23 déc. 2005

Des contes, un conte

Dix neuf historiens français derrière l'emblématique Alain Decaux ont livré au pays une pétition réclamant l'abolition des lois d'opinion.
« Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement, ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique »
« L’histoire n’est pas un objet juridique. Il faut arrêter de se tourner vers le Parlement pour régler des controverses historiques »
Inutile de préciser que les avocats des causes visées qui sont autant de rationnaires à la cantine historique, hurlent au charron !

La loi-phare est bien sûr celle du freluquet ministre biterrois Gayssot ; un communiste acharné à préserver une vérité historique, il n'y avait qu'en France que cela pouvait se voir. Et dans la brèche ouverte s'est engouffrée la pie Taubira qui jacasse en s'en péter la gargamelle sur tous les plateaux et tréteaux pour la condamnation de l'esclavage antillais, Haïti ruinée par le Code Noir. Et même récemment ont apparu les "mbwanas" du temps béni des colonies, qui mettent une panique pas possible dans le clientélisme partisan. Le président mégalomane Frêche Georges Ier de Septimanie s'est même payé le luxe de traiter de gugusses ses camarades socialistes qui renâclaient à s'enthousiasmer pour l'Union française.

La question est zénithale dans ce beau pays rongé par le remord, à tel point que le bouffon Dieudonné va se lancer à la quête aux cinq cents signatures pour déposer sa candidature au poste suprême de la république honnie. Qu'ira-t-il y faire ? Rien du tout ciomme la plupart! C'est un rite démocratique qui valorise et amplifie le tapage ! On a même une écurie de course présidentielle bidon qui se met en place avec le CRAN. Le noir est à la mode, profitons-en, car la mode est éphémère et le Français infidèle et ingrat. Le jaune reste à venir dès que nous fouillerons les contrats de travail des coolies cantonais ramassés en 1916 pour meubler les arrières des Armées en tranchées, sans parler du sort fait aux domestiques de Fort Bayard (langue au chat : le lecteur qui retrouve l'histoire de ce comptoir aura sa photo dans le blogue). Quant au rouge, il pointe l'oreille quand nous commémorerons l'enlèvement des Iroquois du Québec par Jacques Cartier. Mais si, mais si, le salaud ; et François Ier était au courant ! Pas Donnedieu de Vabres !

Brisons les chiens.
Le brûlot tartare a d'autres chats à fouetter que de se répandre sur les vérités historiques. Nous attendons de pied ferme la révision du Tamerlan de Christopher Marlowe qui fait l'impasse sur les bornes milliaires des routes de l'empire timuride, faites de crânes chrétiens comme nous le baillent les contes d'effroi pour enfants pas sages. A ce sujet et comme Noël approche, nous nous soumettons de mauvaise grâce à la coutume steppique qui veut que l'on mange les rennes du solstice dès le 26. Il était une fois... mais non, quand même pas !

Voici un conte maison pour les enfants sages

Mambo vivait sur une île au milieu du fleuve. Sa grand-mère l'avait baptisé ainsi parce qu'il n'arrêtait pas de gesticuler quand on le pendait dans le maillot au piton de la case. Mambo avait l'oeil attentif, la répartie vive et le sourire fréquent, sauf quand arrivait la période de Noël. Sa famille avait la moitié du nécessaire et rien du tout du superflu. En pus on pouvait constater dans les livres de l'ancienne colonie que l'on se repassait d'une génération à l'autre, que le marchand de rêves rouge à barbe blanche venait sur un traîneau de rennes, un soir où il neigeait beaucoup. Les enfants laissaient leurs sabots dans la cheminée et au matin ils les trouvaient couverts de cadeaux de toutes les couleurs surtout brilllantes.
Mambo triste Or de mémoire de petit d'homme, on n'avait plus vu ni l'un ni l'autre depuis que nos ancêtres les Gaulois avaient émigré vers le pays froid, il y avait si longtemps que la mémoire s'en était perdue. Ni de sabot, ni de cheminée, non plus.

Mambo sentait ce jour sinistre approcher et les larmes commençait à lui tordre les entrailles en pensant à ce qui lui manquerait encore cette année. Sa maman revint comme chaque semaine d'à terre avec un panier de choses à manger, et toujours une robe neuve, mais de douceurs ou de jouets, point." Si moi pas la robe neuve, li toi pas manger !" lui disait-elle quand elle le surprenait à observer son nouveau vêtement avec un peu de dépit. Et ce soir là, il sortit jusqu'à l'arbre à palabres et fondit en larmes à croupeton.

Une vieille main décharnée se posa sur son épaule, et un ancien le contourna pour le contempler en silence. Mambo tirait sur ses orteils l'un après l'autre et ne disait mot laissant des perles de larmes ruisseler sur son beau visage. C'était le vieux Sogo.
- "Allons, allons, on ne pleure pas au début de sa vie, à la fin non plus ! Qu'est-ce qui te crève le coeur à ce point ?"
- "J'ai pas de sabots, j'ai jamais vu de cheval à corne par ici, y neige jamais, et dans la cambuse de ma mémé y a pas de cheminée ! Alors le Père Noël ira jamais chez moi !"
-" hum, hum, fit Sogo, pour les sabots je peux bien te prêter mes galoches de tirailleur - elles sont cirés -, et pour la cheminée je peux parler au chef qui t'autorisera à les mettre dans le four banal ; mais pour la neige et les rennes, ce sera plus dur !"

Le soir du 24 arriva.
Dès la nuit bien noire, Mambo s'éclipsa à pas de loup de la case vers le four banal, et récupéra au passage les galoches planquées dans le fourrage du cellier. Arrivé à l'autre bout du village, il fit le tour du four avec précaution pour s'éviter les surprises, puis disposa les belles galoches comme il l'avait vu dans les livres des Gaulois, avec les bouts qui regardent le trou du four; et attendit. Le sommeil l'emporta plus vite qu'il ne l'aurait voulu, mais pas assez au goût du tirailleur qui le guettait. Avec un peu de coton autour de la chéchia, une large ceinture écarlate et sa culotte bouffante dont personne ne jugerait l'extrême usure, il s'approcha du four, déposa la boîte à galoches sur celles-ci, et heurta volontairement le gamin endormi en s'esquivant.
Mambo tout en nerfs, ouvrit les yeux au choc, et vit sous un rayon de lune disparaître un père noël rouge dans l'herbe à éléphant. Puis se rendormit.

Ce n'est que le matin qu'il réalisa la visite. Le temps de se situer, il se rappela de son escapade et qu'il valait mieux rentrer avant que Mémé ne se réveille. Il s'épousseta et aperçut alors les galoches et la boîte.
Ne pouvant tout prendre dans ses petits bras, il décida de chausser les grandes galoches et de serrer la boîte contre lui; puis traînant les pieds jusqu'à la case il s'accroupit et enfin ouvrit son cadeau. La boîte était liée en croix et difficile à défaire, mais il prit le temps pour garder la ficelle.
Puis doucement il souleva le couvercle. Ca brillait un peu.
Dans un papier se soie jaune, c'était un petit camion de tole bariolé qui avait dû venir par la route de France tant il était marqué par la piste. Il put déchiffrer au dessus de la glace de devant "Tour de France 1954", et sur chaque côté l'image d'un gros soldat rigolo qui disait " y a bon ".

camion banania

Posé par terre, on pouvait le pousser, il roulait bien droit. Et le fourgon cachait derrière une porte battante, plein de bonbons dans des papiers bleus.

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