16 févr. 2006

La chute de la maison Alliot

à Coet
L'ancienne présidente du RPR, et présentement ce soir encore, ministre de la Défense, avait inauguré avec beaucoup d'allure le "Chanel French Touch" sur le front des troupes en tailleur militaire. On devinait les bottes sous la culotte et le regard du faucon, perçant jusqu'à la ligne bleue des Vosges. Deviendrait-elle la mascotte des régiments ? Certains le lui assuraient qui convoquaient déjà sur sa feuille de route politique, les qualités nécessaires à la prise en main de l'Hôtel de Matignon et plus si affinité, la devise étant :
"ce que nous avons fait à la Défense, nous pourrions le faire ailleurs".
Et le fouet claqua !

L'affaire Poncet surprit dans les popotes. L'histoire du bandit assassiné par un sous-officier de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire, monta en neige dans la presse, et la cascade de décisions que la Rue Saint-Dominique enfilait comme des perles, retentit du claquement des baleines de parapluie, plus que de celui du stick qui tapote la botte. L'affaire suivit son cours, la ministre suivait l'affaire, et tout le monde appliqua la politique du chien crevé au fil de l'eau, le chien étant un colonel de chasseurs, dur de la feuille.
Qu'une dame, malgré tout étrangère aux charges de Reichshoffen après boire, n'ait pas senti le "mauvais coup" venir, ne pouvait le lui être reproché, dès lors qu'on découvrait une certaine application à la tâche. Besogneuse peut-être mais un peu en remorque des évènements. Pis, le bandit s'avéra n'être qu'un pauvre diable, le vrai ayant été éteint depuis belle lurette par les forces régulières, sans publicité. Malgré le menton haut et la réplique cinglante, madame Alliot-Marie, ramait !

Arrive la cagade du Clemenceau, orgueil ancien de notre puissance navale, piteusement rapatrié par le chef suprême de toutes les armées en colère. Il faut prendre des précautions avec les symboles. Elle n'a pas compris ça.
Au lieu de quoi le claquement de baleines s'amplifie dès ce matin dans la presse.

Comme pour Licorne, c'est la faute à "pas moi", la Marine ayant décommissionné l'épave aux Finances depuis 2003, lesquelles ont chargé la vaillante administration des Domaines de ferrailler à meilleur compte ; "c'est pas moi c'est l'autre", l'autre, Alain Richard, ministre du gouvernement Jospin qui aurait glandé de 1997 à 2002, laissant le bâtiment amarré à Toulon, dans l'expectative d'un réemploi possible par la marine ouzbèque, ou de son ferraillage par les Manouches de Nanterre en voie de régularisation Bolkestein. A quoi les impertinents répondraient : pourquoi chère médème LE ministre de la Défense, alors que vous n'êtes plus partie prenante dans le schmilblick depuis le début, n'a-t'on vu que vous sur les médias dès l'attaque de Greenpeace ? Vous avez tiré toute la couverture à vous, sans vous douter qu'elle cachait dans ses plis trompeurs, la fange suffisant à votre déconfiture politique. Le stick était un bâton merdeux, facile à prendre, difficile à lâcher.

Mais n'étant pas de cette catégorie d'investigateurs, le brûlot tartare émet simplement l'hypothèse que les ventilateurs de la pré-campagne électorale ont soufflé sur la poussière d'amiante, ceux-là sachant bien que le matériau réputé passif était en fait un explosif. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme, en politique comme en physique. Les contrats de toutes sortes qui ont entouré le fiasco ont été scrutés, approuvés et suivis par quelque contrôleur d'état, comme il en va de tous les contrats d'importance que passent les administrations. Y fut-il détecté quelque "loup" ? Profitant de l'acharnement de la communauté Greenpeace, attentive à contrer la France sept jours sur sept, il suffisait d'un tout petit souffle.
Au résultat, il est un candidat potentiel de moins dans la sphère de droite.
Et si nous parlions de ces formidables vainqueurs ?

Greenpeace est devenue un gros business mondial. Les traqueurs de harpons de 1970 ont bien grandi. On l'appelle d'ailleurs la "multinationale verte". Ils s'invitent partout, tant et si bien qu'ils ont dénoncé 36 parfums français comme toxiques à la Saint-Valentin. Vont-ils s'occuper bientôt du pinard national ou de la betterave nordiste facteur d'obésité ? On peut le redouter. La France a eu la présence d'esprit de ne plus chasser les cétacés, car nous ferions la Une de la presse mondiale chaque jour. Greenpeace, c'est un fait, a une affection particulière pour la France. Tout a commencé le 10 juillet 1985 : un responsable politique français inconnu mais de haut niveau ayant donné l'ordre de couler le MS Rainbow Warrior qui faisait route vers Mururoa, un plongeur-démineur de la DGSE y plaça deux mines magnétiques lors d'une escale à Auckland. Fin du Rainbow Warrior vautré dans la vase néozélandaise. Début du grand amour.
Greenpeace France fait depuis lors, le guet au profit de la pieuvre anglo-néerlandaise (comme la Shell, son autre ennemi intime). Tout est bon à dénoncer qui entre dans la charte environnementale de l'organisation ; transports de matière nucléaire, maïs transgénique, protection du fox à poil dur, et ... l'amiante ! La seule question qui pourrait fâcher est que les chantiers de démolition destinataires reçoivent chaque semaine des navires de l'âge du Clemenceau, et même récemment un destroyer britannique, sans que l'ONG pure et sans tâche, ne s'y intéresse. On dit aussi parmi les mauvaises langues que le scoop médiatique est obtenu à tout prix, quelles que soient les certitudes du moment. La plateforme Shell de mer du Nord s'est avéré inoffensive pour l'environnement maritime alors qu'elle avait été "vendue" à l'opinion écolo-vigilante comme un nouvel Exxon Valdez.

Ainsi, bien relayée par les professionnels de l'antifrance, l'ONG semble refuser d'absoudre le pécheur, malgré les dédommagements conséquents de 1985, et persiste à vouloir contrer la France partout où c'est possible, et d'abord dans les secteurs vitaux où nous sommes à la fois en pointe et vulnérables. Recherche agronomique, recherche nucléaire. La guerre des OGM finira par avoir raison des travaux de nos laboratoires, leurs chercheurs préférant s'expatrier en Espagne ou aux Etats-Unis. Le réacteur nucléaire d'avenir EPR comme le surgénérateur ITER sont bien sûr dans le collimateur de ses récriminations ; mais comme ce dernier projet déborde de beaucoup l'hexagone, et que son coût est gigantesque, les contempteurs écologistes se méfient des retours de flamme. Après tout, ils ont d'autres Rainbow Warrior qui naviguent, et un zodiac ça se coupe en deux, sans autre bruit que les vociférations naufragées parmi le piaillement des mouettes rieuses.

Pour l'information du distingué lectorat :
Greenpeace Worldwide c'est environ 160 millions d'euros de budget, 100 millions de réserves et 2,7 millions de cotisants dans le monde
Greenpeace France c'est environ 45 millions d'euros de budget, 45 salariés et 85000 adhérents.
Président d'honneur : Jean Chesneaux, professeur émérite d'histoire asiatique à l'université, membre du conseil scientifique d'ATTAC, une pointure altertruc.
Directeur général : Pascal Husting, luxembourgeois inconnu au bataillon, a succédé à la député PS Michèle Rivasi, démissionnaire en mai 2004.
Porte-parole : Arnaud Apoteker, DEA, spécialiste OGM, on le dit ouvert et sympa.

1 commentaire:

  1. bon, je sais pas si c'est passé, alors je répète:
    pas mal; à quand un article de fond sur greepeace?

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