13 sept. 2005

L'humour du Château

Nous avons appris le même jour (ce tantôt) que Jacques Chirac avait lancé un blogue personnel sur la Toile le 2 mars 2005 puis, que ce blogue était en fait un faux-blogue humouristique - donc que son éminence y était bien évidemment étrangère depuis qu'on ne blogue point sur prompteur -, et qu'enfin notre libérale excellence de président pour rire avait fait fermé le dit-blogue par une lettre officielle du 20 mai 2005, sommation dont nous vous passons copie pâle.

Le portail du site défunté le 24 juillet est attrayant, son cadavre bouge encore en ligne, et pour avoir parcouru en travers presque six mois de posts, j'en ai apprécié l'humour.

C'était bien sûr trop demander au monarque de notre satrapie que de laisser courir les bouffons. Il faut beaucoup de hauteur d'âme et de recul pour laisser faire, sinon que l'agresseur soit redoutable par son pouvoir de nuisance comme le sont les Guignols de l'Info de Canal+.

Mais un petit blogue de merde, individuel et portatif, ça ne peut résister à première injonction, il y a tant d'armes dans la main du pouvoir !

Pour changer d'air, je suis allé faire un tour chez les fachistes évangélistes et pas moins néo-cons, afin de mesurer la profondeur de l'espace qui nous reste dans le tunnel médiatique avant le goulag de Guantanamo ! Et j'ai compris pourquoi à New York, ils repeignent régulièrement leur statue de la Liberté !

Le site intéressant s'appelle tout simplement The White House et le portail est remarquable ... d'acidité avec agenda présidentiel, sponsors séoudiens, liens commerciaux, etc., et même un espace pour contribuer (réellement, mais si, mais si) à la Croix Rouge américaine ! Ceux qui maîtrisent le globish se régaleront. Les autres attendront l'édit de Caracalla et l'américanisation forcée qui point. Mais le trombinoscope du gouvernement est accessible à la page "Bush Administration" sans comprendre.

En échantillonnage, nous vous passons le début d'un article, publié le 9 septembre :

Prière du Président pour l'unité de l'Amérique derrière l'hyper-compétence de son gouvernement face au minuscule hoquet de la Nouvelle Orléans.

THE PRESIDENT: Are you there God ? It's me, George.
I want you to know, that per my election strategy, I will pass up no opportunity to been seen looking to you for guidance and/or forgiveness. Remember that time near my 40th birthday, when I got so ripped on Tequila bombers that I stumbled home and thought Laura's underthingy drawer was the head? You forgave me then. You forgave me for all the little silly crappy selfish cokehead Princely mistakes I've made over the years – like fixing votes, strong-arming anyone who thinks off-script, starting wars, leading by dividing, running the country into the ground like the greatest DUI in the history of forever, and all the rest. You know. Well, if you forgave me then...how about one more time?
I know I shouldn't have been honest and flaunted my contempt for that part of the populace I always thought my momma made up just to scare me during bedtime stories. And I know I look like I could care less about this stupid hurricane and all the mega-bummer screw-ups that came with it. And now I'm being punished. One might say...martyred? All these folks being braised to death is a mighty sad thing, I'm told. Know what I'm saying? If not, ask your Son. He knows what it's like to be misunderstood.
So please forgive me for being me. I'm only the most powerful man on the face of the earth.
......
Vive l'Amérique, donc !

Dans les heures qui viennent, Galouzeau de Villepin sera à l'ONU pour jouer le siège permanent de la France au bonneteau diplomatique, et expliquer en même temps à ces Américains gourmands d'enfantillages, ce que sont la liberté universelle, la vraie culture, le droit des peuples et des nations, le bon usage de la fourchette et du couteau et l'ordre impéccable des verres en cristal devant l'assiette, tels que les entend la patrie des Lumières ! Le tout pour dauber à bon compte sur le dos de notre ancien allié et collecter les applaudissements du tiers-monde, à insérer plus tard dans la vidéo de sa campagne présidentielle de ...... 2012 !

Viva la libertad ! Euh ... c'est de l'humour ! Pas sur la tête ! Pas sur la tête ! M'enfin !

1 commentaire:

  1. Monsieur Catoneo,
    Jean Raspail pour un édito vieux de 15 mois qui veut défendre la "souche de la nation" est cité à comparaître. De Villiers pour un coup de gueule maladroit contre l'islamisation, itou.
    Dans le premier cas, il s'agit d'un constat. Dans le second d'un vulgaire propos de campagne.
    La liberté est en fuite ici.
    Karen P.

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