14 sept. 2005

VOLKOFF est mort !

Volkoff
L'écrivain Vladimir Volkoff est mort hier soir.
En hommage et pour éviter de se répandre, nous publions son plaidoyer pour la Serbie de 1999. Un oeil différent.

SOYEZ MAUDITS

Nous nous trouvons aujourd'hui, en 1999, à un des croisements de l'Histoire, et cela n'est pas dû à un changement apparent de millénaire (en réalité, le XXe siècle ne commencera qu'en 2001), encore qu'une angoisse apocalyptique et un espoir millénariste conspirent pour prêter à cette date un sens qu'elle n'a pas et, par conséquent, lui en contèrent un.

Ce qui se déroule sous nos yeux, aussi bien pour des raisons concrètes que pour des motifs fumeux et probablement fumigènes, c'est l'abandon d'un système d'organisation de la planète au profit d'un autre, ou plutôt d'une façon de concevoir l'organisation de la planète au profit d'une autre, entièrement nouvelle, tenant à la fois de la sciencefiction et de la politique-fiction.

L'Antiquité a connu des cités, des peuples, des royaumes, des empires ; le Moyen Âge a inventé la féodalité ; les temps modernes ont fait apparaître les nations, et, à travers toutes ces charpentes diverses, apparaissait la notion de souveraineté, difficile à définir mais essentielle pour les relations humaines.

Cette notion était rendue indispensable par trois réalités :

l'homme n'est ni tout bon ni tout mauvais, mais il est égoïste ;
l'homme est sociable;
les hommes se répartissent en groupes qui, pour diverses raisons climatiques, ataviques, physiques, religieuses, superstitieuses, que sais-je, ont des moeurs différentes de celles de leurs voisins.
En d'autres termes, le " je " de l'individu se sublime naturellement dans un " nous " qui lui assure une certaine sécurité et même un certain confort, mais, pour garder toute son efficacité, ce " nous " ne peut pas s'étendre à toute l'espèce humaine sous peine de transgresser ses propres fondements. Ce " nous ", qui se définit par son opposition à d'autres " nous ", aboutit à la notion de souveraineté perçue comme sacrée par chacun des " je " qui le composent, parce que le " nous " est plus consistant que la somme des " je " individuels, et, par conséquent, se voit traité par les autres " nous " avec plus de respect et de circonspection que ne le serait un conglomérat de " je ".

Il est possible que, devant une invasion de Martiens, qui, eux aussi, diraient " nous ", les hommes se trouvent un " nous " s'appliquant à tous les humains, mais, aussi longtemps que c'est à d'autres hommes que les hommes s'opposent, la chose paraît prématurée.

Bien entendu, au cours de l'histoire, certaines souverainetés ont changé de forme, d'autres ont été écrasées ou vidées de leur substance, quelques-unes ont délibérément renoncé à elles-mêmes, soit pour se mettre sous la protection d'une souveraineté plus puissante, soit pour se fondre dans une souveraineté plus étendue, mais, à travers toutes ces transformations, le principe de la souveraineté, absolue dans un certain espace reconnu comme tel par tous ses voisins, compte tenu de quelques querelles de bornage, demeurait intangible.

Les peuples respectaient celle des autres peuples pour qu'ils respectassent la leur. Rares ont été les massacres d'ambassadeurs ou de messagers d'une puissance, même ennemie. Des organisations supranationales comme la Cour internationale de La Haye, la Ligue des Nations ou l'Organisation des Nations unies se sont toujours fondées sur l'association de nations dont la puissance relative variait à l'infini, mais qui demeuraient foncièrement égales par la souveraineté. Lorsque, en 1945, le Liechtenstein refusa de livrer à l'URSS les ressortissants russes qui se trouvaient sur son sol, il le fit en tant que nation souveraine (libre aux États-Unis et à la Grande-Bretagne d'en livrer deux millions) - et l'URSS n'osa pas insister, elle qui, tout en intégrant l'Europe de l'Est dans ses kominforms, ses kominterns et ses pactes de Varsovie, conservait le mythe de la souveraineté de ses propres satellites. Même en Hongrie, l'URSS n'intervint qu'après s'être assurée qu'une pseudoHongrie, dont elle avait, au préalable, reconnu la légitimité, l'appelait au secours.

Or, nous assistons aujourd'hui à des tentatives successives et délibérées de transgression du principe de souveraineté, et cela au nom d'un principe nouveau, mondialiste et moralisateur, qui se présente sous la forme du " droit " ou du " devoir - d'ingérence humanitaire ", qui a d'ailleurs été expressément condamné par la Cour internationale de justice de La Haye (1949): " Le prétendu droit d'intervention ne peut être envisagé que comme manifestation d'une politique de force, politique qui, dans le passé, a donné lieu aux abus les plus graves. "

François Broche, dans son livre Au bon chic humanitaire, reproche à l'humanitaire de se nourrir de la faim, de s'appuyer sur le mensonge, de se fonder sur le chantage.

En effet, le point de départ d'une opération humanitaire est toujours le malheur humain, et son objectif apparent est de le soulager. Mais en réalité la " charité-spectacle " asouvent bien d'autres buts, tenant aux intérêts pécuniaires ou politiques des producteurs, et, au besoin, s'il n'y a pas assez de malheur là où l'on veut aller " faire de l'humanitaire ", on en inventera: Rony Brauman, président de Médecins sans frontières, donne l'exemple de Vukovar: " Cette ville n'avait strictement aucun besoin. On a créé un besoin humanitaire, de toutes pièces, et puis on y a répondu. " Le chantage, lui, consiste à jeter le discrédit sur quiconque ne participe pas à l'opération.

Trois tares s'attachent, d'après M. Broche, à l'humanitaire : le voyeurisme misérabiliste, la concentration artificielle de toute l'attention sur un seul problème alors qu'il y en a d'autres - on déshabille Pierre pour habiller Paul -, et le secret relatif qui s'attache à la fois au dessein réel des opérations et à l'utilisation des fonds.

Le voyeurisme est sans doute l'élément le plus malsain des trois. Les journalistes n'en font pas mystère. Un Américain de Los Angeles écrit: " C'est quand quelqu'un meurt que ça se vend le mieux. Si vous montrez la souffrance, l'audience grimpe. Et, si l'audience grimpe, c'est bon pour la pub qui vient juste après. " Et le reporter Jean-Claude Coutausse ne mâche pas ses mots non plus: " Sans le savoir, nous faisons du casting car nous cherchons les scènes les plus émouvantes. Il n'y a rien de plus photographique que des squelettes. " Derrière quoi François Broche voit se profiler une exploitation politique : " Seule la "force de l'insoutenable" imposera l'intervention dite humanitaire ; les malheurs de la planète doivent être "popularisés" non pour qu'il y soit mis fin mais pour cultiver les remords de l'Europe. " À vrai dire, il ne semble pas qu'une seule opération humanitaire ait été réussie, peut-être parce qu'elles sont toutes parties d'une intention parfois impure, parfois exagérément naïve et toujours mal définie. Voyez les élucubrations d'un Roland Dumas: " La première phase de l'action consiste à ouvrir des couloirs humanitaires par la force... ; une fois ce travail accompli... les bandes chassées et désarmées dans une deuxième phase les Casques bleus quadrilleront le pays et prépareront la troisième phase de réconciliation nationale pour reconstituer un État. " Aussi simple que ça. Bref, " seul le geste importe, il faut "faire quelque chose", n'importe quoi de préférence ", affirme Alain Destehxe.

Médecins sans frontières, l'organisation humanitaire par excellence, constate: " Il est pénible d'affirmer que l'aide peut opprimer plus qu'elle ne sauve, mais c'est bien le cas de l'Éthiopie actuellement. " Pas de l'Éthiopie seulement: en Somalie " l'intervention armée des Nations unies a renforcé l'insécurité et réduit l'espace humanitaire ". Et au Rwanda: " L'intervention Turquoise... a créé plus de besoins qu'elle n'en a résolu. " Lhumanitaire international échappe au contrôle des meilleures volontés : " En dépit de silences tantôt gênés, tantôt scandaleux, il est établi que les opérations meurtrières de déplacements forcés de populations sont facilitées par l'aide internationale. " Il ne faut pas se leurrer: " L'action humanitaire est souvent considérée comme un facteur de paix. C'est une illusion. En réalité, elle s'inscrit dans un cycle de guerre. "

Nous y voilà. Misant à la fois sur la compassion naturelle à l'homme et sur le désir du populaire de " pleurer les larmes des stars ", les partisans de l'ingérence humanitaire jouent un jeu dangereux qui, tôt ou tard, débouche sur la contrainte et la violence. Les meilleures intentions du monde n'y font rien. François Goetz a raison de dire que " l'ingérence et l'action colonisatrice ont des points communs et des risques communs ".

Le principe de l'ingérence, disons-le tout de suite, pourrait n'être pas choquant s'il se faisait au nom de la fraternité de tous les hommes, mais la fraternité suppose une paternité - Gabriel Marcel l'avait déjà vu - c'est-à-dire une foi en un Dieu personnel. Tel n'est pas le cas. Le droit d'ingérence s'exerce au nom des droits de l'homme, et, si l'ingérence se présente généralement comme une protection du plus faible, elle ne peut être pratiquée efficacement que par le plus fort, dont les critères, les mobiles et les méthodes seront toujours sujets à caution. Donner les brebis à garder au loup n'est pas en soi une solution satisfaisante.

Le principe de la souveraineté avait l'avantage, même dans les tyrannies les plus horribles, de circonscrire le mal à l'intérieur d'un territoire et d'une nation. Le principe d'ingérence risque de communiquer la contagion au monde entier.

Il n'y a d'ailleurs que peu d'années que les termes d'abord " droit " puis " devoir " d'ingérence, l'un poussant l'autre -se sont subrepticement introduits dans notre façon de penser. Naguère, ils auraient été repoussés avec horreur par les gouvernements les plus totalitaires comme les plus démocratiques. " Charbonnier est maître chez soi " paraissait un adage inviolable pour les nations.

Le XIXe siècle aura été celui des nationalités, le XXe celui des nationalismes, mais certains des excès assez récemment commis par des États totalitaires, dans le cadre d'une souveraineté que leurs voisins continuaient à respecter ou du moins à tolérer, ont donné mauvaise presse à l'idée de nation - idée née pourtant au XVIIIe de la sacro-sainte Révolution française.

Maurras avait eu l'heureuse idée de distinguer le " national " (fécond) du " nationalitaire " (agressif), et de Gaulle, encourageant les Allemands à être fiers de l'Allemagne, n'était pas loin d'adopter comme devise " Nationalistes de tous les pays, unissez-vous ". Mais le nazisme, fondé sur la notion de race et non pas de nation, associa abusivement le terme " nationaliste " au terme " socialiste " et fit un si mauvais usage des deux qu'il a rendu le premier adjectif honteux à tout jamais, alors que, on se demande pourquoi, le second demeure tout à fait sortable. Depuis lors, une campagne ininterrompue a tenté de rendre tous les nationalismes odieux, si bien que l'amour de la patrie, qui a toujours été considéré comme l'une des premières vertus, passe maintenant pour un des plus grands vices, sous prétexte qu'on y voit davantage un rejet des autres qu'un dévouement aux siens.

Il est permis de penser que ce n'est pas là une opération de logomachie tout à fait innocente. En tout cas elle profite au mondialisme, c'est-à-dire à toutes les communautés politiques ou mercantiles qui prétendent outrepasser les frontières nationales.

D'où ce que Marie-France Garaud a appelé avec raison " l'alibi humanitaire ".

Les nations européennes semblent prêtes aujourd'hui à renoncer d'elles-mêmes à leur souveraineté pour s'amalgamer en de grands ensembles. Les motifs des unes sont plus clairs que ceux de certaines autres.

On comprend l'Allemagne, qui vise à reconstituer le Saint Empire par l'assimilation des pays avoisinants: elle est réunifiée, elle intrigue dans les pays Baltes, elle a reconnu avant tout le monde la Slovénie et la Croatie. L'Union fédéraliste des communautés européennes, installée à Flensburg, envisage même une restructuration de l'Europe par régions où seule la langue originelle déterminerait l'appartenance, si bien que la communauté francophone, par exemple, perdrait l'Alsace, la Catalogne, la Corse, la Bretagne et le Pays basque, tandis que la communauté germanophone comprendrait, outre l'Allemagne et l'Autriche, l'Alsace, la Suisse alémanique, le Luxembourg, le Liechtenstein, et, qui sait, les Pays-Bas et la Flandre. Tout cela est cohérent.

On comprend aussi la Grande-Bretagne, qui, entre autres pour ses propres raisons également linguistiques, se voit déjà comme une petite étoile de plus sur le drapeau américain.

On comprend peut-être moins le Todwunsch qui semble aujourd'hui être celui de nombreux Français et qui a apparu si clairement dans l'aveuglement avec lequel la France a suivi les États-Unis dans le guêpier balkanique. Nous sortirions de notre sujet, qui n'est pas politique au sens strict du terme, si nous essayions d'analyser les motivations, pour nous aberrantes, qui ont conduit un président de la République et un Premier ministre français appartenant à des partis opposés à adopter une attitude commune manifestement aussi contraire à l'honneur et aux intérêts de la France que favorable aux intrigues de l'Amérique. Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous, et, tout en tenant compte de l'alibi moral et de l'alibi humanitaire (pour ce qu'ils valent), en n'oubliant non plus ni la myopie politique de certains ni la servilité naturelle à d'autres, il semble bien qu'une sorte de folie se soit emparée de nos cercles dirigeants, qui se sont crus obligés de " faire comme tout le monde " : la mode est aux pots-pourris, et malheur au poulet qui ne veut pas sauter dans la marmite.

En apparence, deux pots-pourris nous sont proposés: le mondialisme à l'américaine ou l'Europe fédérale, dont la mission serait de contrebalancer les Etats-Unis par une puissance économique comparable. En réalité, comme nous l'avons vu, l'OTAN est le maillon manquant qui, en créant la " région euro-atlantique ", de deux pots-pourris n'en fera qu'un, tandis que l'Europe fédérale, qui prive les diverses nations européennes de toute possibilité d'avoir une politique étrangère indépendante sans s'être donné les moyens d'en avoir une qui lui soit propre, ne saurait être, nous semble-t-il, que le marchepied du mondialisme.

Au XIXe siècle, Tocqueville prophétisait déjà: " Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs... Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire... Il est absolu, détaillé, régulier, prévenant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle, si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril, mais il ne cherche au contraire qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance. "

Cependant, tout, en cette fin sanglante du deuxième millénaire, est un jeu de souverainetés : l'américaine, en plein épanouissement, ambitionnant de s'étendre à la planète entière ; l'européenne, apparaissant aujourd'hui comme mortnée ; celle des divers pays d'Europe, délibérément suicidée ; et la serbe, qui a l'impudence de résister et doit par conséquent être annihilée parce qu'elle donne le mauvais exemple.

C'est là qu'on aurait aimé voir jouer par la France un rôle un peu plus relevé que celui de ses voisins et nul doute qu'elle ne l'eût fait, si les désinformateurs avaient moins bien travaillé.

Si les images présentées à l'opinion publique n'avaient pas montré presque uniquement les malheurs des Albanais et le courage des Albanais, mais aussi les malheurs et le courage des Serbes, si les atrocités albanaises n'avaient pas été systématiquement passées sous silence tandis que les " atrocités " serbes étaient démesurément grossies et montées en épingle, si l'aspect juridique de la question avait été librement discuté au lieu d'être soigneusement mis sous le boisseau, il est probable que les Français, qui répugnent généralement à s'en laisser conter, auraient été favorables à une ferme neutralité et à une médiation conforme à notre tradition, qui aurait été bien reçue partout parce qu'elle se serait inscrite dans une amitié longue d'un siècle.

À nous les Français et, par contrecoup, aux autres Européens, elle nous aurait permis de prendre un gage sur notre liberté future, et, comme l'écrit Max Gallo: " Quant à la France ? Elle avait toutes les cartes pour proposer des solutions politiques à ces drames. Mais, comme le disait de Gaulle en août 1976: "Pour que la France ait prise sur la paix en ce qui la concerne et autant que possible en ce qui concerne les autres, il lui faut l'indépendance." "

Au lieu de quoi nos dirigeants ont préféré monter le guet-apens sordide de Rambouillet. Oui, les chasses présidentielles avaient été rouvertes en mars et les invités ont chassé au gros, c'est-à-dire au Serbe.

Comme il est loin déjà, ce voyage éclair que j'ai fait à Belgrade au début d'avril, pour avoir ma part de bombes, et que j'ai évoqué au début de ces pages ! J'avais remarqué, à cette occasion, qu'outre le restaurant MacDonald les centres culturels des divers pays de l'OTAN avaient souffert du désespoir qui s'était emparé des Serbes, et, plus que les autres, le centre français, ce qui n'est que justice: plus profonde l'amitié, plus cruelle la trahison. Les graffiti qui en souillaient les murs, sans être du dernier raffiné, n'en étaient que plus riches d'enseignement.

" Vous êtes des putains ", lisait-on, et, si dur qu'il soit de l'avouer, il est vrai que la République française n'a pas été un modèle de vertu dans ses relations avec les cow-boys.

" Chirac poule mouillé " (et tant pis pour l'accord du participe), dominait ce centre où tant de Serbes s'étaient quotidiennement rendus avec la tendresse qu'ils portaient à leurs pobratim français, leurs frères par le choix, et il serait difficile de soutenir que le président de la République française ait fait preuve en l'occurrence d'une indépendance d'esprit sortant de l'ordinaire.

Il faut bien voir que, dans cette histoire, nous sommes devenus, par la grâce de nos gouvernants, des collabos, sans aucune des excuses des collabos qui se trouvent en territoire occupé. Collabos par une espèce de masochisme du déshonneur. Car enfin, " nous autres Français ", comme aurait dit Bernanos, qui nous forçait à bombarder, la main dans la main avec les petits-fils des Allemands de la Luftwaffe quittant pour la première fois le piquet de l'Histoire, les petits-fils de leurs ennemis et de nos frères d'armes, tchetniks et partisans ?

Oui, je sais que je blesse mon lecteur. C'est parce que je suis blessé moi-même. Au plus vif. Régis Debray n'a-t-il pas été blessé aussi lorsque, demandant à un Serbe pourquoi son gouvernement cherchait à négocier avec l'Amérique et non avec la France, il s'est entendu répondre : "Il vaut mieux parler au maître qu'à ses domestiques"

Mais, sur les murs du centre culturel, il y avait pis que putain et que poule mouillé. Il y avait " Soyez maudits "." Soyez maudits " a fait courir un frisson dans mon dos.

Car cette malédiction, montée des entrailles d'un peuple amoureux de nous et livré par nous à des ennemis cent fois plus puissants que lui, des ennemis dont nous avions inexplicablement choisi de faire partie, peut n'être pas vaine. Écartons pour le moment les motifs mystiques, ne voyons que les historiques. Ce que nous n'avons pas fait pour la Serbie, personne ne le fera pour nous quand nous courrons des dangers. La justice immanente de l'Histoire risque de nous humilier et de nous écraser comme nous aurons écrasé et humilié les Serbes.

La Serbie est un microcosme. Ce qui se passe aujourd'hui en Serbie risque de se passer ailleurs dans le monde et peut-être partout dans le monde.

La Serbie nous a donné une leçon magistrale. Il serait peut-être temps d'essayer de la comprendre.

À moins qu'il ne soit trop tard ?

RIP.

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