21 mai 2005

De la Pentecôte à la St Bernardin

Et glou, et glou, et glou ... les moines !

Après le "chou blanc" de la St Honoré, Raffarin du Poitou s'est déchaîné en campagne à l'annonce du désastre que lui prédisent les sondages et les Renseignements Généraux de son ennemi préféré Galouzeau. Après le "oui ou le chaos", refrain qui ne peut faire trembler que la ménagère de quarante ans - mais cela suffirait à retourner l'opinion -, sa bossuétude va carrément à l'insulte. Il faut que ce soit grave.
Passant par Epinal - au fait qui gouverne pendant que les ministres font du tourisme ? - et à court d'arguments dans le fief de monsieur le premier président du Conseil d'Etat qui le hait, Monsieur le Premier se laisse aller à dire en fin de tribune : "Il ne faut pas manquer de lucidité. L'Europe est entrée dans toutes les poches avec l'euro, mais pas dans tous les coeurs. ... On ne peut pas accepter que les révisionnistes d'extrême droite et de gauche viennent porter l'espoir".
Sous ses faux airs de chattemite, notre bon gros campagnard est au seuil de l'assignation de ses adversaires par le biais des lois d'opinion communément appelées Gayssot, amalgamant dans la désignation, le goût des tutus de cuirs et la couche de beurre cérébral faisant office de machine à penser.
La charité chrétienne exige de rechercher en toutes circonstances les atténuantes et dans le cas que nous poursuivons aujourd'hui, elles abondent : rien ne va plus dans la République soviétique française de Pinarque II.

La croissance a fondu comme neige à Marseille après que le pays ait été incapable en 2004 de produire autant que la demande intérieure et extérieure l'exigeait. La dette latino-américaine se creuse au même rythme que les déficits budgétaires et sociaux incompressibles sans un minimum d'autorité. Le commerce extérieur est en perte sévère. Cinq millions de sans-emploi. Les cheminots repartent en grève le 2 juin pour la forme. Et de réformes point, le pays les refuse, l'exécutif reste à l'écoute, et parle en dormant ! Il a bien des soucis monsieur le Premier communiquant, parce qu'au bout de trois ans de logorrhée, plus personne ne lui prête attention.
Sauf Marie-France Garaud qui garde une dent au locataire de l'Elysée et à madame Chodron, colocataire et sa pire ennemie, MFG, la seule conseillère politique capable de prendre un dé à coudre d'acide sulfurique dans son café matutinal, est sortie de sous le casque à permanente pour vitrioler dans les Débats du Figaro les élites qu'elle ne conseille plus, avec une déclaration saignante comme celle-ci.
A la question qu'elle fait poser par le Français Moyen " Quelles seront pour moi les conséquences directes ou induites de l'adoption de la constitution? ", elle fait répondre par l'auteur condescendant du traité : " Lisez les cinquante premiers articles du traité puis la charte des droits fondamentaux et pour le reste, vous pouvez le laisser ". Or elle a raison d'arguer qu'on ne souhaite pas que l'électeur mette son nez dans le fatras du "reste" sachant bien que tout le diable est dans ce détail. Et de conclure savamment, elle qui fut de ces cabinets hermétiques: "Les experts à Bruxelles ou Luxembourg décideront pour eux (les électeurs), et le vote que l'on nous demande n'a au fond pour véritable objet que le sacre d'une oligarchie fort éloignée des peuples dont elle prétend régler le sort".- MFG - samedi 21 mai 2005.

En écho, Lazare Chevènement pronostique en cas de victoire du Non, le retournement rapide du souverain président qui prendra la tête de la croisade majoritaire afin de survivre au tsunami constitutionnel qui pourrait l'envoyer à l'Instruction. C'est peut-être beaucoup ! Soufflons.

Outre-manche, le baron merdeux de Murdochie fait du tirage avec Saddam en slip dans The Sun ! On savait qu'il nageait dans le jus de lisier sans tuba mais de là à déconsidérer un des tyrans les plus sanglants du siècle passé, c'est vraiment surprenant. Car à quoi servira le procès d'un homme ridiculisé ainsi, ramené au niveau du célibataire endurci sans le sou obligé de laver lui-même son pantalon. Autant vous abaissez le prévenu, d'autant vous minimisez ses actes. Plus l'arbre est petit, moins il fait de bruit quand il tombe. Toute une guerre pour finir par le procès d'une cloche, mais ceci passe bien au-dessus de la conscience de Ruppert Murdoch ! Bush va apprécier le "soutien" indéfectible du macaque médiatique le plus puissant de la planète anglo-saxonne, après le coran dans les gogues de Guantanamo !

Quelle semaine ! Le roi Gyanendra du Népal qui a pris les pleins pouvoirs pour en finir avec le furoncle maoïste qui dévore le pays, commence à faire des scores de 50 à 9 et a pu décider ainsi l'Inde et son sponsor américain de lui prêter main forte. Le retour à la démocratie demandé par l'envoyé spécial de Washington est envisagé à terme. Du moins dès l'incinération définitive des guérillas dont le karma a beaucoup souffert des hélicoptères Cheetah qui volent maintenant avec grâce dans les paysages himalayens !

Demain on vote dans le gros land de Rhénanie du Nord Westphalie. Le chancelier peut y perdre sa chemise et n'être d'aucun secours pour le Oui à la Fête des Mères. Tout passe, tout lasse, sauf Chirac.

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