5 nov. 2005

Les Quatre Vérités

Quand les patriotes norvégiens eurent mené à bien la sécession de la Suède en 1905, ils eurent à choisir la forme de leur gouvernement. Ils demandèrent un roi. Comme on s'en étonnait, le républicain Nansen répondit :
« Nous avons choisi la monarchie pour trois raisons. Premièrement, nous avons besoin d'être forts contre un retour offensif de la Suède, et la monarchie est le régime qui économise le mieux les forces. Secondement, nous ne sommes pas riches, et la monarchie est le régime le moins coûteux. Troisièmement, nous aimons notre liberté, et la monarchie est le régime le moins oppressif. » ***
Et le 18 novembre 1905 le Storting (parlement) d'Oslo proclama le prince danois Charles, roi de Norvège. Il prit le nom de Haakon VII et fit son entrée dans la capitale de son nouveau royaume le 25 novembre, accompagné de son épouse la reine Maud, la fille d'Edouard VII d'Angleterre, et du petit prince héritier Olav qui montera sur le trône sous le nom d'Olav V. Le roi actuel Harald V est le fils du roi Olav V depuis 1991.
Belle image. Heureux peuple ... même prohibitionniste !

Nous, Français, avons aussi besoin d'être forts dans le monde de turbulences actuel. Pourquoi dispersons-nous nos énergies dans ces joutes politiques stériles qui ne nourrissent plus que la presse ? Allons-nous longtemps encore dépenser nos finances publiques dans l'agitation-propagande républicaine ou dans l'engraissement de structures de défense des intérêts particuliers ? Nous devons nous ramasser pour former un point (poing) dur en Europe afin de repartir de l'avant. Le redressement doit être d'abord moral.

Riches ? Cela fait longtemps que nous ne le sommes plus. Deux guerres mondiales, cinquante ans d'administration crypto-marxisme, vingt-cinq ans de lâcheté budgétaire érigée comme dogme de gestion. Une dette abyssale qui est la road bomb cachée de notre société. Et des contraintes de tous ordres sur les possédants, qui les poussent à l'exil doré.

Libres ! Encore un peu. Mais avec de moins en moins de moyens d'exprimer cette liberté, à cause d'abord d'une paupérisation rampante des classes laborieuses. A quoi sert-il de pouvoir courir l'Europe de Brest à Varsovie si je n'ai pas les moyens du billet de train ? Ensuite par l'abondance de règles, usages et lois qui rejettent au fossé les mots ou idées inconvenables et non listés dans le manuel du politiquement-correct. C'est le carcan idéologique.

Pendant que nous refaisons le monde, l'Etat bout dans sa propre graisse. Les émeutes urbaines de ce mois de novembre nous le montrent ahuri ! Les personnels en charge de la conduite du pays sont pris de tremblements, courent aux bancs de la Chambre, aux lucarnes d'opinion, débitent une logorrhée stérile, sont toujours en retard d'un train. Nous avons besoin d'être forts dans tous les domaines, et celui de la sûreté n'est pas accessoire quand on devine les menaces qui planent en dehors de toute connexion avec les évènements actuels. Ferez-vous confiance à l'Etat, complètement débordé par un petit millier de jeunes voyous qui fêtent leurs nuits rouges, lorsqu'il s'agira de prévenir, combattre et vaincre le vrai terrorisme urbain ?
Le traitement social des cités populaires est inutile, sinon peu efficace. On s'apprête cependant à le remettre aux mains de l'islam, et donc de l'UOIF, ce qui est sidérant. C'est un traitement économique de la question qui est convoqué par ces émeutes.
Le pays doit travailler et casser ses ghettos de déshérence. On en arrive vite au modèle social français qui, s'il rencontre la préférence des Français ayant un emploi, largue complètement les autres. Or l'emploi, c'est d'abord de l'activité, pas des fromages publics ou des garages à rebuts, l'activité se nourrit de liberté. Liberté d'innovation, d'établissement, de bénéfices. La règle est au contraire le contrôle tatillon, la mise en demeure, la menace syndicale et la prédation sur le succès.
Il faut simplifier les codes fiscal et du travail, en privatisant les mesures qui ne concernent pas l'Etat dans son essence. La simplification doit s'accompagner de la destruction des services redondants dont les responsabilités auront été ainsi annulées. Commençons par dynamiter les syndicats, non pas en les interdisant bien sûr, mais en supprimant les subsides publics, tous les subsides publics. Qu'ils fonctionnent sur cotisations, ils y gagneront en légitimité et sagesse.
Replions l'Etat sur ses fonctions régaliennes qu'il devra assumer sans faiblesse mais avec une justice impeccable. Il y a beaucoup de réformes à appliquer aux écoles de la magistrature et aux procédures. Il faut restaurer le prestige du droit et du juge. Encore faut-il que certains soient débarqués du corps avant de mettre en pièce sa dignité. La même chose s'applique aux armées. Leur professionnalisation ne peut "comprendre" des exactions comme celles qu'on affiche sur l'opération Licorne. Les pillards de banque et les assassins doivent être frappés durement, radiés d'abord, jugés plus tard et condamnés. Que l'armée ne soit pas nombreuse d'accord, puisque nos moyens sont petits, mais propre, ce n'est pas cher !

II.- Pas de tabula rasa. Méfions-nous des révolutionnaires chics qui ameutent les classes populaires sur des schémas simplificateurs et racoleurs. Méfions-nous aussi des "souverainistes" qui traînent sous les préaux les paysages idylliques d'un passé révolu, le disputant dans la niaiserie aux écologistes de la lampe à huile. Des uns et des autres le nombre grossit chaque jour à mesure que le navire France s'enfonce sous la banquise de la mondialisation. S'il est prévisible que leur ardeur à tout changer s'éteindra dès le moment où ils auront conquis le pouvoir, les dégâts dans l'opinion seront considérables car ils l'auront conforté dans l'idée qu'en France rien ne se réforme s'il n'est pas déjà cassé ! Le pouvoir n'agit plus qu'à chaud et maladroitement car il sait l'impossibilité de raisonner la réforme. Il faut du tragique pour avancer ici !
Qui se lèvera pour expliquer aux Français les fondamentaux de leur pays ? Les absurdités entretenues par un régime tétanisé sur sa défensive ?
Aucun de la classe politique actuelle, rejetée en bloc !
On rêve d'un entretien au coin du feu en plusieurs épisodes qui traiterait des quatre vérités.

Au coin du feu

L'avenir de l'intelligence dans un monde productiviste; la gestion de l'espace européen au bénéfice de générations qui ne sont pas encore nées; le comblement des abysses de misère de la planète, même au détriment de notre propre richesse; la place de l'homme dans le cosmos.

Articulons un peu, mais pas trop à peine de lasser.

Intelligence : Nos peuples européens éduqués peuvent surmonter l'assaut des nouvelles usines du tiers-monde en misant sur l'intelligence appliquée aux besoins de demain. Il est vain de se cramponner à la défense d'activités traditionnelles. Et s'il n'est pas urgent de s'en défaire, au moins doit-on savoir arbitrer. Mise en pratique : les subventions agricoles. Elle sont un fardeau énorme et distraient trop de moyens budgétaires européens qui manquent ailleurs, et dans le même temps coulent les productions du tiers-monde qui arrivent sur ses propres marchés plus cher que les nôtres dès qu'elles y sont importées.

Espace commun : la question environnementale est cruciale. Des pays plus courageux ont donné de bonnes indications dans des domaines tabous. Un des problèmes graves est le transport des biens et des gens. On doit cesser d'accaparer l'espace et les moyens nécessaires à cet entretien, pour le transport individualisé par camions. Le juste-à-temps c'est de l'arithmétique. On peut intégrer les délais de ferroutage ou fluviaux. Il suffit d'un décret-loi, en se préparant à exploser les barrages routiers sur lesquels les dégâts collatéraux encourageront à la reconversion, les entreprises surnuméraires. L'eau en seconde position, est un souci de long terme qui ne peut être traité par des ministres semestriels.

Développement : Les chocs communautaires qui éclatent partout, tout autant dans les pays d'organisation communautaire comme les Etats-Unis ou la Grande Bretagne, que dans les pays assimilationistes comme la France, montrent les limites du brassage mondial des peuples. Après tout, l'homme ne naît pas naturellement bon, l'inné est sans doute assez moche, l'acquit insuffisant à beaucoup d'égards. Admettons la médiocrité populaire générale et ne demandons pas à nos étrangers d'être meilleurs que nous-mêmes, plus dociles, plus travailleurs, etc. Par contre, oeuvrons à maintenir tous les peuples dans leur cadre socioculturel en développant pour de vrai la meilleure structure d'épanouissement qui soit, le pays natal. Et là pas de faux-semblant. Le développement "soft" de la coopération française est dépassé. C'est une guerre à la misère. Désolé, mais seuls les Etats-Unis et la Banque Mondiale ont les moyens et l'autorité pour la mener, indépendamment du destin de plus en plus scabreux du fils Bush.

L'homme : C'est un peu la question première. Certains de notre éphémère, sommes-nous destinés à devenir presque exclusivement la poubelle aux produits d'Endemol**** ? L'homme moyen d'aujourd'hui se résume-t'il à sa fonction et capacité de consommation ? L'abrutir doit-il être encouragé ? Bien des choses dépendent de la réponse donnée. Plus court : sommes-nous devenus cons !

Note ***: cité par Lucien Dubech, dans son ouvrage "Pourquoi je suis royaliste", aux Editions de France, 1928
Note ****: usine de production de téléréalités en France

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