23 mai 2005

L'aigle revient à l'aire

L'Aigle de Chasseneuil ramasse des branchettes que déjà l'aire l'appelle.
Ambiance de fin de règne sous les plafonds dorés de la République, la garde se meurt (d'ennui) mais ne se rend pas. Elle attend qu'on lui donne congé, poliment.

Ont été reportées aux calendes toutes les réformes annoncées pour ce premier semestre de l'an de grâce 2005, y compris les lettres de cadrage budgétaire de Matignon destinées à faire entrer au chausse-pied l'Etat 2006 dans les critères de Maastricht.
Sur le carreau pêle-mêle :
- la mise en bourse de Gaz de France
- le nouveau patron d'Airbus
- la convention ANPE-UNEDIC de contrôle des chômeurs
- la baisse des remboursements de soins aux abonnés des spécialistes
- la réforme de la taxe professionnelle
et cent autres petits ajustements destinés à l'occupation des cabinets ministériels.
Sauf que d'en parler sans cesse reste le souci diarrhéique premier de monsieur le pareil.
Sur le pot je pousse ! "Occupé" lit-on donc sur les cadrans de pennes en laiton doré.

Plus préoccupant, nos délégués dans les enceintes où se traitent les problèmes sérieux gardent du matin au soir l'oreillette sur la fréquence de l'Elysée, inattentifs aux débats en cours, préoccupés surtout de leur survie politique après le 29 mai. Trois situations qui auront des conséquences importantes pour les Européens, s'aggravent :

- l'Allemagne entre en campagne électorale sur un réflexe nationaliste et je pronostique un refroidissement du couple "pour de rire" franco-allemand, avec le reclassement en tête de liste des problèmes strictement germano-allemands, quoiqu'en pense ou dise l’étouffant partenaire français qui s'accroche à la République fédérale comme lierre stérile. Les chicayas actuels chez Airbus dans la succession de l'inexpugnable Forgeard commence à "gonfler" sérieusement la Deutschland AG. Les foutaises socialistes aussi.

- la nucléarisation de l'Iran qui se discute définitivement à Bruxelles tantôt et à Genève demain, va décider de l'implication ou pas de la troïka européenne au Moyen Orient. Les Américains préfèreraient un face à face avec les Russes qui ont des cartes fortes qu'avec le consensus mou et changeant de l'attelage anglo-germano-français près de se défaire.

- la provocation antiaméricaine permanente de Hugo Chavez le bolivarien fou qui cherche à tout prix le clash pour, dit-il, développer librement en coopération avec l'Argentine et le Brésil, une filière nucléaire iranienne au Vénézuéla. C'est un casus belli dans l'arrière cour de l'Empire du Bien et la crise mondiale assurée, paradoxalement plus sûrement que dans la crise coréenne où la bombe atomique de Kim Jong-il est maintenant intégrée dans les esprits des négociateurs.
Le Grand Barnier brosse sa permanente puisqu'on ne l'écoute déjà plus nulle part. Qu'aurait-il à dire d'ailleurs venant de SupDeCo ?

Entre-temps dans notre pays tranquille, un plaisantin du Syndicat des Transports Parisiens, sans doute un "malappris" abandonné par le pouvoir dans les bois si mal fréquentés d'Ile de France, met à la disposition des masses laborieuses et démocratiques le service minimum des gavés du service public autogéré. La presse du week end s'en empare. La CGT hurle un dimanche ! Et Huchon la Poire se fend la pêche à six jours de l'explication de texte géante. Clameurs du comte de Robien qui, dès ce lundi matin - c'est un lève-tôt de la ferme, une vraie - parle de mésentente, précipitation, et service MAXIMUM possible.
Français, on vous cause comme à des benêts.

Au Château c'est bien différent. Faisant fi des prémonitions des ténors de son camp qui redoutent tant l'apparition du vieux cacique dans les lucarnes bleues, Pinarque a décidé - rien que pour emmerder son monde sans doute - qu'il passerait une troisième fois à table avec les Français du Vingt-Heures pour emporter leur conviction. A vaincre sans péril d'accord, mais perdre sans panache, non !
Il faut tenir deux ans.
Les conseillers présidentiels s'excitent dans les galetas sur la succession à Matignon ouverte comme une fracture. Les raccommodages n'auront aucun effet. Il faut remettre tout à plat, dare dare, et renvoyer Sa Communication au Marais poitevin prêcher les hérons, grues et autres longs du bec. Le petit Hongrois ferait bien l'affaire, nerveux comme il est avec Cécilia, mais il va se montrer plus insupportable pour le patriarche en son automne que ne le fut Rocard pour le prostatique de Jarnac. Il serait bien capable de réussir le salaud à retourner l'opinion, et à orchestrer la chute de la maison Chirac comme dans un mauvais film d'épouvante.
Pourtant c'est bien un grand coup de balai que réclament les Français.
Comment dès lors manier le balai quand on est soi-même jeté parmi les épluchures et autres moutons qui jonchent les parquets de la République. C'est le vrai challenge.

A défaut de partir soi-même, il faut rajeunir ! Divorcer d'avec Chodron du Courcel est impensable, ramener Garraud dans le conseil, risible.
% Mettre une femme à Matignon serait par contre une rupture qui changerait le peuple du spectacle lamentable de ces suffisances abonnées à des scores économiques et sociaux parfaitement décalés par rapport au niveau de réflexion qu'on leur prête.
% Peigner l'opinion dans le sens du poil, c'est quelque chose de facile en plus. On va donc radicaliser ! faire du radsoc sans ces trouducs de radsocs qui ont été liquéfiés par le scrutin uninominal majoritaire à deux tours.
% Dans la foulée, rétablir la proportionnelle.

Ca va décoiffer, Maman !
Et cerise sur la tête de veau vinaigrette,
on va se fendre d'un million de dollars et racheter Aubenas aux vilains pour la ramener en fanfare à TF1.
Maman, on finit peinards !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Archives steppiques