14 mai 2005

De la Victoire à la Pentecôte

La dernière ligne droite qui coupe le précipice à angle droit commence pour le gouvernement par le lundi de Pentecôte. Belle démonstration de l’ectoplasticité de notre technocratie qui après avoir décidé un happening annuel - que l’on ne veut pas appeler encore la Fête des Vieux, comme on a celle des Mères, des Grand-mères, des Pères -, est incapable de se faire obéir de ses propres services et laisse la pagaille le ridiculiser.
Mais ce n’est pas mortel, on sait !
Que vous travailliez ou non ce lundi de Pentecôte ne changera rien au destin des anciens, l’Urssaf prélève son 0,3 pour cent gérontologique depuis belle lurette. La journée de solidarité est à ranger au placard de la communication ratée, elle ne servira jamais à rien ! D’ailleurs les vrais soucis ne sont pas de ce bord. C’est ce f… traité constitutionnel qui crispe l’ambiance.

Sondages (publics)
50/50 (+/-) la marge d’erreur, imprévisible vérité. Il ne semble pas que les efforts surhumains de quelque côté qu’on regarde, arrivent à faire bouger la flèche de la bascule. Pour le gouvernement c’est du loto pur. Bravo, monsieur le président, pour n’avoir pas raté celle-là, elle eut manqué au palmarès des impairs politiques pour rester déferrent.
La campagne avance, les explications s’empilent, se couvrent, se cachent, et on ne sait toujours pas quelle Europe future le traité nous dessine, puisque nous avons dépassé le stade pédagogique pour entrer dans l’empoignade d’estrade, l’argumentaire cédant la place aux éructations meurtrières ciblées. Après tout ce brouhaha, si l’on prend soin de relire au calme les parties I et II du traité, on découvre maintenant qu’il s’agit quelque part d’une « lettre au Père Noël » et que finalement il en faudra de l’eau qui descende le Rhin avant que les incantations retenues par consensus de Stockholm à Istanbul (car ils ont signé l’acte final nos gentils Turcs) se traduisent par des lois, et les lois appliquées.
Il y a aussi clairement établie – c’est mon dada – la construction d’un super-état, quoiqu’en dise l’Elysée et ses missi dominici, super-état le plus mal foutu possible. Lisez attentivement la description des fonctions de président du conseil et de chef de la diplomatie et vous m’éviterez de m’énerver, ce qui est mauvais pour ma tachycardie politique.
Ce que vous n’avez pas capté au passage c’est le parlement dit de Strasbourg (ils n’y sont jamais) « limité » bientôt à 750 sièges et 27 langues ! De mémoire d’hominidé, on n’a jamais vu encore la perpétuation officielle d’un pareil bordel, appelé Babel dans les livres chics. Imaginez l’hémicycle dix secondes et pouffez, contribuables ! Quand vous y aurez ajouté les divers conseils économiques, financiers et politiques staffés par la « société civile » en périphérie de la Commission, même borné-béton vous saisissez quand même qu’on nous construit une grande fromagerie supranationale en sus des laiteries nationales déjà fort dispendieuses. On me dit dans l’oreillette d’éviter le couplet anti-parlementaire et j’obtempère. Même plus, j’émigre !

L’Organisation Mondiale du Commerce s’est jetée dans les bras de Pascal Lamy, parce qu’il est le candidat le plus sérieux dans tous les sens du terme et qu’il dispose d’une capacité de travail énorme, jamais vue dans ces enceintes feutrées où le souci primordial de l’effectif est de ne pas gâcher le métier en n’en faisant point trop !
le nouveau boss Posted by Hello

Avec l’énarque bénédictin Lamy, les lampes vont brûler tard au siège de Genève, et il finira par se faire une réputation de stakhanoviste. Mais comme il n’en a cure, tout va bien.
Son alter ego aux manettes du vaisseau "Terre", c’est le bon docteur Wolfowitz, Paul pour les dames et Rumsfeld, qui est pareillement un entêté et qu’il suffira de lancer sur la bonne voie pour que le FMI entre un jour dans le Troisième Millénaire. A tous les deux, il peut se passer des choses, peut-être même positives, dans ce monde qui sent de plus en plus la cheddite. Car, et nous briserons là ce soir, c’est Mohammed El Baradei, le patron de l’agence atomique qui est le plus près de la vérité du monde en fermentation. Les discussions portant sur le durcissement du traité de non-prolifération qui doivent s’ouvrir à l’ONU cette année, sont la dernière chance de préserver la planète du cataclysme nucléaire annoncé par la réalité des fuites de matière et de savoir qui ont atteint les antres profonds des pouvoirs maléfiques. Lui répond en écho le vieux secrétaire d’état Mac Namara qui déclare que la politique atomique du gouvernement américain est inutile, bête, et carrément mortelle pour les Etats-Unis et le reste du monde.
Quand on vous dit que tout se passe ailleurs qu’à Matignon ! Sauf qu’on s’y ferait de la bile …

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