15 mars 2005

Le Baiser du Crotale

L’empoignade s’annonce générale pour la campagne européenne de ratification du traité constitutionnel. La victoire s’avère à portée de la main de l’un et l’autre camp, aussi tombent les masques de la bienséance qui laissent apparaître derrière les vociférations sanguines, l’incarnat redoutable d’un enragement suffocant.
Emmanuelli, le miura chaud des Landes, renvoie ses coreligionnaires positivistes au péché inexpiable du 10 juillet 1940, quand la république submergée de partout confia le salut du pays à un maréchal octogénaire portant encore beau en bleu.
Le bureau national des Verts maudit son plus dangereux concurrent en leur sein en interdisant à Cohn-Bendit de faire du chiffre à l’UDF au risque de la renforcer.
En face monsieur le Premier du Poitou déclare la marge fine et la guerre rude comme pour absoudre d’avance les dérapages inhérents à une campagne rondement menée vers une victoire obligatoire.

Dans le camp du non, les bataillons se rangent en ordre dans l’espoir de former une armée invincible par la seule intelligence du texte à ratifier et par la stigmatisation du point inéluctable d’aboutissement qui ne serait rien moins que la disparition des nations européennes au profit d’un cosmopolitisme sans racines, dont on sait ce qu'en pense la droite depuis les « affaires » de la IIIè République !
Si l’on accepte de monter le siège d’un cran, on peut reconnaître sur le champ de manœuvres les protagonistes de la guerre américaine de Sécession. D’un côté l’armée régulière, unioniste, uniforme, règlementaire et disciplinée ; de l’autre une confédération du courage se préparant aux charges intrépides de cavaleries héroïques et disparates. On sait déjà comment s’est achevée la guerre. Les confédérés plièrent devant la puissance industrielle du Nord et disparurent du panorama politique, sauf pour la ségrégation des Noirs, ce qui n’était pas la trace la plus glorieuse du Sud profond.
On me dit dans l’oreillette que le lectorat steppique préfèrerait un article sur le procès de Michael Jackson ; je continue !
Qui est le bric, qui est le broc de la Confédération présente. A supposer qu’ils vainquent, que pourront-ils vous proposer. Non, ce n’est pas un programme de gouvernement que la ratification d’un traité, mais les conséquences de son refus sont quand même à considérer avec attention au moins pour se préparer à y faire face.
Que deviendra l’Europe au lendemain du « non » français ?
"L’Europe dirigiste et interventionniste se meurt déjà. Le super-état tentaculaire dont rêvaient les eurocrates commence à sentir plus fort qu’une baleine échouée sur la plage depuis deux jours. L’Europe politique qui décide à la majorité qualifiée dans tous les domaines de compétence d’un état, et qui pouvait avoir des ambitions de politique étrangère et militaire, est terrassée. Ne reste que la grande zone de libre-échange que les puissances concurrentes du Nouveau Monde et d’Asie vont attaquer sans délai profitant de son affaiblissement subit."
"La porte de sortie, c’est de se regrouper à six ou sept dans une fédération afin de sauver le dessein politique européen en dehors duquel il n’est point d’avenir pour nos valeurs. Or les vainqueurs supposés, les confédérés, ne pourront jamais accepter pareille fusion car finalement – et l’opinion le découvrira peut-être trop tard – ils sont anti-européens. Et bien qu’ils s’en défendent comme crabes en friture, ils acceptent une diminution relative de l’influence française au bénéfice du retour d’une souveraineté illusoire et de la préservation de traditions ethno rurales qui ne compenseront pas notre déclin."

Quelles sont les forces de la Confédération ? le bric, le broc.
(1) Le Front national, qui défie tout le monde campé au centre du tournoi, et espère faire son meilleur score historique (en proportion, pas en voix) afin de réutiliser ce résultat pour une nouvelle tentative d’insertion du mouvement dans les comptes budgétaires des partis de la république. Dans quel sens voudrait-il pousser son avantage au plan des idées politiques, nul ne le sait, l’important pour le tigre de Montretout n’étant pas de vaincre mais de participer afin que continue le flux entrant des cotisations. Rien ne serait pire d’ailleurs, Mégret l’avait parfaitement cadré, qu’un appel à gouverner adressé au chef du Front. Il s’en sait incapable, en l’état.

(2) Le courant fabusien tenu comme le pendu à la corde par l’église du Nouveau Monde d’Emmanuelli & Mélenchon. Eux courront les préaux syndicaux quérir les ovations pour leur prescience, leurs capacités à prévoir, et donc à gouverner. Et accessoirement s’attèleront au programme de l’Europe sociale, qu’il sont les seuls en Europe à étudier encore, mais on ne se refait pas, et qu’importe d’être seuls si on a raison ! A moins de créer un nouveau parti, ils rentreront quand même tous dans le rang, car il vaut mieux être au PS en période d’investiture - les législatives approchent - qu’illustre et non-inscrit.

(3) Le Parti Communiste Français allié à la CGT. On ne rit pas ! Le monde nous regarde, croit-on, et pouffe !

(4) Du verbe mouvoir (!) le mouvement du Fou du Puy. Aussi proche soit-il de l’avatar ou avorton gaulliste RPF, il ne veut s’y fondre et disparaître des écrans au profit du pétanqueur Pasqua qui lui n'en finit pas de partir, comme Aznavour. Villiers défend légitimement d’ailleurs, des valeurs chrétiennes, nationales, démographiques et viriles qui de son point de vue sont menacées par le traité constitutionnel. La « complexité » de son argumentaire a été ramenée au niveau de son auditoire. C’est un débat d’ouvroir, Catherine Boutin s'y rallie, et les chaisières applaudissent sous la voilette.

(5) Les citoyens de Chevènement. Suspendu à l’auréole de sa candidature présidentielle qui fit vautrer son camp derrière les « fachistes » la fois passée, Jean-Pierre Chevènement du CERES nous la fait jacobine, bonapartiste, colbertiste, républicaine et laïque à la fois, se trompant délibérément d’époque mais assuré de se démarquer ainsi du courant médiatique majeur et d’être vu. Etre vu : Le fantasme politique premier, pour qui souhaite gagner son pain à la sueur du front des autres.

(6) Les royalistes. On est parfaitement d’accord qu’un roi de France ne peut être sonné par un président slovaque de la Commission européenne, a fortiori, turc.
Le bataillon est à quatre compagnies, dont une seule est commandée !
L’Alliance Royale est un parti constitué pour la conquête du pouvoir à travers le parcours électoral du combattant démocratique. Programme, tracts, réunions publiques, tout le catalogue ! Ils se sont déjà jetés à l’eau, ils nagent sans avoir pied. Ce sont tous des marathoniens, on le comprend, mais rien ne sert d’espérer pour entreprendre.
A côté d’eux trois compagnies qui se débinent joyeusement, l’ Action Française de Pierre Pujo, la Restauration Nationale de Bernard Pascaud et la Nouvelle Action Royaliste de Bertrand Renouvin. La première compagnie est à droite toute, pugnace dans le sillon des Camelots. La seconde est intellectuelle et veut convaincre salon par salon, mais ne dispose pas en ses dirigeants de l’aisance polémique d’un Pierre Boutang qui l’a fondée. La troisième est à gauche et vient de téléphoner à la rédaction pour nous remercier de l’avoir citée.
Et si les royalistes détiennent la vérité politique – ce sont les seuls à le dire ouvertement et à en être convaincus sans restriction mentale – ils succombent à l’effervescence génétique gauloise qui dès les prémices de la guerre, lève des chefs, des chefs, des centaines de chefs. Les progrès depuis Alésia sont minces ; il serait temps de couper les humeurs de l’ADN gaulois avec du sang arabe et de la lymphe anglaise comme pour les chevaux.
(… et Michael Jackson ? me dit-on dans l’oreillette.)

bon app...! Posted by Hello

Dans tous les cas de figure, la victoire ou la défaite, le Front National en retirera du crédit.
Si le oui l’emporte, il mettra en avant son pourcentage et jouera la partition annoncée plus haut pour s’insérer de force dans la nomenklatura prébendière; si le non l’emporte, il en sera le chef naturel, à cause de l’antériorité de ses positions nationales et de sa distance avec le brouillage socialiste d’une réglementation transnationale que personne ne veut, et, soit-dit en passant, que l’Internationale Socialiste abhorre.

Tous les autres, à part les Fabiusiens qui préparent déjà les sacs de sable de leur redoute pour le combat de 2007 contre le chef de rayon des Trois-Quartiers, tous les autres seront perçus et enregistrés dans la mémoire collective de la nation comme les supplétifs (désormais inutiles) du Front National. Et si les choses empiraient au niveau de l’Europe au point d’affecter gravement les conditions de vie des Français, ces supplétifs seraient tenus pour responsables, le Front National jamais parce qu’il était dans son rôle de "protection des beaufs franchouillards sous l'oriflamme national".
C’est le baiser du crotale.

Il reste une chose, avant de passer à Michael Jackson, si le non l’emporte, les partis du oui, qui restent majoritaires aux tableaux de commandes politiques et économiques, seront tentés, dans la perspective d’une confirmation de ce non par le Royaume Uni, de céder sur le traité constitutionnel, d’accepter la zone de libre échange en l’état, et d’œuvrer à la fédération fusionnelle des membres fondateurs, si l’Allemagne y consent.
Voter non aurait-il pour effet de lancer la Fédération d’Europe Occidentale ?
Puisque je le pense, je voterai NON.

En attendant que sait-on de Michael Jackson ? …

2 commentaires:

  1. 212 ans et quelques semaines VERITABLE CONFESSION DE M. VETO
    Depuis que M. Veto est maître serrurier au Temple, et qu’il ne se mêle plus dieu-merci de nos affaires ; depuis qu’il bat sa femme et sable le champagne; depuis enfin qu’il a cessé d’être le premier citoyen Français pour devenir le zéro des aristocrates ; ce même monsieur Veto, reniflant en quelque sorte une mort qui devrait ne jamais épargner les assassins du peuple ; tant il est vrai, que quand le diable ne sut plus que devenir ; il se fit moine.
    Or, monsieur Veto est devenu dévot comme un ange, et pour tâcher d’attraper le peuple et de lui faire croire qu’il ne mérite pas son sort, il s’est avisé de demander un évêque constitutionnel pour se confesser.
    Le commissaire de la commune lui a présenté la liste des évêques députés à l’assemblée nationale, et le choix de M Veto est tombé sur l’Abbé Fauchet, évêque député du Calvados. Oh, dit à part lui le commissaire, c’est bien le feu et l’eau que Fauchet et Bourbon Louis seize, comment vont-ils s’accorder ?
    L’Abbé Fauchet ne tarda pas à se rendre au Temple. Il y avait derrière le confessionnal un soldat qui ne se pique pas du plus grand secret, et qui nous a transmis ce que nos lecteurs vont connaître.
    MONSIEUR VETO
    Je vous ai fait venir, monsieur, pour recevoir de vous des consolations. J’en ai bien besoin au milieu des peines qui ne cessent de m’accabler.
    L’ABBE FAUCHET
    Ces peines, monsieur, doivent être cruelles et d’autant plus insupportables que le repentir sans doute en est l’auteur.
    MONSIEUR VETO
    Que dites-vous, monsieur ! Le remords fut-il jamais connu des rois ?
    L’ABBE FAUCHET
    C’est positivement ce qui fit leur malheur.
    MONSIEUR VETO
    Le malheur des rois vient uniquement de la désobéissance des peuples.
    L’ABBE FAUCHET
    Dites plutôt que la cause du malheur des rois vient de leur propre ingratitude. Mais, monsieur, vous ne m’avez fait venir que pour vous confesser, et nullement pour discuter politiquement.
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que le tribunal de pénitence doit-être un juge d’un roi ?
    L’ABBE FAUCHET
    Monsieur, quand l’éternel créa les hommes, il les a pétris de la même pâte, le hasard vous fit naître dans la classe des despotes, voilà toute la différence.
    Mais qu’elle est affligeante pour vous, cette différence, qu’en ce moment elle doit être à charge ! Que vous devez gémir d’avoir usé d’être homme pour n’être qu’un roi !
    MONSIEUR VETO
    Monsieur, je ne suis pas accoutumé à entendre un langage aussi dur, je dirai presque aussi impertinent, mais il faut en passer maintenant par ou il plait à ces messieurs de la populace et à messieurs les députés de l’assemblée nationale, je dois m’attendre à tout.
    L’ABBE FAUCHET
    Les rois ont toujours regardé les peuples comme leurs esclaves et les peuples ont trop longtemps vu que les rois étaient établis pour vous faire la loi, et qu’ils leurs devaient la soumission la plus entière.
    Ce sont des scélérats qui les ont éblouis et qui ont osé les provoquer à briser les diadèmes.
    L’ABBE FAUCHET
    Encore une fois monsieur je ne suis pas venu ici pour entendre des injures contre une nation qui vous donne du pain, lors même que vous l’avez trahie. Je ne pourrais m’empêcher de dénoncer au public vos dispositions contre-révolutionnaires.
    MONSIEUR VETO
    Monsieur, je ne m’attendais pas à trouver en vous un factieux.
    L’ABBE FAUCHET
    Je ne suis pas un factieux, je suis ami de la liberté.
    MONSIEUR VETO
    Allons, puisqu'il faut absolument que je me serve de vous pour me confesser, asseyons-nous tous les deux...
    L’ABBE FAUCHET
    Un moment, il s'agit ici d'un acte religieux. Vous êtes le coupable, je tiens ici la place de l'éternel, ce n'est pas devant moi que vous devez fléchir le genoux, c'est devant dieu que je représente.
    MONSIEUR VETO
    Se mettant à genoux.
    Je n'étais pas accoutumé à de pareils usages, mais puisqu'il le faut...
    L’ABBE FAUCHET
    Lui donnant la première bénédiction.
    Que le seigneur soit dans votre cœur, la vérité sur vos lèvres, afin que vous puissiez mériter de lui la rémission de vos péchés. Dites votre confiteor.
    Monsieur Veto récite son confiteor, jusqu'au mea culpa
    L’ABBE FAUCHET
    Maintenant, rappelez-vous toutes les circonstances de votre vie, et avouez devant Dieu tout le mal que vous pouvez avoir fait.
    MONSIEUR VETO
    Je m'accuse d'avoir montré sans cesse une insouciance pour le salut et la prospérité du peuple, de ne m'être jamais inquiété de tout ce qui pourrait être arrivé, ou de tout ce qui pourrait arriver des suites de ma négligence; je m'accuse d'avoir, dès le commencement de mon règne, concerté dans mon cabinet une guerre injuste contre l'Angleterre, et d'avoir fait massacrer des hommes sans m'embarrasser si la cause était légitime ou injuste.
    L’ABBE FAUCHET
    Un moment... était-ce dans l'intention de soutenir la gloire de l'empire, ou bien, ne cherchiez-vous qu'à satisfaire une passion aveugle?
    MONSIEUR VETO
    Vous m'en demandez plus que je ne puis vous en dire; il faudrait que tout mon conseil fut à confesse.
    L’ABBE FAUCHET
    Vous repentez-vous d'avoir été la cause de ces malheurs?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que je sais ça, moi?
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, il me semble que personne ne peut mieux le savoir que vous.
    MONSIEUR VETO
    Vous êtes bien singulier! vous voulez qu'un roi soit obligé de penser!
    L’ABBE FAUCHET
    Mais il me semble que les nations ont assez payé les rois pour cela.
    MONSIEUR VETO
    Eh bien, moi, je n'ai jamais pensé de ma vie.
    L’ABBE FAUCHET
    C'est en cela que vous êtes criminel; car celui qui est payé pour exercer telle ou telle profession, doit l'exercer pour gagner l'argent qui lui est promis; or, la nation vous payait pour la servir; donc, vous étiez au moins obligé de penser pour la servir et gagner son argent.
    MONSIEUR VETO
    Je vous répondrai à cela; moi, que je n'ai jamais fait ces conventions-là avec la nation, par ainsi, je ne suis pas responsable de ce qui peut arriver ou de ce qui est arrivé.
    L’ABBE FAUCHET
    Quelle erreur! ou plutôt, quelle faute volontaire! c'est donc avec d'aussi pauvres raisons que vous prétendez vous disculper?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que je sais si je vous donne de bonnes ou de mauvaises raisons, moi?
    Est-ce que j'ai jamais su s'il y avait de la différence entre les unes et les autres?
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, vous êtes donc un homme dépourvu de raison pour parler de la sorte? A vous entendre, il semblerait que les rois ne doivent être responsables de rien!
    MONSIEUR VETO
    Sans doute!
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, ce que vous faites là, ne s'appelle point être à confesse. Au lieu de vous accuser et de témoigner du repentir des crimes que vous avez commis, et qui ne sont que trop connus, vous semblez vouloir vous disculper. Ce n'est pas ainsi que l'on doit agir.
    MONSIEUR VETO
    Oh! vous m'en demander trop, ce n'est pas ainsi que mes aumôniers me confessaient.
    L’ABBE FAUCHET
    C'est que vos aumôniers voulaient vous flatter jusque dans vos fautes les plus graves; mais nous, nous ne savons pas jouer avec la religion. Je vais vous aider, mais soyez de bonne foi.
    Avez-vous toujours bien géré les finances?
    Avez-vous cherché à empêcher les malversations? Avez-vous ordonné les moyens d'alléger le peuple?
    MONSIEUR VETO
    Ma foi non; ça regardait mes ministres et non pas moi....
    L’ABBE FAUCHET
    Voilà encore une erreur. Vous deviez au contraire vous occuper de tout cela, vous en étiez responsable.
    Maintenant; avez-vous ordonné des prises de corps contre les hommes libres qui, avant la révolution, cherchaient à vous faire connaître la vérité?
    MONSIEUR VETO
    Je n'en sais rien; il faudrait demander tout cela à ma femme.
    L’ABBE FAUCHET
    Ce n'est pas votre femme qui est à confesse, c'est vous qui devez me répondre.
    MONSIEUR VETO
    Eh bien! Je vous dirai que je n'entends rien à tout ça.
    L’ABBE FAUCHET
    N'avez-vous rien fait contre la constitution? N'avez-vous jamais prescrit d'ordres qui tendaient à occasionner des troubles dans l'état? N'avez-vous jamais cherché à faire de complots? N'avez-vous jamais fait tirer sur le peuple; le 10 août par exemple?
    MONSIEUR VETO
    Ca se pourrait bien. Au reste, on m'en a assez fait...
    L’ABBE FAUCHET
    Mais, ce n'est point se confesser, ce que vous faites-là...
    MONSIEUR VETO
    C'est que vous m'ennuyez avec vos questions. Avez-vous fait ci, avez-vous fait ça? Eh! J'ai fait ce que j'ai voulu, et ça ne vous regarde pas......
    L’ABBE FAUCHET
    Mais faites donc attention que vous êtes devant dieu, souvenez-vous donc que vous l'avez grièvement offensé dans la nation; souvenez-vous que vous êtes responsable du mal qui arrive, songer donc qu'il faut sauver votre âme?
    MONSIEUR VETO
    Est-ce que les rois ont une âme?
    L’ABBE FAUCHET
    Ils ne devraient avoir... convenez donc de toutes vos fautes; humiliez-vous devant Dieu, demandez-lui, ainsi qu'à la nation, pardon de toutes vos fautes, de tous les crimes que vous avez commis..
    MONSIEUR VETO
    Je ne veux pas, moi...
    L’ABBE FAUCHET
    Je ne puis vous donner l'absolution.
    MONSIEUR VETO
    Eh! je m'en fous!
    C'est ainsi que M.Veto voulait se confesser... L'Abbé Fauchet eût beau lui faire des remontrances, il l'envoya promener. Il ne fit rien de plus, rien de moins... Voilà les rois, quand on veut leur parler raison ou humanité, ils sont comme des brutes, flattez leur humanité, ils vous entendent.
    PROVOST
    de l'Impr. de FERRET, rue du marché Palu

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  2. Le document est à la fois terrible et instructif, sur la perception que pouvaient avoir du roi Louis XVI les échotiers parisiens.
    Un point mineur : je n'ai pas détecté le "raccord" avec le sujet du référendum constitutionnel, mais à la relecture sans doute va-t'il surgir.

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