6 janv. 2006

Hebdo de la première 2006

Depuis que la France ne bruisse plus que pour le défunt président-monarque, le titulaire s'agite en tous sens à tel point que Le Figaro sous la direction heureuse de MM Dassault Serge & Olivier, se transforme en Pravda officielle et rétribuée du régime, à voir du moins son numéro de jeudi 5 janvier 2006.
C'est à la limite du bulletin municipal militant. Outre une large photo du président barrant toute la Une, on nous sert une double page intérieure illustrée et débitant par le menu la conférence de voeux donnés à la presse, pour une fois assise. Après la mise en bouche des platitudes du nouvel an, nous entrons ici dans le vif d'un programme ambitieux pour un prochain septennat, au moins, vu les délais nécessaires à l'accomplissement de ces incontournables réformes. Et on dit dans le landerneau politico-médiatique tout autant que dans le complexe militaro-industriel dont ressortit Le Figaro, que les voeux présidentiels à venir saupoudrés sur les corps diplomatique ou constitués, vont épater l'Opinion. Il faut nous épater ! Nous ne nous en doutions pas.
Ceux qui s'ennuieraient à la lecture du brûlot peuvent zapper sur http://www.elysee.fr/ où ils remarqueront l'énorme travail de communication fait par Claude Chirac. Pour une fois disons que c'est bien foutu. Vous y trouverez les communiqués, les allocutions promptées, et d'énormes archives.

Sharon et BushPuisque tout va bien, fuyons d'un coup d'aile où la crise appelle. Sharon se meurt, Sharon est mort, aurait dit Bossuet. On l'a mis à la pompe jusqu'à ce que le pouvoir se réorganise, car il va lui falloir faire avec les mêmes jusqu'aux élections du 29 mars. Déjà les médias français servent des bols de fiel à l'auditeur en appuyant sur la tragédie des camps palestiniens libanais de Sabra et Chatila que l'on impute au seul général Sharon.
C'est faire peu de cas des faits réels. Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, n'a jamais qu'ouvert le passage aux gentils chrétiens des Phalanges maronites qui n'étaient pas forcés, baïonnette dans les reins, à pénétrer dans les camps pour y massacrer les vilains palestiniens. Pendant quarante heures, dans les camps bouclés par Tsahal, les phalangistes, surexcités par l'assassinat la veille de Béchir Gemayel, nouveau président mis en place par le pouvoir hébreu, vont se lancer à la poursuite de soldats de l'OLP qui n'ont pas pris le bateau pour Tunis, et qui sont venus se planquer dans les camps au milieu des femmes et des gosses (as usual). Un grand nombre de civils non armés, surtout des enfants, des vieillards et des femmes vont être tués. Ces actions sont accompagnées ou suivies de rafles systématiques, avalisées par l'armée israélienne. Jusqu'au matin du samedi 18 septembre 1982, l'armée israélienne, qui sait parfaitement ce qui se passe dans les camps, et dont les dirigeants sont en contact permanent avec les dirigeants des milices qui perpétrent le massacre, non seulement s'abstient de toute intervention, mais y prend une part indirecte en empêchant des civils de fuir les camps, et en organisant un éclairage nocturne constant de la zone au moyen de fusées éclairantes. Trois mille morts environ seront relevés, et la commission d'enquête israélienne condamnera le ministre Sharon.
Mais on attend encore que le Liban en fasse autant des Phalanges Gemayel, maintenant que toutes vérités doivent être mises sur la table à Beyrouth. Comme pour Hariri, en a-t'on vraiment envie ? Tous les acteurs du drame libanais ont été éclaboussés par les horreurs de la guerre civile, même le sémillant Druze qui vient faire la leçon à tout le monde aujourd'hui.

Ceci étant dit, le retrait définitif d'Ariel Sharon de la scène politique est lourd de dangers puisque la situation palestinienne n'est pas du tout stabilisée, et que le Hamas a le vent en poupe, sous la bénédiction publique d'Israël. Dans l'impossibilité de s'entendre avec l'Autorité palestinienne, mollassonne, incapable et corrompue jusqu'à la moelle, ne vaut-il pas mieux s'entendre avec un ennemi déclaré, plutôt qu'avec un ennemi camouflé sous les oripeaux d'une respectabilité internationale. On ne fait bien la guerre que lorsqu'on se défend contre une armée désignée. On ne fait bien la paix qu'en position de vainqueur.
Jusqu'à aujourd'hui, ni l'une ni l’autre ne furent possible puisque l'ennemi n'avait pas de corps. On ne peut pas dire que les Intifadas du pitoyable Yasser Arafat aient été un seul moment répressibles au point d'aboutir à une capitulation sans conditions. Parce que c'était du terrorisme sans uniforme, appuyé sur le martyre d'enfants conditionnés en kamikazes, le tout protégé par une illusion légale. Que la diplomatie occidentale ait continué à servir la soupe à l'ogre de la Moukhata restera un mystère de cynisme froid.

Mais si le Hamas prend le pouvoir, les choses changent. Qu'ils constituent un gouvernement, une armée et lancent très vite une offensive ! Alors leurs forces pourront être écrasées jusqu'au dernier fantassin, avant même que ne s'émeuve la conscience internationale assoupie par les discussions sans fin sur les feuilles de routes. Les Palestiniens, libérés de leurs propres oppresseurs, deviendront une communauté reconnue d'Eretz Israël, avec leurs droits et coutumes. Ils participeront au développement économique de toute la Palestine, et à chaque anniversaire de la capitulation, feront un pied de nez aux régimes arabes qui laissent croupir leurs peuples dans la misère et la crasse islamiste. On me dit dans l'oreillette que pour la science-fiction, les studios Dreamworks sont à vendre.
Il n'y aurait donc aucune issue à la crise actuelle ? Comme chez nous ?
Dieu est bon qui se penche du nuage et pêche au vivier politique les vieux caciques devenus inutiles et obèses. Place aux jeunes.
- Monsieur ? C'est Shimon Pérez au téléphone, pour l'interview.
- Il attendra.

Sans aller bien plus loin, nous arrivons aux marches du palais de l'Hitler persiaque qui n'a d'autre ambition que la vitrification de l'ennemi juif. Les rapports publiés par The Guardian - heureusement que la presse existe - montrent à l'évidence que les intégristes iraniens courent à la bombe atomique par tous moyens utiles et détournés, et que la troïka européenne chargée de récupérer le détonateur est au courant de cela, sans en tenir compte apparemment. L'Iran n'est pas venu non plus à la réunion de l'AIEA à Vienne hier. Dès lors qui reprochera à l'Etat hébreu de vitrifier préventivement les installations nucléaires iraniennes, même si, comme à son habitude, le pouvoir des mollahs les a enchâssées quasiment dans le tissu urbain. C'est la belle civilisation de l'otage innocent qui fleurit aux Proche et Moyen Orient depuis des lustres.
Perez et CondiSharon parti, ce sera peut-être une colombe qui sera chargée de prendre la grave décision de sauver Israël. On a déjà vu ça dans l'histoire. C'est Roosevelt qui fit la guerre ! Peut-être était-ce cela que Pérez voulait nous confier au téléphone ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Archives steppiques