11 sept. 2005

Poésie gratuite


Nous renouons le fil de notre série poétique.
En souhaitant que la fébrilité des actualités ne le brise pas.

Les vieux abonnés du brûlot-à-tirer connaissent les haïku, renku et autres poèmes brefs du Japon, souvent très visuels ou sonores. Ces poèmes de quelques trois ou quatre lignes obéissent à des règles de construction strictes, sous peine de décapitation au katana !
Même le président Schrek s'en régale !

La Chine, mère des arts d'Extrême Orient, produit les siens depuis l'aube du monde dans le plus parfait désordre, se gaussant des rigidités caporales du Soleil Levant. L'épaisseur de l'émotion y gagne parfois.

Voici six classiques tirés des trois cents que tout honnête Chinois doit connaître.


La lune s’arrache des montagnes
Nimbée de nuages
La bise siffle sur des lieues
Et court aux portes de la frontière

( Li Bai )


Le dormeur au printemps ne voit pas l’aube
Partout on entend les oiseaux chanter
La nuit bruisse de la pluie qui tombe
Combien de fleurs seront tombées

( Men Ho Yin )


Le soleil s’accoude à la montagne
Le fleuve jaune fuit vers la mer
On se crève les yeux
A monter au sommet

( Wang Zi Huan )


Le dormeur au printemps ne voit pas l’aube
Partout on entend les oiseaux chanter
La nuit bruisse de la pluie qui tombe
Combien de fleurs seront tombées

( Men Ho Yin )


Au bord du fleuve froid le saule encore enneigé
Les arbres poussent leurs fleurs pour fêter le printemps
Le ciel lui-même est en beauté
Et les soucis des hommes demeurent

( Jiang Zeming )


J’aime le calme en viellissant
Ne m’occupe de rien
Je sais n’avoir pas de remèdes aux maux du pays
Plutôt se retirer au fond de la forêt
Jouer de la musique sous l’aquilon des pins, à la lune
M’en demanderez-vous la raison,
Le chant du pêcheur au plus profond du fleuve

( Wang Wei )


Les textes originaux, calligraphiés sur papier de riz et roulés, sont disponibles à la petite boutique Fuyama, au 23 de la rue Duret, près de la Porte Maillot à Paris.

Pour quelques 50 euros vous repartez avec une oeuvre d'art.
Sioux !

Mais on s'exerce aussi chez nous :

Rien n'est si un autre ne fut.
Et la Réalité ne naît
Que si le Rêve a disparu.

( Arouez, druide )

Bon d'accord ...

2 commentaires:

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