15 sept. 2005

Ce Bolton qui nous veut du bien

Les Etats-Unis d'Amérique ont inventé la Société Des Nations pour éponger l'océan hémorragique de la Grande Guerre, puis l'Organisation des Nations Unies au lendemain de la Seconde pour tout simplement mettre un terme à la guerre comme mode de résolutions des conflits.
Le pare-feu a bien fonctionné avec l'aide de la terreur nucléaire entre grandes ou moyennes puissances, sauf petits dérapages comme la Guerre des Malouines ou la première Guerre du Golfe. Il n'a servi à rien dans le tiers-monde. Mais celui-ci en a bien vécu.

Contributeur à 22 pour cent des dépenses onusiennes, l'ambassadeur-cascadeur américain John Bolton tente comme c'est son droit de peser sur la réforme des institutions dans un sens qui convienne à son pays. Il a déposé 750 amendements au texte de la résolution finale. C'est un terrible !
On se souvient de la procédure houleuse de nomination que l'Administration Bush dut mettre en oeuvre pour imposer son choix. Bolton c'est tout (en pire) sauf un diplomate. Mais quand on prend la peine de lire le rapport de Paul Volcker sur les dérapages de la mission "Pétrole Contre Nourriture" où près de treize milliards de dollars de commissions furent détournés par le raïs irakien, on peut comprendre que certains n'aient aucune envie de péter dans la soie au Conseil, mais plutôt de nettoyer les écuries d'Augias, au kärcher. On s'étonnera à l'occasion de la déclaration de M. le Secrétaire général quelque peu éclaboussé par le scandale via son fils, qui a voulu préciser qu'il ne démissionnerait pas. L'homme a bien changé ! C'est un motif suffisant pour lui donner son préavis !

Communiqué ONU, 13 septembre 2005 -
Alors que les négociateurs du document final reprenaient aujourd'hui à 13h à New York leurs travaux, à la veille de l'ouverture du sommet mondial, l'ambassadeur des Etats-Unis s'est déclaré « encouragé » par les résultats accomplis ces dernières heures, notamment sur le terrorisme, les droits de l'homme et la gestion de l'ONU.
« Nous sommes encouragés par le résultat final. Nous avons obtenu des concessions sur un certain nombre de priorités, sur le terrorisme, les droits de l'homme et la gestion. Nous n'avons pas tout obtenu mais il s'agit d'une négociation à 191. C'est la réalité de l'ONU », a déclaré aujourd'hui le représentant des Etats-Unis, John Bolton, au siège de l'ONU.
« Nous sommes contents de ce premier pas, mais ce n'est qu'un premier pas et il reste beaucoup de travail à faire. Nous aurions souhaité voir bien plus tôt une discussion sur la réforme de la gestion », a ajouté le représentant américain.
« Quant aux réformes concernant la gestion de l'ONU, il s'agit d'une réforme réclamée par la Commission Volcker sur le programme pétrole contre nourriture et par le Secrétaire général lui-même » a-t-il précisé.
Interrogé sur les 750 amendements apportés tardivement à un texte qui avait déjà fait l'objet de longues négociations sous la direction du président de l'Assemblée générale, Jean Ping, John Bolton a indiqué que de nombreux amendements avaient déjà été apportés par sa mission mais qu'il avait souhaité les publier « par souci de transparence ». « Les autres Etats en ont profité et il fallait qu'ils en aient l'occasion », a-t-il souligné, en référence à la critique sur la réouverture des débats sur de larges pans du projet de document final, trois semaines avant le début du sommet.
Si nous parvenons à un accord, « nous parviendrons à une meilleure ONU », a-t-il estimé.

Trois domaines sont donc sur la table :

Le terrorisme :
A quoi sert-il de le condamner ?
Le terrorisme ça se combat par l'éradication pure et simple des terroristes où qu'ils soient, et par l'incinération dans une franche gaîté de leurs soutiens financiers, à défaut le séquestre de leurs avoirs expatriés ou nationaux. Il n'y a pas de circonstances atténuantes. Les minauderies du représentant français (encore lui) sont hors de saison quand la cadence moyenne d'abattage à Bagdad dépasse maintenant les cent victimes par jour.

Les droits de l'homme :
Dans ce monde imparfait il reste essentiel de les défendre partout, n'en déplaise aux défendeurs des devoirs de l'homme. Les violations graves que l'on constate toujours ici et là ne devraient pas aboutir à des embargos internationaux, encore moins à des conférences. Le traitement onusien de la question soudanaise au Darfour fut lamentable. Ces messieurs, y compris le Secrétaire Général, discutèrent des semaines sur la "qualification" des évènements alors que les populations civiles étaient soumises à des exactions innommables. C'est aux donneurs d'ordres qu'il faut s'en prendre. Ces présidents gras d'états maigres. Les bannir des enceintes internationales et les capturer par tous moyens pour jugement rapide. Leurs alter ego se calmeront très vite. Oui, c'est de l'ingérence.
Et dans ce chapitre on devrait s'attarder sur les moyens de coercition nécessaires au respect des droits de la femme en interdisant les tribunaux médiévaux du style de ceux qui sévissent au Nord-Nigéria, et par presque tout le monde musulman. L'application de la Charia est une honte, une injure à l'espèce humaine. Ceux qui la promeuvent à l'égard des femmes ne sont que des untermenschen.

La gestion de l'Organisation :
C'est finalement le coeur de la dispute !
Et ceci laisse mal augurer d'une meilleure efficacité dans les chapitres précédents.
Les états émergents revendiquent une place à la table du Conseil. C'est justice de la leur accorder. Les vaincus de la Seconde Guerre Mondiale en veulent aussi au motif qu'ils ont fini d'expier. On les comprend. Deux membres du Club très sélect des permanents, se sentent mal à l'aise : La France et la Grande Bretagne. Essentiellement parce ils ne font plus le poids ! Alors les manoeuvres de tous ordres s'exacerbent dans les couloirs de la tour de verre, sur la base d'argumentaires complètement faisandés en 2005, à fort relents coloniaux qui pis est. Que le Conseil de Sécurité ait du mal à se mettre d'accord et que le renforcement du nombre de participants n'aille pas dans le sens de l'efficacité, semble une remaque de bon sens. Mais pourquoi ne pas rebâtir la géographie désuète de cette table suprême en nommant les représentants permanents des continents et sous-continents :
Les Etats-Unis pour l'Amérique du Nord, le Brésil pour l'Amérique du Sud, l'Union européenne ou le délégué d'un triumvirat anglo-franco-allemand, la Russie, la Chine, l'Inde, le Japon et l'Afrique du Sud. Ca ne fait que huit membres. C'est gérable. Si l'on cherche un nombre impair, il faut rajouter l'Indonésie qui améliorera la participation du croissant vert.

Et plus de droit de veto ! Mais des majorités qualifiées pour 1/2, 2/3 ou 4/4 des voix ! On pourrait aussi pondérer par la démographie le nombre de voix de chacun.
Quant à la gestion quotidienne, elle est bien sûr améliorable. La meilleure façon d'y parvenir est le déménagement de tous les services dans une tour plus petite à cinq mille kilomètres de là. A San Francisco par exemple, berceau de l'ONU. Et d'en faire autant des sous-organisations hébergées en Suisse. Radical, garanti.

Bon, je me hâte, on m'appelle sur une autre ligne. Oui ? Koffi ?

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