9 déc. 2005

Le Metternich persan

Monsieur Jacques Chirac annonce la création d'une "mission pluraliste" pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire, face au débat suscité par la loi du 23 février 2005 qui reconnaît un "rôle positif" à la colonisation française. (dixit Reuters, Paris).

En arrière toute ! On démonte les rétroviseurs du char de l'Etat, et on retourne carrément les sièges. Poussez ! Objectif : le Passé !

La foutaise de la colonisation positive ajoutée à la réparation de l'esclavage occidental - de l'autre, il est interdit de parler sous peine d'assignation par les ligues de normalisation intellectuelle - donne le canevas des soucis élyséens, depuis que le ministre traître Breton a avoué ses deux trillons d'euros de la dette publique*. Curieusement depuis lors, la notation du crédit de la France par les agences de sévérité internationale comme Standard & Poor's ou Moody's n'a pas fléchi; à dire vrai, on pense tout couvrir par nos stocks de bulles, enterrés dans les abysses de la montagne champenoise, et par nos capacités de submersion du marché pétrolier avec nos champs de betterave à essence, qui courent jusqu'en Belgique. Le choc de l'aveu de banqueroute annoncé est maintenant amorti. Les chiens aboient, la caravane de l'Etat pelé passe. On zappe ainsi que l'avait dit Pinarque à un ministre des finances récalcitrant à sa gestion de Gribouille - ne nous emmerdez pas avec ça !
On va augmenter l'aide au Tiers Monde et à Bamako, à la Côte d'Ivoire et au Togo qui seront reconnaissants, puis le logement social, les prêts bonifiés pour les mosquées et les classes polygamiques d'alphabétisation, les piscines, les crèches, le diabète, n'importe quoi jusqu'en 2007. L'Allemagne paiera ! Euh ... euh ! Justement pas.

L'Allemagne a son propre agenda. Comment pourrait-il en être autrement ? Si elle est tiraillée entre d'une part un souci d'économies budgétaires à appliquer à la bureaucratie européenne et aux programmes ronflants et lointains, et de l'autre, celui de voir pérenniser les crédits structurels déversés sur ses länder orientaux, elle sait que la nouvelle donne politique intérieure se conjugue au relatif affaissement de l'influence française, dont elle veut se défaire une bonne fois. De Gaulle, Adenauer c'est de l'histoire. Le Reich est en danger de mort ... démographique, restons entre gens sérieux.
Notre grand voisin a des problèmes énormes, à sa taille. Il se réforme en continu et travaille à son redressement, ses chiffres de commerce extérieur le prouvent. Qu'a-t'il besoin de coordonner, voire de limiter ses programmes, avec le looser qu'est devenue la France ? Il y perd un temps précieux et le sait. D'autant que si à la fin de la première décennie du siècle nouveau, il doit accueillir en plus le nouvel état d'Israël dans ses frontières, comme l'y encourage encore le président-pasdaran Ahmadinejad, il lui faudra avoir les coudées plus franches pour négocier avec l'Iran les compensations exigées par cette grande déportation humanitaire.
Or on sait bien que Paris se croit investi d'une mission de "monitoring" de la République islamique, d'ordre et pour compte de l'Union, et que l'Elysée ne laissera personne lui passer devant. C'est tout le fondement du stupide entêtement à négocier avec Téhéran la démilitarisation de leur programme nucléaire. Comment peut-on discuter avec pareil zombie diplomatique les chances de ne pas se prendre une bombe atomique sur le coin de la cafetière, le jour où les étoiles du système mazdéen seront dans l'alignement attendu ?
Et de crier tous au charron, au fou, à l'assassin !
La saillie de Mahmoud Ahmadinejad a fait l'objet d'une bronca internationale jusque dans le monde arabe. Enfin jusque dans ses chancelleries. Parce que la Rue Arabe, est complètement en phase avec la proposition iranienne.
La Rue Arabe aime les schémas simples et définitifs. La guerre de bientôt 60 ans pourrait-elle s'arrêter avant d'atteindre les 100 ? La Palestine aux Palestiniens, la Mésopotamie aux Mésopotamiens et l'Arabie enfin redevenue Heureuse. Et Israël le sent bien le mouvement de fond de l'opinion génétiquement hostile, pour être monté au créneau dans l'heure, appelant à la croisade contre le monstre. Ahmadinejad est un salaud intelligent.
le président iranien

Depuis que le Croissant Vert crie à l'injustice et appelle à refreiner la puissance du lobby juif, nul aussi acharné fut-il contre le sionisme, n'a sauté le pas dialectique en mettant sur la table le transbordement du problème dans le pays qui l'a créé. Nous allons voir sous peu courir ci et là des cartes produites par les Arabes avec ou sans sceau officiel. Le futur état juif y sera découpé à cheval sur la Bavière et sur la province de Salzburg, avec pour Maison Blanche, le Berghof de Berchtesgaden. On mesurera la superficie de l'état hébreu actuel séparé du Néguev aride, et l'on décrochera les cantons (kreis) austro-allemands un par un jusqu'à faire le total. Easy ! Personne n'y avait pensé.

L'arme du verbe est parfois plus forte que toutes les résolutions onusiennes.
Alors ? C'est la guerre ?



PS :(*) ceux qui n'ont pas encore compris cette "histoire" de dette peuvent se référer à l'article de François de Lacoste Lareymondie chez Liberté Politique.Com C'est clair et complet.

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