7 juin 2005

Le Quai en Quenouille

Après notre Lawrence d’Arabie de la Tarentaise qui a vaillamment défendu l’honneur de la coiffure française dans toutes les enceintes où l’on s’écoute soi-même parler, au point de friser l’incident diplomatique avec le premier nippon permanenté de sept à onze, la France de Choiseul et de Talleyrand vient de porter sous les ors du plus beau des palais de la République l’homoncule lourdais le mieux disant de l’équipe: Blazy-Douste dit Chan pour la mèche. Aubenas peut repriser ses chaussettes, c’est pas demain qu’on va changer de linge.

le docteur Posted by Hello


Quelle mouche a piqué le plus haut premier ministre que le pays n’ait jamais eu pour choisir si plat après avoir vu si flamboyant ? Il est de deux ans plus jeune que le Grand Barnier, et vu l’usure de la charge, ça compte, chère médème.

Après le séisme du 29 mai et ses répliques batave et anglaise, monsieur le chef de la diplomatie s’est essayé à la fonction en courant, non pas à New York, Londres ou Tokyo, mais à Strasbourg. Problème de langue peut-être. Et de nous rassurer dans une récitation mâchée à grand peine devant les micros tendus, que rien ne devait changer !

On continue donc la ratification de la constitution maintenue en vie dans les mêmes conditions que feu le Caudillo bien aimé, perfusion au formol, on ne touche à rien par respect pour ceux qui voudraient connaître l’opinion de leur peuple. Ce script est invendable même dans un jeu vidéo kirghize ! Quel gouvernement ayant signé l’acte final du Traité de Chamalières se plairait à recevoir la claque de sa mandature ? On me crie dans l’oreillette que Douste n’est pas là pour être intelligent – ah, je suis quand même rassuré, du moins pour Toulouse – Douste est chargé de porter à l’étranger la parole du patriarche, grignoté par la gangrène du suffrage universel.
On taille dans la craie de Corrèze le gisant du château de Bity. Il est assis comme Thomas Jefferson mais sans barbe et dans un canapé Lévitan, feuilletant de la main droite l’épaisse somme des réformes Fillon.

La corporation diplomatique européenne - il y en a quelques uns qui ont fait leur guerre - ploie sous l’hilarité générale et se téléphone pour monter le bizuthage du nouveau bouffon.

Je repasse son allocution de Strasbourg au scanner.
Il n’a pas plus l’air convaincu que moi dans ce qu’il débite ; et sitôt fait, tourne des talons et s’enfuit loin des questions. Blazy-Douste voulait un grand ministère, ils lui ont donné le manteau qui va avec, il marche dessus.

Nous la France, mère des arts, des armes et des lois, laboureuse et pastourelle, contemptrice infatigable de l’impérialisme évangéliste, allons affronter l’Empire de Dieu sur Texas à l’ONU avec pareil têtard de bénitier.
En face mesdames et messieurs, John Bolton chef de la délégation yankee, qui a tout appris dans les films de Van Damme et qui mange n’importe quoi de cru pourvu que ce soit tiède ; à sa gauche son patron, Condoleezza Rice, l’Ulysse Grant d’ébène, habillée comme lui jusqu’aux bottes, pianiste virtuose, soviétologue russophone de l’épaisseur de Carrère d’Encausse, parefeu bushien pour toutes questions exotiques ne pouvant exciter les neurones présidentiels, qui a plié Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz entre deux briques lors d’un fameux petit-déjeuner à la Maison Blanche.
Et nous, hormis Jean la Sablière, notre permanent à New York, qui par sa famille a des notions de travaux publics, nous avons le bon docteur Blazy-Douste qui avance à l’impulsion électromagnétique comme Lara Croft !

Comment pourra-on défendre les intérêts essentiels de la France en engageant en première ligne un politicien pourtant chenu, mais qui ne croit pas un mot de ce qu’il déclare, et qui ne peut servir que de fusible à un président en charge coutumière de la politique étrangère où d’évidence, il ne comprend plus rien. Que le pauvre lourdais ne soit pas à sa place est une chose, réparable. Que son maître se cramponne aux fanons de la mangeoire avec son secours, peut lui être reproché.

Peut-on se mettre en colère, docteur ?
Extrêmement mauvais pour le cœur !

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