30 sept. 2005

Le Cep maudit de Noah

Tout commença dans les années 1550, après la création du monde.

Le Déluge était derrière nous, l'Arche posée sur ce qui serait un jour la Turquie, le soleil rappelé, et avec l'aide des pompes naturelles qu'actionnaient les shaddocks mésopotamiens, les eaux revenaient à un niveau convenable comme à la Nouvelle Orléans.
Se promenant sur ses terres détrempées, pom polom pom pom, le patriarche Noah découvrit dans une anfractuosité de rocher un cep de vigne, celle-là même qu'Adam avait volé en prenant congé du Jardin d'Eden au moment où l'ire de Yaweh obscurcissait sa vigilance. Trois coups de sécateur, pralinage des racines, on plante à bonne exposition, et ça pousse.le cep
Cinq ans plus tard par une nuit d'angoisse comme il en passe souvent au désert quand souffle la bise accourue des steppes barbares, Satan donna dans un rêve à Noah la recette du Beaujolais Nouveau. Et celui-ci, pauvre inconscient, de s'y mettre dès l'aube au souvenir de la vague promesse d'un enchantement inédit.
On foule, ça fermente, on presse, on goûte, on rectifie, on goutte, on rectifie, on goutte, on rectifie et quand la vinification fut au point - sous ces latitudes on peut faire du 14 sans expérience - le patriarche tituba jusqu'à sa tente où il entreprit de se dévêtir pour réjouir sa baronne. La Bible expurgea la tradition orale des détails qui font toute l'explication du monde d'aujourd'hui. Mais elle survécut dans la pinacothèque mentale des peuples sémitiques, et Steppique Hebdo vous la narre totalement.
Son fils Cham l'aperçoit par la portière entrebâillée et tente de l'empêcher de procréer dans cet état, en pratiquant une opération (les yeux de l'assistance à ce moment du récit se croisent en silence dans la yourte du chef disert). Il sort ensuite et raconte l'affaire à ses deux frères qui passaient par là, et ceux-ci de se précipiter pour tirer la couverture sur leur père ivre-mort.
Noah dégrisé se rendra compte du préjudice subi et maudira Cham en désignant à la colère divine son plus jeune fils Canaan, parce Cham bénéficiait de l'immunité donnée par Yaweh à lui-même et ses trois fils à l'époque de l'Arche. Ainsi fut-il disposé que les descendants de Canaan naîtraient avec les yeux rouges parce que Cham avait regardé la nudité de son père, et avec des lèvres boudinées parce que Cham avait prononcé des paroles malséantes à l'égard de son père. Sem et Japhet en revanche seraient récompensés pour avoir couvert la nudité patriarcale.

"Les descendants de Cham, qui deviendront les Nubiens, les Éthiopiens et les Yéménites seront amenés nus en captivité par le roi des Assyriens, descendants de Sem. Lorsque Gog sera soumis (la bataille promise par le prophète Ezéchiel n'a pas encore eu lieu au moment où nous rédigeons ces lignes), Yaweh procurera gracieusement linceul et sépulture à Japhet et à toute la multitude de sa postérité". Cela reste une énigme, Japhet étant retenu pour le fondateur des races européennes.
Sur ces bonnes paroles, Cham pas content, se retire avec sa famille dans la ville qu'il avait construite au nom de son épouse, Neelatamauk. Japhet construira la sienne qu'il nommera d'après sa femme, Adataneses. Sem, le seul à ne pas abandonner son père, construira une ville dans le voisinage, qu'il nommera d'après sa femme, Zedeketelbab. On me dit dans l'oreillette que ce n'est pas l'histoire des Trois Petits Cochons et qu'on les cherche encore, ces villes, et que la persévérance paie toujours.
Persévérons.
En l'an 1569 (après la création du monde), Noah, comme Charlemagne plus tard, divise sa terre entre ses trois fils par tirage au sort de la main d'un ange à défaut d'avoir trouvé une main innocente dans la tribu. Le lot de Sem portera le nom du Centre de la Terre. Cham héritera du Sud et Japhet du Nord. Les trois fils de Noah repartiront leur héritage parmi leurs nombreux enfants en cent-quatre pays et quatre-vingt-dix-neuf îles parmi les soixante-douze nations, chacune ayant sa langue propre et utilisant seize différentes sortes de caractères pour l'écriture. Certains pensent qu'on avait fait appel déjà à un mandarin chinois pour simplifier les donations.

Puisque tout est écrit, le pays destiné à constituer plus tard l'héritage des douze fils de Jacob sera provisoirement attribué à Canaan, Zidon, Heth le Jébusite, les Amorites, les Girashites, les Hivites, les Arkites, les Sinites, les Arvadites, les Zemarites et les Hammadides en attendant Jacob. Du vivant de Noah, les descendants de Sem, de Cham et de Japhet, nommeront des princes. Nimroud gouvernera les descendants de Cham, Joktan les descendants de Sem et Phenech les descendants de Japhet. Vous connaissez la suite.

Un jour viendra où dans la descendance de Sem surgira la patriarche Abraham et toute l'affaire se répètera entre ses deux fils, mais sans ivresse cette fois.
Ismaël l'aîné, fils d'Agar la jeune et belle esclave, se tord de rire, l'imprudent, à la naissance de son frère Isaac, fruit de Sarah la patrone alors ménopausée depuis des lustres. Il se retrouve chassé du camp, lui et sa mère. Il en gardera une dent, et sa descendance aussi. Car à cette époque déjà, on notait tout ! Le fils d'Isaac c'est Jacob qui vola son titre à Esaü profitant de la cécité du vieux.
Jacob ? La bouche est bouclée. Pas celle d'Ismaël !

La branche ismaélienne de la race de Sem comme la descendance d'Isaac, conserveront génétiquement des réminiscences de la vigne de Noah. C'est prouvé. Et les fêtes se termineront souvent en beuveries comme à Cana, même en présence du Messie gaulois* que Yaweh envoya le jour de Noël pour racheter les hommes de la terrible malédiction d'Adam et de Cham.
Puis un matin surgira de la poussière de l'Arabie heureuse un prophète abstinent qui supprimera l'alcool de tables bédouines pour des motifs qu'il serait trop long d'énumérer ici. Mais cela modifia-t-il l'ADN de ses auditeurs ? Il est permis d'en douter. La prescription fera quand même bien du chemin puisqu'on la retrouvera sur la côte Est des Etats-Unis entre les deux guerres jusqu'à devenir une guerre elle-même appelée Prohibition. De nos jours encore, certains sectateurs de Mahomet mouille le CocaCola d'additifs prohibés, dès qu'ils ont les moyens de mettre des canards polychromes sur leurs étangs. Seuls les vieux pieux couverts de la calotte en dentelle du Puy s'abstiennent vraiment.

Il est des doutes qui font rire. Le regretté Abou Ammar avait un faciès sympathique quand il s'adressait à l'Occident protecteur, mais terriblement hépatique quand il redevenait sérieux. Les tremblements de main étaient-ils dus à Parkinson ou à quelque exagération dans la lutte contre le vers solitaire qui, chacun le sait, ne supporte pas l'alcool de menthe. La cascade de diagnostics est révélatrice. Ce malheureux otage de Sion serait mort d'un désordre interne inconnu. Ce qui dans le cas d'un chef d'Etat même à construire, est proprement inouï. Comment faire l'histoire si l'on se contente d'énigmes. Que JF Kennedy ait été tué sur contrat non identifié passe encore, il est mort, mais le raïs des Palestiniens lui est encore vivant au plus profond de leur coeur !
Après la grippe qui le terrassa à Ramallah, les mauvaises langues de la CIA diagnostiquèrent devant leur écran de télévision, un Sida, oubliant que ce n'est pas une maladie en soi mais un déclencheur de désastres. Le rapport médical officiel transmis par l'hôpital militaire français fait 558 pages sans donner la cause exacte de la mort. Les fiches de traitement hospitalier, résultats d'analyses et autres graphiques sont archivées et inaccessibles, les Français se retranchant sur ordre de la famille, derrière le secret médical. On ne parle que de disparition des plaquettes du sang, de l'entrée dans le coma et d'hémorragie cérébrale ayant éteint le patient progressivement. Mais tout finit pas suinter, le coma sans doute hépatopathique, aurait eu tous les aspects du type cirrhotique avancé.
Ce fameux poison israélien que la rumeur colportait par toute la Palestine, n'était-il finalement qu'une addiction funeste infusée intentionnellement à son insu, par une taupe dans son entourage ? Rappelez-vous, lecteurs fidèles, la descendance d'Isaac n'a pas de prévention à l'endroit de ces jus fermentés par le diable !
Skhoal ! Yasser !

(*) Cette thèse gauloise est soutenue par certains descendants de Japhet qui peuplent encore la France.

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