang, qu'ils soient français ou étrangers.

Parmi ces devoirs est celui de refuser la fiction d'une grande maîtrise de l'ordre de Saint-Lazare éteint par les papes et les rois de France, et je renvoie à ce sujet à l'instruction du grand
chancelier de l'ordre royal de la Légion d'honneur en date du 5 mai 1824 pour l'exécution de l'ordonnance de Louis XVIII en date du 16 avril précédent.
Les Français fidèles et même tous les honnêtes gens de France et d'ailleurs ne sont pas dupes des comédies d'un prince navrant et qui ne sait conserver sa place. Je sais que des membres de sa famille ne le suivent pas dans ses débordements.

Je prends donc Dieu et les Français à témoin de ma protestation devant les actes et positions de cadets ambitieux.

Et je prie « le Christ qui aime les Francs » et Marie reine de France, pour l'unité de la Maison royale, afin que la paix dans l'ordre règne parmi nous.
Nous nous devons de donner l'exemple et ce témoignage de charité chrétienne.

Paris, le 21 janvier 2005.

Emmanuelle de Dampierre


Nous attendons avec vif intérêt la réponse, n’en doutons pas argumentée, de la maison d’Orléans qui ne peut laisser les choses en l’état, sauf à faire un tort considérable à la Cause en se laissant mettre en porte-à-faux.
Que pense le jeune Louis XX de ses échanges d'artillerie ? Mystère, il ne faut pas mélanger surf et blason. Et l'Anjou vu de Caracas ne vaut pas une riche roturière avec un beau papa banquier.
Quant aux armes contestées, nous les présentons en médaillon pour les … pinailleurs qui nous lisent.

2 commentaires:

  1. Notre bien-aimée reine douairière sans couronne et divorcée Emmanuelle a eu la main tenue par le professeur Franck Bouscau, membre éminent de la Société des Sciences de la Creuse, et accessoirement professeur à la Faculté bretonne de Droit de Rennes.
    Spécialiste reconnu de droit capétien, il est intraitable dès qu'on marche sur les pieds de Luis el Vigesimo qui pour l'instant reste en dehors du débat qu'il ignore peut-être.
    On peut être sûr que la duchesse de Ségovie a fort apprécié le bruit de la canonnade.
    Bravo Steppique, toujours à la pointe.
    Jules Schneider
    agitateur royaliste

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  2. Les arguments du Pr Franck Bouscau ont été réunis dans une déclaration solennelle en 1989.
    Elle se veut définitive, mais apparemment a du mal à convaincre dans le Landerneau royaliste.
    Donnez-vous la peine d'aller voir
    http://www.royaute.org/extraits.htm#5
    Catoneo

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