13 juin 2005

La croisière s'amuse

Sourds comme des pots ! Plus on nous affirme avoir entendu, plus nous devons en douter, l'Oligarchie se cramponne, c'est tout.
(on me dit dans l'oreillette que c'est un slogan populiste. Tant mieux le tirage va monter).

Cette seconde quinzaine du mois de juin verra peut-être l'éviction de l'influence française des instances bruxelloises, queue de trajectoire évidente du tir de batterie anglais qui ne cessera pas avant le 30 juin.
Sur le pont du Titanic la croisière Villepin s'amuse, on tape sur les bambous, radio-jamaïque à fond ! On a bien entendu le départ du tir derrière l’horizon mais, ne voyant pas arriver les coups, on remet une tournée générale de champagne en forçant l'allure dans ce qui se veut être une manoeuvre de déception et d'évitement, comme dans le manuel des convois en temps de guerre.

Notre team stratégique s’est fait prendre par les joyeuses et serrer fort dans deux domaines mortels pour Chirac, la politique budgétaire européenne et la politique européenne tout court.

Dans la seconde, le saute-ruisseau flambant neuf qui préside aux destinées du Quai d'Orsay fait les couloirs de Luxembourg et Bruxelles pour vendre la poursuite du processus de ratification. Outre l'obstination stupide que cela dénote, s'y ajoute la preuve que ces Français sont vraiment des gens peu pratiques dans les moments de crise, qui brandissent un juridisme stérile et consommateur de temps et d'énergie, au lieu d’aller à l’essentiel. La confédération politique est morte.
Certes, même Malte à son niveau (zéro) a bien vu que la poursuite de la ratification allait meubler le camp du non des refus luxembourgeois, portugais, danois, irlandais, tchèque et un jour plus loin, britannique. Et donc que la France dans toute sa superbe allait s'autoproclamer le chef gaullien du camp du refus et réclamer la renégociation du traité Giscard resocialisé ! De plus et vis à vis des gouvernements extra-européens qui pouffent, c'est aussi le moyen de tondre (ou teindre) la laine sur le dos du mouton noir qui disparaîtra ainsi des radars sarcastiques anglo-saxons.
On savait que Chirac avait une piètre opinion des nouveaux pays européens qui contestent à l'occasion son autorité; il les prend là pour des niais. Ils vont s'en apercevoir, les nigauds et rembarrer toutes les propositions françaises de bon coeur.

Nous avons perdu notre place exclusive aux commandes de l'Europe, aussitôt que l'Allemagne s'est réunifiée à grand frais, et dès que la Grande Bretagne est parvenue à sortir de son marasme économique vers un libéralisme triomphant. A compter de cette redistribution des cartes, la France bloquée dans ses certitudes, ses exceptions, son modèle mondial invendable, son impuissance diplomatique et militaire, a perdu son aura. Au grand plaisir de Tony Blair qui a très mal pris qu'on s'adresse au premier ministre de sa très gracieuse majesté en lui pointant l'index sous le nez.
Il a couvé le dessein de supplanter la France comme moteur européen et de tirer tout le charroi vers l'atlantisme. Il n'a pas eu de mal à y atteindre. Il prend les commandes de l'Europe le 1er juillet.

Reste le volet budgétaire.
Quand on est outrageusement bénéficiaire du pacte budgétaire européen comme l'est la France pour son agriculture, on réfrène la tentation de remettre ce pacte à plat. Surtout en exigeant de son ennemi héréditaire ce faisant, un accroissement de contributions de quelques 5 milliards de dollars. La réponse ne s'est pas faite attendre, là où on ne l'attendait pas !
Albion conteste l'annulation du chèque Thatcher, mais prenant les manettes bientôt, ne peut bloquer le gouvernement européen d'entrée de semestre. Aussi fait-on faire le travail par les pays en développement qui réclament maintenant à cor et à cri la suppression des subventions agricoles européennes. Celles-ci les ruinent littéralement, et celui qui les défendrait encore tout en tenant un discours mondialiste d'aide au tiers monde, l'insulterait !

Que va pouvoir dire le gouvernement français quand d'un côté Tony Blair va demander de ramener le budget européen à 1% du PIB de l'Union en coupant dans la PAC (politique agricole commune), et qu'au même moment dans les enceintes internationales de commerce (OMC) et de développement, va se lever la bronca contre l'Europe de l'agriculture pour les riches, lisez la France ?
Chirac qui a déjà perdu toute considération de ses pairs - urbi et orbi -, va perdre de ce fait son armure de champion de la paysannerie française, la seule qui ne soit pas encore percée.
C'est donc un casus belli, il faut remonter de l'artillerie à Dunkerque !

Blazy-le-Douste quant à lui sur son quant à soi, nous baille la meilleure dans Le Figaro de ce lundi :
N’ayant pas obtenu le copyright de Serge Dassault, nous ramassons la pensée de l’oracle sur deux points :
Compromis incontournable sur le chèque britannique :
Le Royaume Uni ayant à la fois la croissance et le quasi-plein emploi, il est normal qu’ils payent plus. Les journalistes vraiment couards n’osent pas lui répliquer que les efforts britanniques sont essentiellement nationaux et ne devraient pas être pénalisés par leur succès, au profit de planteurs de maïs dans des régions sans eau ! Ils ont sans doute reçu pour couper dans leurs questions un coupe-file pour le prochain Bal des Debs.

La voix de la France dans le monde (question piège) :
Talleyrand II constate chez ses partenaires une envie sincère de voir la France continuer à jouer un rôle moteur dans la construction européenne. C'est vraiment de l'acharnement.
Une pleine page de ce tonneau.
Ce n’est plus de la langue de bois, c’est toute la cabane en rondins.
Ma cabane au Canada !
Emigrez messieurs !

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