15 févr. 2006

Coulez le Clem !

PA Clemenceau
La vieille barque-amirale de la Royale aurait pu périr dans l'honneur au 380 de marine sinon à l'Exocet si l'on voulait promouvoir encore ce missile redoutable. Las les plumitifs du Commissariat de la Marine nationale ont versé dans le syndrome du comptable unique, débordé et court d'esprit, enchaîné par les chiffres comme dit le proverbe.

Pour gratter sur un papier prévisionnel deux millions d'euros, ces braves gens ont monté une usine à gaz de procédures en 2004, rajoutant des "tuyaux" à chacune des péripéties, pour finir par la déconsidération du ministre des Armées, et son dessaisissement au profit du Secrétariat général de l'Elysée.
Ainsi le vrai chef des Armées a dû poser sa Corona, et laisser sur le chevet les textes des discours qu'il apprend depuis vingt jours pour son voyage officiel à New Delhi. On lui avait préparé aussi une note sur les rastacouères de Mittal Steel pour avoir de quoi répondre aux sourcillements du gouvernement indien très susceptible. Voila qu'il lui faut maintenant prendre le commandement de la Flotte. Ce quinquennat n'en finira donc jamais ! Il avait le choix des ordres. Il a pris le pire : "Rapatriez le navire".

Le caisson flottant tourne en remorque en Mer d'Oman aux frais du cochon de contribuable depuis des semaines, après avoir langui au passage du Canal qu'ironie du sort, nous avons nous-mêmes construit. Tout le monde se venge petit de nos arrogances. Et pourtant ils mangent tous à l'oeil dans les grands salons de l'Elysée quand madame vient Rue Montaigne refaire sa garde-robe.

Greenpeace va pavoiser. Ils ont enfin pris leur revanche sur le Rainbow Warrior. Mener un porte-avions par le bout de la remorque, c'est la première fois ! Surtout pour un membre permanent du Conseil de Sécurité. Et puis, quel reportage fameux s'annonce ! Le Clemenceau escale à Djibouti pour refaire des vivres, le roi-nègre refuse l'accostage mais autorise le retour des navettes après leur décontamination ; le Clemenceau repasse le canal de Suez, les documents de "matières dangereuses" doivent être traduits en arabe depuis le décret-loi de ... ce matin ; le Clemenceau dissuadé de remonter l'Adriatique par notre cher ami Berlusconi qui nous veut du bien, fait route au large de l'Algérie, le nain-président, casqué au Pento, saute comme un cabri et envoie l'escadre de libération nationale surveiller la route de la poubelle française dès fois qu'elle mettrait en danger les côtes immaculées de Petite Kabylie ; et le clou de l'aventure, le Clemenceau au quai de la mort à Toulon, un convoi de six mille Roms en route pour les Saintes, a profité de la relève du gardiennage à la barrière de l'arsenal un dimanche soir, pour squatter les pont inférieurs. L'Abbé Pierre est attendu au TGV spécial de 18h27.

Puis viendront les expertises et contre-expertises des faux-experts des vraies entreprises de désamiantage, la dispute des estimations du poids de cochonneries encore incrustées dans les structures, les procès en tricherie de bascule, les surfacturations propices à la rémunération de l’entregent nécessaire pour emporter les contrats, le pillage des non ferreux par ceux de la maison, et pour couvrir tout cela, l’ombre de la corruption très certainement ; on ne prête qu'aux riches et l'arsenal de Toulon n'a besoin de rien ! Var Matin va rentrer une nouvelle rotative qui ne chauffe pas en 3x8.
L'agonie grotesque va-t'elle durer jusqu'à la fin du satrape ?

L'autre ordre était bref. "Coulez-moi cette merde à minuit, heure locale ! " Il suffisait de le demander à l'escadre française qui croise en mer d'Oman pour capturer les malfaisants. Et on aurait apprécié de MAM qu’elle prenne sa place à la passerelle pour la manœuvre, puisqu'elle préside au fiasco avec beaucoup d’autorité depuis le début. Une fin d'amirale !
Qu'en aurait pensé le Père-La-Victoire ?

«Un jour, au plus beau moment où fleurit l'espérance... tu t'en iras... au-devant de la mort affreuse qui fauchera des vies humaines en un effroyable ouragan de fer. Et voilà qu'à ce moment suprême... ta cause te paraîtra si belle, tu seras si fier de tout donner pour elle que, blessé ou frappé à mort, tu tomberas content !» (Georges Clemenceau)

2 commentaires:

  1. Les gnomes qui peuplent les mansardes du Château ont lu l'article. Notre fierté s'en ressent. Ils ont donc décidé de le couler dans le canal de Mozambique à la première tempête, dusse-t'on aller jusqu'au cap eponyme !
    Enfin une idée !

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  2. y a qu'a envoyer un rafale du charles de gaulle: ça fera un exercice.

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