27 janv. 2006

Hamas de l'allégresse


La Roue de la Fortune démocratique vient de s'arrêter sur le Hamas de feu (c'est le cas de le dire) cheikh Yassine. Et "l'opinion internationale" de pousser des cris d'orfraies devant les caméras, pour s'en satisfaire dès qu'on éteint les projecteurs de la conférence de presse.
Ci et là on entend des "enfin !". Enfin c'est du quitte ou double. Personne ne pourra revenir en deuxième semaine. Sharon avait semble-t'il joué là-dessus, il n'est plus en état de montrer son jeu mais on peut se douter qu'il aurait ce matin annoncé "tapis !".

La presse a son tsunami. Le Pakistan était bien refroidi même si on envoyait des hélicoptères dénicher les gosses en train de crever comme des bêtes dans la neige. On avait "fait" les bateaux de pêche reconstruit à Aceh. Il n'y avait plus grand chose à part les hésitations dialectiques du satrape enrhumé dans sa tête, avec ou sans lunettes. Et voilà enfin LE HAMAS !
cheikh YassineLa Pravda du complexe militaro-industriel titre ce matin : Hamas : le monde s'alarme ! Et les frères Dassault d'en remettre : Vers un gouvernement islamiste - L'Impossible dialogue avec Israël - Vague intégriste dans le monde musulman. Ce sont pour le moins des réactions épidermiques de même tonneau que celles de Matignon : "La France est inquiète" nous dit Villepin. Quant à l'homoncule du Quai, il attend le feu vert du Château pour se mêler de ses affaires.
Qu'en pensent ceux qui comptent ? Bush reprend l'antienne de la non-discussion avec les terroristes au même moment où les agents américains font les évaluations d'usage auprès des vainqueurs. Le credo n'est-il pas "qu'importe la solution si c'est une solution !" Et l'Europe en pense autant, sauf Paris bien sûr qui a trop misé sur la bourgeoisie corrompue arabe du Proche Orient, et se retrouve sans interlocuteurs.

L'intéressé numéro un c'est Israël.
Le mussolinien Netanyahu crie au charron (ndlr: c'est involontaire) et de scander le nouveau slogan du Hamastan aux portes d'Israël. Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con ... comme disait Georges Brassens ...
Le premier ministre Ehud Olmert a pris la sage décision de se taire et de consulter ses services de sécurité et leurs correspondants américains.
Le leader travailliste Amir Peretz se déclare pour un rapide chacun chez soi, et veut rapatrier les colons trop exposés en Cisjordanie.

Pour le Hamas le choix n'en est pas un. Il va à Canossa ou en enfer !

L'hypothèse la plus probable est qu'il va prendre le pouvoir tranquillement avec le consentement le plus large de la population qui est gavée du pillage des caciques du Fatah et de leurs métastases népotiques, puis démonter sa branche militaro-terroriste des Brigades Ezzedine al Qassam, aussitôt qu'il aura obtenu la reconnaissance de sa légalité et légitimité des services de sécurité palestiniens encore inféodés à ses adversaires. Mais en Orient la Force prime souvent la Fidélité.
A partir de là, il téléphone à Tel Aviv pour ressusciter les discussions du partage de la Terre promise quelles que soient les dispositions éradicatrices de sa charte, sur laquelle il va s'asseoir. La négociation sera vive entre les Hébreux qui voudront enfoncer le Mur le plus loin possible en Cisjordanie et les Palestiniens qui voudront ré-englober les villages enclavés en Erezt Israël par Sharon. Les colons de Cisjordanie ont déjà perdu la partie, ce qui n'interdira pas à des communautés juives de prière de subsister dans les lieux sacrés du judaïsme.
L'Etat palestinien sera dès lors proclamé dans ses murs. Il ne sera pas plus question de harceler encore moins de pousser à la mer l'Etat hébreu, à peine d'être rayé de la carte par Tsahal.
L'abandon patriotique sera compensé par une charia exemplaire et une gouvernance intègre des Palestiniens qui s'y résoudront au fur et à mesure de l'amélioration de leur sort économique.

les enfants du Hamas
L'autre hypothèse que privilégient les journalistes qui y voit matière à copie pour des lustres, serait que le Hamas ayant pris tous les pouvoirs, fasse le coq, et dressé sur ses ergots proclame le djihad contre Israël. En réponse de quoi Israël serait bien avisé de retirer de même ses colons, pour ne pas donner prise et libérer le champ de manoeuvre de toute restriction mentale dans l'usage massif de représailles préventives. L'état de guerre larvée d'un pseudo-état justifierait à lui-seul une attaque en règle, et la déconfiture sanglante du pouvoir palestinien à jamais. Les gémissements hypocrites de l'opinion internationale arriveront cette fois encore trop tard.

L'autre hypothèse est sans doute la plus dangereuse pour Israël.
Ce serait que le Hamas forme une coalition de gouvernement avec le Fatah javellisé et donc un accord de partage des Mercedes, des cocardes et des studios de la Côte d'Azur. Cela fournirait le prétexte d'une dissidence des durs-à-cuire au sein du Hamas, et ainsi laisserait subsister les effectifs des Brigades Ezzedine al Qassam pour continuer la subversion sous un autre nom. De la sorte se continuerait le double jeu qu'avait monté le cirrhotique président défunt de l'Autorité palestinienne qui, en arabe, prêchait l'Intifada et payait les familles des gosses-kamikazes, et en anglais, se lamentait sur les conditions impossibles que lui faisaient les occupants. Le Quai n'a jamais entendu que la version anglaise de la propagande et a essayé de vendre son analyse frelatée aux autres occidentaux qui n'ont rien acheté. Dans cette hypothèse on se retrouverait dans la situation d'hier, ni paix, ni guerre, ni sécurité, ni développement économique et se gonfleraient encore davantage les bataillons de la misère et de la rancoeur. Ce qui se terminerait mal pour le Hamas.

Pourquoi le Fatah qui détenait tous les cordons de l'affaire, a-t'il perdu ? C'est un article à faire.

Le patron du Hamas s'appelle Ismaël Haniyeh.
Haniyeh

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