13 oct. 2005

Le Kamikaze Inconnu


Le juge Bruguière dit Legros à la Piscine nous annonce - tout content de le dire - un gros vacarme ce nonobstant les mesures sarkoziennes de mise en sûreté du territoire. M. le Juge C’est le Groupement pour la Prédication et la Prière ou quelque chose d'approchant qui serait l'Hydre de Lerne.
Et pour la simple histoire du fichu des lycées, qui nous en voudrait à mort ! Il y a des gens qui sont payés au mois pour trouver ce genre de piste. Le problème est que ces groupes malfaisants n'appliquent pas la Convention de Genève et se battent sans uniforme. Il est donc extrêmement délicat de s'en saisir, puisque à première comparution, il n'avoue ni prêcher, ni prier, encore moins jouer au petit chimiste dans le squat africain là-derrière.
Par contre ces investigations donnent la matière nécessaire à la rédaction d'ouvrages grand public permettant de familiariser le contribuable avec la quête du graal-qui-pète-tout-seul.
Parce que le constat est très bref dans la livraison qu'en assure les spécialistes : "le kamikaze est imparable !"

D'accord, je prend l'avion pour Tahiti mais au dernier moment, profitant de ce que le TPV de l'agence de voyage refuse ma carte American Express - sans doute volée, me susurre la jolie beurette coincée qui débite du rêve - je m'avise que l'indépendance-tcha-tcha est en chemin là-bas aussi et qu'après dix daïquiris, ils sont bien capables ces pêcheurs de perles, de se faire sauter pour rire !
Aussi regroupé-je mes esprits vers la question centrale : C'est quoi un kamikaze.

Il s'appelle Abou Assad, pas le kamikaze, mais celui qui le connaît. Il lance sur les écrans son film "Paradise Now !" que la distribution française traduira peut-être par "Au Ciel, Au Ciel, Au Ciel, J'irai la voir un jour !"
Un jeune Palestinien y enregistre sa dernière vidéo, qui dévie du script imposé par l'Organisation quand à la fin il se souvient d'un message qu'il a manqué de passer à sa mère. " Maman, avant que je n'oublie (sic), j'ai vu de vrais filtres à eau au marché de Mokhtar, pense à en prendre la prochaine fois". Ca fait un peu mal sur le moment.

Abou Assad a discuté avec des rescapés (certaines bombes sont défectueuses) et des volontaires non encore chargés. Il ne pouvait qu'attendre des fanatiques impitoyables, ivres du sang de leur ennemi, rien moins. Y-en-a-t'il vraiment ? Sans doute. Mais le plus surprenant est de rencontrer dans cette mouvance mortifère des gens ordinaires, très ou trop ordinaires. Des petits manoeuvres, des vidangeurs en station-service, des types sans un rond qui s'ennuient. Leurs motivations profondes derrière les déclamations mécaniques sont triviales.
Celui-ci veut restaurer l'honneur de la famille à jamais tâché par la trahison de son père qui pour quelques shekels est devenu indicateur au profit des Juifs, ce qui lui porta malheur, le salaud. Cet autre marié et chargé de famille est au chômage, courant de petits boulots dégradants en tâches ménagères qui le diminuent aux yeux des femmes du quartier ; faire la une du journal local redorera l'image d'une famille de "perdants", et accessoirement arrêtera la déprime qui sourd dans sa caboche. Celui-là ne sait pas trop mais c'est bien. Et si jamais la fable des vierges offertes sous les ombrages près de la fontaine aux citrons où murmure l'eau rieuse, était vraie ! Que fait-on des vierges après usage ? Bon tant pis !

Abou Assad comme promis projeta son film en avant-première à quelques responsables palestiniens à Ramallah. Ce fut le tollé, la vie en Cisjordanie était difficile mais on pouvait comprendre que ce pouvait être pire ailleurs, et que les martyrs étaient le plus souvent des ratés, les Palestiniens passant ainsi aux yeux des Occidentaux pour ce qu'ils ne veulent justement pas être, des inconséquents. Il y a un autre mot qui ne me vient pas.
Le film a gagné l'Ange Bleu à Berlin en février dernier, ainsi que le prix du meilleur film au festival d'Amnesty International. Il est vendu déjà à quarante-cinq pays.
au barrage
Alors les nôtres !Ce n'est peut-être pas dans les catacombes islamistes qu'il faut chercher les vilains qui vont sauter. Peut-être que les fidèles Frères Musulmans sont bien trop intelligents pour porter la ceinture et l'UOIF promise à un si bel avenir de promotion immobilière en France dans la mosquée en préfabriqué. Non, ce sont les frustrés que l'on doit débusquer, les louseurs, les déprimés, ceux que l'on a salis, méprisés, bannis, et les éjaculateurs précoces, bien évidemment les plus dangereux. On me dit dans l'oreillette qu'il y en a en régie et qui n'ont jamais fait de mal à une mouche.

Le portrait type à triptyque du kamikaze-modèle, c'est donc un musulman pratiquant ou non, fortement déçu par la vie et qui fait porter le chapeau à la société, et capable d'apprendre par coeur un discours vidéo de quatre à sept minutes. N'y a plus qu'à s'y mettre ! Travail banal d'îlotage. Vous en rêviez ? Steppique Hebdo l'a fait :
On regarnit les loges de concierges à chignon ayant dix dixièmes à chaque oeil, que l'on équipe de pitbulls castrés (c'est la loi) pour obliger après dix heures à ce que la sonnerie de porte décline son identité. On marie les susdites à des agents de ville, indispensables courroies de transmission de l'actualité vraie. Il suffit dès lors de surveiller le courrier, les heures d'embauche, le poids apparent du caddy du samedi, et la joie de vivre ou la mine soucieuse de l'habitant.
On retourne un ou deux fidèles à calotte en dentelle qui chantent juste là où on leur dit de faire, et en trois mois, on isole les cafards.

Au Kerguelen !
Terminé.

C'est quoi déjà le téléphone d'Anne ?
Occupé !

Trève de balivernes. De l'analyse au bouton-poussoir, il y a quand même un élément difficilement quantifiable. C'est le courage que ces vilains portent comme un grand manteau. Il faut une forte concentration mentale pour appuyer. Comment d'ailleurs y parviennent les gosses de dix douze ans qui le font en Israël ?

Rions, même jaune ! Il nous reste si peu de temps.

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