12 sept. 2005

Gaza Strip

Que doit penser aujourd'hui Mahmoud Abbas, au lendemain du retour de la Philistie sous la souveraineté toute virtuelle que son administration exerce sur la Bande de Gaza ?
"Et maintenant, que vais-je faire ?"

Le territoire est livré à la convoitise des "fortunes" édifiées l'arme au poing sur fonds onusiens, arabes et européens, pour la mise en valeur agricole des fermes juives abandonnées, et le bétonnage de la côte en vue d'une éclosion prochaine d'une industrie touristique aussitôt qu'Israël aura cédé aussi sur la souveraineté maritime. Pour le moment, les foules cassent et pillent, les bandes marquent leur territoire ou l'agrandissent, la police palestinienne se prépare à sa propre survie.
La seule question qui vaille : Que va faire le Hamas ?
Va-t'il créer une micro-république islamiste sur cette étroite bande ?
Israël laissera-t'il faire dans le double but de gagner un prétexte d'incinération des malfaisants sans tri, et de déconsidérer les autorités de Ramallah qui semblent déjà hors-jeu.

Où se situe l'intérêt d'Israël ? Doivent-ils se diriger vers le compromis acceptable permettant l'éclosion d'un Etat palestinien viable par sa fusion économique avec l'Etat hébreu ? La compétition démographique est à leur désavantage.
Pour exister encore dans cent ans, doivent-ils privilégier leur pré carré sacré et hébraïser dans tous les domaines l'intra-muros du territoire qu'ils sont en train de découper nettement. Vu le poids technique et financier de la "clôture" il m'étonnerait qu'elle bouge avant des décennies. La clarification ethnique de type apartheid, comme la garde aux points d'eau, a de beaux jours devant elle. Plus ça change, plus c'est pareil. Pourquoi ?

Parce que la revendication au plus profond des coeurs palestiniens ne change pas, quelles que soient les déclarations officielles dont on précède le sens à chaque fois que parle un responsable, tant la rhétorique est usée. L'agneau de ce côté-ci de la clôture, le loup de l'autre.

Ici l'on se contenterait finalement de recouvrer la Palestine du mandat britannique avec quelques bantoustans juifs issus de la Déclaration Balfour. Pas moins ! On peut rêver !
Là, on préfèrerait un exode de ces populations malheureuses vers la Transjordanie sous le sceptre protecteur du roi Abdallah II, et la création d'un demi "Eretz Israël" aligné à l'ouest du Jourdain. On peut rêver !

Quand les adversaires s'adonnent au feu du débat comme on le vit à Genève fin 2003, passé le règlement de chicayas qui prennent quand même des jours de préparation, on bute sur deux points irréductibles que l'on contourne par la sémantique mais que l'on ne réduit pas.

Le retour des réfugiés qui fermente dans tous les camps de l'UNRWA est impossible pour les Juifs quelles que soient les précautions d'un éventuel traité, le territoire est définitivement trop petit "pour deux". La paix ouverte signifiera une immigration au compte-goutte sans fin.

La cession ou partition de Jérusalem est impensable pour une âme juive, même agnostique !

Que dire de la proposition d'un exode consenti et aménagé sur plusieurs décennies pour bénéficier du renouvellement des générations et l'apaisement des rancoeurs ? Il signerait tout bonnement la disparition du pouvoir politique palestinien, et les dirigeants en place s'y cramponnent quoiqu'il en coûte au petit peuple, puisque le débondage des crédits internationaux se rapproche ! C'est sans issue.

Voici la carte de l'utopie, qui a servi de base aux pseudo-accords de Genève, d'aucuns disent pacte, d'autres complot. (source carte Le Monde Diplomatique). Admirez les méandres et le mitage. Israel-Palestine

Dans les temps barbares (jusqu'au XXè siècle) les noeuds gordiens de ce type se tranchaient par la guerre. Elle aboutissait à un traité de paix où le vaincu passait sous les fourches caudines du vainqueur certes, mais tout finissait par s'arranger, même mal. Et la communauté des états impliqués ou simples observateurs en prenait acte.

Dans la dispute israélo-palestinienne, il ne peut y avoir de fin légalisée puisqu'il n'y a pas de guerre déclarée à finir; la Jordanie du roi Hussein ayant largué la Cisjordanie sans broncher, peu de temps après y avoir été battue, mais sans que le royaume ne soit mis à genoux par les Hébreux.
La Cisjordanie est devenue ainsi quelque sorte de res nullius, laissée aux convoitises des plus intrépides.

Et ce ne sont pas les résolutions répétées de l'ONU qui lui donneront plus de corps.

Alors Israël privilégie-t-il l'embrasement final d'un affrontement direct avec les composantes guerrières des partis palestiniens afin d'en finir une bonne fois ? Certaines choses laissent penser que derrière ce mur, on s'y prépare, maintenant qu’on a dégagé la main du piège de Gaza.

De l'autre côté on devrait le craindre. Les organisations fondamentalistes soufflent sur les braises. Et le Grand Gendarme Texan craint maintenant l'eau froide !

2 commentaires:

  1. Les petits propriétaires palestiniens qui retournent sur leurs terres craignent maintenant les vautours de l'administration palestinienne qui a bon compte espèrent se tailler des fiefs agro-industriels dans les zones "libérées".
    A quoi s'ajoutent les revendications du Hamas.
    Décidément le petit paysan arabe n'a aucune chance.

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  2. Ariel Sharon à l'Assemblée Générale de l'ONU
    "Les Palestiniens seront toujours nos voisins. Nous les respectons et nous ne souhaitons pas les dominer. Ils ont eux aussi droit à la liberté et à une entité nationale souveraine", a dit Sharon en hébreu. "C'est maintenant le tour des Palestiniens de prouver leur désir de paix", a-t-il néanmoins ajouté.
    Il a par ailleurs estimé que le retrait de la bande de Gaza constituait une "fenêtre d'opportunité" pour faire avancer la "feuille de route" pour la paix au Proche-Orient, conçue par le "Quartet" - Onu, Union européenne, Etats-Unis et Russie - et qui prévoit la création à court terme d'un Etat palestinien indépendant et viable aux côtés d'Israël.
    L'Autorité palestinienne passe aujourd'hui "son test le plus important", a-t-il ajouté, et doit d'abord, conformément à la "feuille de route", "mettre fin à la terreur et à ses infrastructures, éliminer l'anarchie des bandes armées et cesser d'inciter" à la haine contre Israël et les Juifs.
    "La fin du contrôle israélien sur la bande de Gaza permet aux Palestiniens, s'ils le veulent, de développer leur économie et de construire une société développée, libre, respectueuse de la loi, transparente et en adhésion avec les principes démocratiques", a poursuivi Sharon.
    A Gaza, les dirigeants palestiniens ont réagi au discours de Sharon en estimant que la seule solution résidait dans un retrait total israélien des territoires occupés.
    "Le problème ne peut être réglé qu'en mettant un terme à l'occupation qui a débuté en 1967", a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erekat, qui a réclamé la reprise des pourparlers avec l'Etat hébreu sur le statut de Gaza et de la Cisjordanie sur la base de la "feuille de route".
    Le Premier ministre israélien, qui a rencontré mercredi George Bush, a affirmé que le président américain était conscient qu'il ne fallait pas attendre dans l'immédiat de nouveaux progrès dans la mise en oeuvre de la "feuille de route". Sharon a, en outre, réaffirmé la volonté d'Israël de faire de Jérusalem réunifiée sa capitale "éternelle et indivisible." Les Palestiniens revendiquent quant à eux la partie Est, arabe, de la capitale conquise par Tsahal en 1967.
    Les blocages demeurent.

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