4 avr. 2005

Que la Force soit avec toi

Je vous l'avais dit ! Posted by Hello


Le pape défunt aura marqué son époque par la démonstration qu’il réussit en Pologne et autour, que la force de l’esprit lié en cercles innombrables arrive à surmonter la force mécanique de la bêtise, comme dans un bon film de science fiction. Plier l’Union soviétique et le Pacte de Varsovie n’était pas à la portée du premier venu, même si la stratégie de compétition mortelle pour des armes futuristes imposée par le Pentagone à l’Académie des Sciences soviétique y a beaucoup aidé.
L’autre grand œuvre fut la « mise à feu » de la jeunesse internationale communiant par millions dans une foi exigeante, aux JMJ, au moment où n’étaient à la mode que la liberté existentielle totale, jusqu’à la mort y compris ! Au chapitre des mœurs que n’a-t-on entendu les chantres de la permissivité dauber sur le message pontifical et hurlant des noms d’oiseaux à son passage parce qu’il ne préconisait pas ouvertement le préservatif dans l’amour et s’obstinait à prôner la mesure, l’abstinence, la fidélité, faisant peu de cas en plus des pratiquants hétérodoxes.
Sur les continents les plus ravagés par le SIDA son message fut bien moins entendu que celui des associations de la capote. Il est permis, une décennie plus tard, de constater les ravages de la « préconisation » civile. Le latex a un prix marchand que certains détournent à l’achat d’autres biens plus désirés à l’instant du choix ; la fidélité n’a qu’un prix moral, et dans notre société matérialiste que nous imposons aux laissés pour compte des tiers et quart-monde, aucune valeur. La fidélité est démonétisée, c’est donc ringard !

Samedi dernier, grand raout sur FR2, le SIDACTION.
Tout ce qui doit être vu dans les bacs des disquaires s’est précipité pour faire pleurnicher la France qui donne. Ce happening est le énième, présidé toujours pas Line Renaud que je vénère comme une grande dame des planches, mais au résultat les chiffres ne baissent pas – c’est ce que j’en ai retenu de mon bref passage – et les vaccins tardent à sortir des laboratoires qui semblent dépassés par les mutations de « la bête ». Les retardateurs d’issue appelés trithérapeutiques sont chers pour de simples freins de toboggan. La faux du SIDA passe inlassablement en un mouvement ample et rythmé qui ne cesse jamais.
Le message pontifical était-il tant que ça à côté de la plaque ?
C’était quelque part un réarmement moral pour combattre le fléau, de la même veine que celui qui avait disloqué puis liquéfié le Pacte de varsovie. On convoquait ce que l’espèce avait de meilleur, sa force mentale. Au lieu de quoi la communauté intellectuelle et bourgeoise (largement touchée par le syndrome) a pris le parti des Munichois, et investi dans la capote indolore pour la sacro-sainte liberté de faire et de défaire comme et quand bon vous semble. Bonne pioche pour nos sociétés avisées, sauf imbéciles en fond de panier qui ne comprendront jamais rien comme le soupçonnait Brassens dans son Hymne des Cons.
Ailleurs ça ne marche pas !
Et l’appel du Sidaction au peuple est abusif, sauf pour les victimes de transfusions sanguines et autres nosocomialités imparables que l’on doit pouvoir « gérer » sans cette débauche dégoulinante. D’ailleurs la prestation de FR2 fut interrompue à 45 minutes de la fin programmée car la position était intenable médiatiquement. Le pape en mourant s’est mis encore une fois en travers !

Pour le reste, il s’agit de s’investir dans un combat efficace et de préserver d’abord l’élite de la nation. Pour y atteindre et dans la mesure de nos faibles moyens intellectuels, nous soumettons ici au député de la circonscription un projet de décret à promouvoir au niveau du cabinet de monsieur le ministre de l’éducation, qui disposerait que les classes de latin des lycées et collèges soient décorées d’une bannière de style attrayant choisi sur concours national où tout un chacun et chacune, madame et monsieur les parents bilatéraux, unilatéraux et divorcés ou dépacsés, madame et monsieur les professeuses et professeurs , madame et monsieur les conseillères et conseillers pédagogiques, madame et monsieur les assistantes et assistants sociaux – la régie me dit dans l’oreillette que je ne suis pas encore élu à la Chambre, qu’importe ! – ou tout un chacun, j’y reviens, pourrait lire au-dessus du tableau noir durant les cinquante minutes du cours avec éclairage au néon, diodes flashantes et tout le diable son train technique :

IN CAUDA VENENUM IN RETRO SATANAS

avec bien sûr la signature validante et le logo d’Act’Up afin que le décret soit accepté par Aschiéri. Chiche !

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