25 janv. 2006

La mule du pape

Qui ne se souvient pas de la cabale montée par L'Elysée contre le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel qui en 2000 avait appelé au gouvernement le parti national-populiste FPÖ du gouverneur de Carinthie, Jörg Haider. La démarche visait à asseoir un gouvernement conservateur en remplacement d'un gouvernement social-démocrate, qui dans le passé ne s'était pas gêné de racoler le dit-FPÖ pour former des majorités. Mais c'était avant que le svastikaïen Haider n'emporte le leadership du parti.
On n'avait pas eu de mots assez durs à Paris contre ce gouvernement hitlérien, et la chancellerie autrichienne avait été confinée au lazaret en attendant que la grippe nazie finisse d'incuber. Des mouvements de masse furent organisés en Autriche par les organisations juives, les communistes, les gays et lesbiennes, et pas mal de badauds de gauche. Et le gouvernement Jospin d'en remettre à l'envi.
Avant même que le nouveau gouvernement ne légifère, on ressortit dans la nouvelle opposition, les votes et commentaires du FPÖ sur la loi d'homosexualité puisque c'est de ce bord que l'assaut fut décidé.

En novembre 96, le FPÖ avait voté pour la suppression de l'interdiction des associations gays et lesbiennes (article 221). Simultanément, l'article 220 qui interdisait toute information positive sur l'homosexualité, avait été supprimé. A propos de la majorité sexuelle fixée à 18 ans pour les relations homosexuelles masculines (article 209) - les tentatives pour abolir cette discrimination avaient échouées en raison de l'opposition du FPÖ. Le FPÖ proposait à l'époque d'abaisser la majorité sexuelle pour les relations entre hommes à 16 ans, mais le projet avait coulé car le mouvement gay et lesbien exigeait que les socio-démocrates et les écologistes votent contre, pour ne pas remplacer une disposition discriminatoire par une autre, sachant que la majorité sexuelle pour les relations hétérosexuelles et lesbiennes est à 14 ans. Le mouvement gay avait peur qu'un tel demi pas en avant soit définitif pour des dizaines d'années. Ces messieurs-dames d'en conclure qu'une alliance entre ÖPV et FPÖ serait très négative pour les lesbiennes et les gays d'Autriche car elle signifierait une stagnation complète des réformes législatives; et l'abandon de tout espoir d'un contrat de partenariat de vie (le PACS) pendant ces années d'alliance christo-fascistes. Cependant le débat restait cornecul pour les gays et les lesbiennes, car les démocrates-chrétiens de l'ÖPV étaient jugés pire que le FPÖ, puisqu'ils avaient bloqué toute réforme législative du temps où ils étaient alliés avec les socio-démocrates du SPÖ. Finalement le FPÖ était plus ouvert à la discussion que l'ÖPV, réputé dogmatique et homophobe. Quel cirque ! On comprend que l'analyse française ait été contre performante. Et que les folles aient emporté la cage !

Berlin et Londres avait suggéré dès le mois de mars 2000 que l'on juge les Autrichiens aux actes, de préférence aux intentions, et que les histoires de moeurs n'étaient pas propres à la république alpine. Et deux ans plus tard, qui s’intéressait encore aux émois minoritaires des violettes impériales ? Vienne était réintégré au salon des gens fréquentables. Paris mettait un mouchoir sur sa honte. Delanoé demandait une étude. L'Europe ricanait. Charbonnier est maître chez lui.

C'est sous la présidence autrichienne que Pinarque-le Prompté est venu négocier à Bruxelles ce tantôt un trou de 3 milliards d'euros dans son budget national, au motif que les restaurateurs français souffraient le martyre. C'est presque vrai. Mais notre sympathique président pour de rire s'est fait jeter ! Son ministre des Finances qui était venu vendre son orthodoxie financière des 3% de déficit à un parterre aussi sceptique qu’attentif, était a contrario, soulagé. Mais voilà que quelqu'un - suivez mon regard - a suggéré à trois pays de ne pas reconduire la facilité de TVA réduite aux artisans de France. Personne n'a vu venir le coup. C'est le chien de la chienne autrichienne. La France va devoir ramper.

barrosoSur des entrefaites, Manuel Barroso, le président de la Commission que la France a pour habitude de débiner en continu, passant à la Concorde a vu de la lumière au Palais Bourbon. Et d'y entrer pour distribuer deux ou trois paires de claques aux groupes socialiste et communiste de la Chambre. Dire aux Communistes qu'ils n'existent plus en Europe, est très dur pour des parlementaires moulés dans une considération rémanente sans rapport avec leur influence présente dans une société qui a vomi leur idéologie mortifère. Et comme l'avouait hier soir le fin observateur qu'est le président Debré quand il se lâche : "il les a cloués !".
Retournons maintenant le prisme sur une autre face. L'impression prévaut dans le microcosme que les choses s'accélèrent. Villepin harcèle quasiment le parlement pour que son corpus législatif de réformes programmatiques, déboule sans traîner sur le marché politique. A gauche, c'est la course en pagaille. Personne n'attend plus les militants qui arriveront après la bataille. L'UDF se range dans l'indépendance ultra-centrée. Les communistes abandonnent leur projet de réunion des NON de gauche et courent sous leurs couleurs, même si Marie-Georges ne convainc pas. Quant aux Révolutionnaires, ils disent n'avoir pas les délais nécessaires à fusionner un programme électoral. Et tout le monde de crier qu'il faut respecter les échéances électorales. Sauf Christian Blanc.
Le président serait-il malade ?

Le brûlot tartare appelait dans ses voeux de saison à une sage retraite du satrape à Bity, dussent les veaux de la Creuse en pâtir. Il semblerait qu'on lise la presse d'opinion dans les soupentes élyséennes et que l'on discute aujourd'hui des mérites comparés des devis fournis par Demeco, Huet et Déménageurs Bretons.
Parce que nous reculons sur tous les fronts sauf le front nucléaire où nous devenons menaçant. En campagne, on change la chaîne de commandement après le second mois, aux premiers revers. Parce que nous ne sommes pas confrontés à une guerre de type classique avec pelles et tranchées, nous aurons attendu presque onze ans, et que la musette déborde, avant de découvrir que nous perdons la guerre économique, creusant sur place au milieu de nos insuffisances et suffisances, pour résister à des manoeuvres d'encerclement hors de notre portée, hors de notre vue même. Des ministres démissionnent quand ils ne comprennent plus rien au schmilblick, les rois abdiquent, les princes romantiques se flinguent.

Gardez vous en santé pour un prochain voyage, monsieur Dumollet !
Dès après le Salon de l'Agriculture.

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