14 avr. 2005

Sous le Chiffre du Diable

L’excellent documentaire proposé par Arte ce mercredi soir est allé au fond des choses en ce qui concerne le génocide arménien. Mais la chaîne qui à elle seule justifie le prélèvement d’une redevance audiovisuelle, nous avait habitué à la rigueur.
C'est donc sans surprise que ne furent esquivés ni le harcèlement nationaliste arménien, ni l’abominable destin fait aux captifs, ni le silence gêné des gouvernements occidentaux prévenus que toute éventuelle expédition sur les Détroits signerait la mort du peuple arménien, qui y allèrent quand même, de bon coeur !
Précédant le sac japonais de Nankin dont nous parlions tantôt et la Shoah allemande, le génocide arménien ouvrait grand le boulevard de l'horreur du vingtième siècle. A défaut de croire en Dieu, - qui de tous ces gens put jusqu'à la fin croire en Dieu ?- on peut croire au Malin, à celui qui court dans l'ADN de l'engeance humaine.
Cette démonstration de la sauvagerie d’un Etat, par ailleurs civilisé jusqu’au bout du dernier éclat de mosaïque des bains qui portent encore partout son nom, n’est pas sans conséquences. Sa diffusion à 45 jours du plébiscite chiraquien entrera dans les livres d’histoire comme le dernier clou du cercueil qui emporta la constitution européenne, sur faute grave du président.

Que lui fallait-il amalgamer l’islam et la chrétienté dans les racines historiques de la France et montrer son refus dédaigneux de toute référence spirituelle dans le préambule de la Constitution européenne ?
A son habitude, Pinarque cumule les fautes dès qu’il n’est plus en campagne.

Qu’était-il besoin en effet, après deux raclées électorales et une popularité à l’étiage, de convoquer le peuple au happening qu’on lui a refusé si souvent sur d’autres sujets qui le grattent depuis toujours, comme l’immigration, la peine de mort, l’avortement, l'éducation nationale ou l’euthanasie ? C’était tenter le diable démocratique, celui qui pointe sa corne vrillée dans chaque isoloir le jour du vote, celui qu’on arrive souvent à vaincre, par habitude, par lâcheté, par abstention, rarement par conviction.
Cette fois-ci, il se marre. Il se distrait de la connerie des hommes en paralysant leur cerveau les jours fériés. C'est nouveau, ça vient de sortir.

amulette solaire babylonienne dont lignes et colonnes totalisent le Chiffre


En attendant le retour du Maudit, prenons le paradoxe de Condorcet. Je vous épargne celui d’Arrow qui est si définitif qu’on ne peut s’y référer sans le démontrer, et que je résume aventureusement en ces termes « politiquement incorrects » : Le processus démocratique est une gageure, une croyance aussi infondée mais respectable que l’Immaculée Conception, au pire une escroquerie, selon votre tempérament.

Revenons à Condorcet
(1) Considérons par exemple une assemblée de 60 votants appelée à choisir entre 3 propositions a, b et c ( a > b veut dire que a est préféré à b)
Le dépouillement donne le résultat suivant :
23 votent : a > c > b
19 votent : b > c > a
16 votent : c > b > a
2 votent : c > a > b
Résultat : a l'emporte avec 23 voix, devant b 19 voix, et c 18 voix : donc a > b > c.
(2) Réduisons l’expression des préférences à 2 à choisir également entre 3 propositions, et opposons-les par paires : on obtient sur la base des suffrages précédents :
35 ont préféré b > a contre 25 pour a > b
41 ont préféré c > b contre 19 pour b > c
37 ont préféré c > a contre 23 pour a > c
Ce qui conduit à la préférence majoritaire c > b > a, exactement contraire au choix pluraliste.

Moralité, la procédure de choix influe jusqu’à l’absurde sur l’expression souveraine d’un même corps électoral.

Dans le référendum perdu est proposé un choix binaire ultra simple, comme on sait le faire à … Port Moresby.
Quelles sont les questions « qu’entendent » les promoteurs du NON ? Aucune de celles que leur pose le traité constitutionnel.
En vrac :
- Voulez-vous de la TURQUIE et du voile islamique dans l’Union ?
- Acceptez-vous au coin de la rue la CONCURRENCE de votre cousin européen qui risque de travailler plus et moins cher ?
- Préférez-vous que le pouvoir quotidien monte à Bruxelles chez FRANKESTEIN comme il en va déjà de la circonférence des boîtes de camembert, des dates de chasse à la palombe, et de la largeur de la lanière des strings ?
- Souhaitez-vous l’invasion des Roms et des EPIDEMIES qu’ils transportent ?
- Aimez-vous monsieur le PREMIER du Poitou quand il refuse de jouer « Lagardère »?
- Considérez-vous qu’une constitution soit inviolable ni CORRIGEABLE dans le futur ?
- Considérez-vous que l’EURO ait fait baisser le prix des produits de première nécessité ?
- Voulez-vous soulager l’Italie et l’Espagne de leur afflux immaîtrisable d’ARABES ?
- Acceptez-vous que les lois du LUXEMBOURG dites par des juges inconnus, priment les lois françaises ?
- Pensez-vous que Claire CHAZAL doive continuer au 20heures de TF1 Weekend ?
- Croyez-vous possible de rebâtir un état sain sur les ruines d’un régime ridiculisé ? OUI !

En face ils ont la partie difficile et l’argument météoritique :
DEMAIN, ON RASE GRATIS ! SI, SI, SI ! 6.6.6. !

Imparable pour le NON.

1 commentaire:

  1. La soirée référendaire de l'Elysée n'a, me semble-t-il, convaincu que le cabinet présidentiel et son team familial de communication.
    Chirac a de beaux restes de lutteur politique, mais son phrasé est confus, circumgiratoire et déjà entendu mille fois.
    Il y a l'âge aussi.
    Malgré les sourires, il sait qu'il joue gros.

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