2 janv. 2006

On n'écoute pas assez le rap

Seul dans la pénombre, avec mon passé, cherchant à me remémorer les joies et les raisons pour lesquelles j'encaisse la monotonie de cette vie. Plus désarmé qu'au premier jour, les années blanches de ma jeunesse se sont laissées posséder. Quant au futur! Le futur j'ose même pas y penser. Vide est ma vie et pourtant je n'ai pas choisissant le présent n'est que néant... Tout a commencé sûrement le jour où je suis né, le jour où je n'ai pas croisé la bonne fée qui aurait fait de moi ce que je ne suis pas. Ceux qu'il m'arrive d'envier parfois, ceux que la vie à doté d'une chance, mais moi malheureusement voilà, je n'en suis pas là, et privé de ça, pourquoi devrais-me mener un combat? De toutes façons pas la peine, je connais la rengaine mais je n'ai pas de force. Mon amour pour la vie s'est soldé par un divorce, moi aussi j'ai rêvé de connaître l'idéale idylle, le désir, la passion de ne pas perdre le fil. Quitter sur le champ la ville, s'isoler sur une île. Au lieu de ça, ma vie file, se faufile et défile sans domicile fixe. J'ai toujours relevé la tête, même à genoux. Mais ce soir, je suis fatigué de lutter et pense sérieusement à tout déconnecter. L'hiver a posé son manteau, comme si la mort était déjà là, tout près de moi. Le froid me lacère la peau, comme cette vie, dont je n'ai plus envie. Egaré dans ces pensées, où tous ne cessent de m'apitoyer. Voilà, ce soir je vais craquer, ne pouvant échapper à mon destin. L'âme stressée, le cerveau compressé, comme usé par la guerre des nerfs à laquelle je dois me livrer. Subir sans pitié, sans répit, voilà ma vie. Gris semble l'avenir et noir est a couleur de mon esprit. Je n'essaye plus de comprendre, ni de me faire entendre, je suis le troupeau avec un numéro collé dans le dos. Métro, boulot, aseptisé du cerveau. Mon ultime évasion se trouve dans le flot de ces mots. Quarante ans de déboires passés à la lumière du désespoir. Tu peux me croire ça laisse des traces dans le miroir. J'ai les neurones affectés et le coeur infecté, fatigué de lutter, de devoir supporter la fatalité et le poids d'une vie de raté. Voilà pourquoi je m'isole, pourquoi je reste seul. Seul dans ma tête libre, libre d'être un esclave en fait battant en retraite, fuyant ce monde d'esthètes en me pétant la tête. OK, j'arrête net, j'appuie sur la gâchette.
NTM, album éponyme "J'appuie sur la gâchette", 1993

Mais qu'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu? Les années passent, pourtant tout est toujours à sa place. Plus de bitume, donc encore moins d'espace Vital et nécessaire à l'équilibre de l'homme. Non, personne n'est séquestré, mais s'est tout comme. C'est comme de nous dire que la France avance alors qu'elle pense par la répression stopper net la délinquance. S'il vous plaît, un peu de bon sens. Les coups ne régleront pas l'état d'urgence à coup sûr... Ce qui m'amène à me demander, combien de temps tout ceci va encore durer? Ça fait déjà des années que tout aurait dû péter. Dommage que l'unité n'ait été de notre côté. Mais vous savez que ça va finir mal, tout ça. La guerre des mondes vous l'avez voulue, la voilà ...
NTM, Qu'est-ce qu'on attend (extrait), album "Paris sous les bombes", 1994 ... la suite sur le site http://membres.lycos.fr/nicktamere/

Joey Starr Il y a dix ans que ce groupe comme d'autres, livre son analyse du désespoir des banlieues, on n'aura retenu que sa condamnation pour insulte à la police à Toulon. Et on n'a rien lu de ses textes. Les deux extraits que nous vous offrons laissent penser qu'ils ne lancent pas d'éructations. Ils traduisent leur monde dans un très bon français. Mais pouvons-nous entendre les messages ?

Quarante mille voitures-messages auront brûlé cette année 2005. Au moins ! Puisque j'apprends que le décompte se fait au départ de feu : Si un voiture incendiée communique le feu à sa voisine, on compte "un" feu de voiture(s). Les statistiques sont donc manipulées, comme toutes celles du ministère de l'Intérieur, puisque elles sont d'abord politiques. Mais qu'importe ! Ce "grand feu", vient de nous dire le magistrat suprême et prompté, n'est que "l'expression des tensions et des interrogations qui traversent notre société".
Or ce n'est pas exactement "la société" qui est en cause, mais plutôt le déséquilibre grave de ses composants et la rupture irrémédiable de son harmonie fonctionnelle et productive. Or ces composants ne proviennent pas d'une quelconque génération spontanée. Nous avons apporté un stock étranger dépassant toutes nos capacités d'assimilation ou d'intégration, et la société civile n'y est pour rien. C'est le pouvoir aux manettes depuis un quart de siècle, qui a eu ses vapeurs tiers-mondistes et qui a facilité l'accès du territoire à des populations surnuméraires quant à leur emploi possible, et souvent incapables de s'adapter aux règles communes, le gap entre les pays de départ et le pays d'accueil étant trop grand.

A l'évidence, certaines nationalités comblent ce fossé par un acharnement au travail, facilité par des fonds de roulement communautaires (tontines téou-chew, banque familiale wenzhou). D'autres par contre, si elles sont très capables d'en comprendre l'intérêt et le fonctionnement, n'ont pas les capacités de les mettre en oeuvre. La séparation entre les ethnies qui sauvent la mise de leur exil par une insertion (pas toujours volontaire) dans le circuit de production, et celles qui malgré toute leur bonne volonté s'enfoncent dans la misère, peut se trouver aux limites de la ruralité et de l'urbanité. Bien qu'il y ait aussi d'autres explications.

Par exemple, les peuples cultivateurs d'Afrique sont très mal préparés au choc. Or la misère, faisant rage surtout dans ce secteur primaire, produit des excédents de bouches à nourrir qui doivent s'exporter.
Par contre le Cantonais ou d'autres citadins chinois, relativement instruits des questions économiques simples, et génétiquement poussé à l'activité (presque hystérique), arrivent convaincus qu'avec seulement 70 heures par semaine tous les obstacles seront surmontés. Et cette folie les prive des joies de la revendication sociale, des slogans, cortèges et calicots qu'on promène de Bastille à Nation si le temps s'y prête.

La société - même touchée par un chômage important - ne met pas d'obstacles aux activités marchandes des étrangers, espérant sans le dire peut-être que les emplois créés au bout du compte écoperont un peu de misère dans l'océan des Cités.
Il reste la question quand même du "que fait-on demain matin". Parce qu'on a atteint la fin du bout de l'analyse pointue et que la parlote politique, ça ne peut pas durer ! L'arbre à palabres est devenu un urinoir communal, personne n'y croit plus. N'ayant pas d'autre choix que de phagocyter les franges allogènes de ses résidents permanents, la Nation doit convenir de mesures claires et simples d'exécution afin qu'elles soient comprises par tout le monde sans difficultés, et mises en oeuvre par tout échelon d'autorité sans arrière-pensées ni distorsions. Ca nous changera des décrets d'application et complexification qui font les joies onanistes de la Haute Administration.

Le plus facile et le plus vite atteint est de régler la question de la délinquance.
On suspend par décret-loi tous sursis et toutes circonstances atténuantes des jugements correctionnels pour dix huit mois. Et on affiche le tarif comme une carte de comptoir.
Pas de double peine pour les étrangers. Peine simple : jugement dans les règles et expulsion sans considérations collatérales.
Avantages :
- Relâche un peu la pression sur le système carcéral, économies budgétaires;
- Prouve aux français (même récents) que la nationalité ça a aussi des avantages.
Pour les nationaux, il faut régler les questions de récidives qui sont insupportables. Le parlement y travaille heureusement

Pour le reste (c'est le gros morceau mais le brûlot en a vu d'autres) il faut que le pays choisisse son régime. Et là, ce n'est pas fait ! Car le modèle français en vigueur -c'est un euphémisme - est le pire d'application. Il faudrait avoir les revenus du Koweït pour le maintenir.

Soit on accepte la communautarisation à l'américaine et le développement séparé qui en découle; soit on assimile plus ou moins de force sur une période de quinze ans.
Dans le premier choix, les "immigrés" seront poussés d'eux-mêmes à fuir vers une assimilation dans la communauté française (et ils voteront FN en application du syndrome du compartiment), sinon à s'organiser dans la différenciation. Il faudra prendre garde à éviter la constitution de "Soweto" comme on le fait déjà aujourd'hui, en humanisant le logement en quartiers. Ceux qui s'immergeront dans la communauté "française" jetteront les oripeaux de leurs origines, prénoms et noms avec la complicité active des tribunaux. Les autres rejoindront leur communauté pour être épaulés au sein d'un système féodal qu'ils connaissent déjà. Les communautés seront traitées budgétairement à part pour une développement le moins mauvais possible et pourquoi pas meilleur. Toute fièvre se réglera par l'argent comme en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis.

Dans le second choix, il conviendra de dynamiter déjà les coutumes médiévales d'avilissement et en les jugeant sans faiblesse. De même pour la propagande anti-occidentale. Puis il sera nécessaire de détruire méthodiquement tous les ghettos et d'éparpiller l'habitat. C'est un choix pour Neuilly, le Raincy, Chamalières et beaucoup d'autres. Il n'y aura bientôt plus d'immigrés, mais des bronzés qui iront comme tout un chacun ...... au ski ! La seule obligation de taille est l'incontournable réforme de l'Etat pour dégager les moyens budgétaires importants que l'assimilation exigera, en faisant l'impasse sur quelques grandeurs d'une autre époque comme les porte-avions, et les dépenses somptuaires engagées pour le fonctionnement confortable du secteur protégé; et in fine que les Français de souche et récents acceptent une augmentation franche de leurs impôts. Ne suffirait-il pas pour ce faire, de simplement mettre tout le monde à contribution et pas seulement la moitié des foyers ?

Reste que pour donner une chance de réussir à tout traitement de cette grave question, il faut déjà stopper l'immigration de quelque origine qu'elle soit, et fermer les frontières, donc se retirer du traité de Schengen.

Poser la question à un homme politique reviendrait à accepter une synthèse des deux choix afin de mutualiser les inconvénients comme d'habitude. Il sera sage de charger dès lors notre belle classe politique sur le porte-avions inutile, en direction des Kerguelen où ils auront tout loisir de s'adonner au parlementarisme aigu, sans dommages collatéraux sur notre belle nation mixtisée et pacifique.
Yaka Fokon Amen !

1 commentaire:

  1. "Payer mes impôts, ça veut dire être citoyen. Mes parents n'ont pas connu ça, ils n'étaient pas imposables."
    Djamel Debbouze
    Il faut effectivement que tout le monde soit sur le rôle, à chacun sa mesure.
    Hubert de M.

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