3 févr. 2006

La Guêpe Sénégalaise

Ségolène R.
Quelle mouche a piqué Ségolène Royal sur les quais de la Tamise ? Certainement pas la mouche tsé-tsé mais celle plus furtive de la liberté. Ainsi qu'il en va depuis deux cent cinquante ans quand l'atmosphère devient oppressante en France, on franchit le Pas de Calais pour respirer au grand air du Royaume Uni. Et ça donne des idées !

Ne faisons pas le catalogue des "découvertes" de la championne du Parti Socialiste, elles dénotent simplement une cure accélérée de bon sens comme d'autres prennent du ginseng ou de la cardamone. Faisons travailler un peu plus tout le monde afin d'atteindre, par le surcroît de richesses produites, à une moindre précarité des situations professionnelles de tous. Elle ne l'a pas dit de cette façon. Mais les Eléphants du PS l'ont entendu ainsi. Eux qui rédigent à huis clos et chacun dans sa piaule, les circonvolutions du programme archéo-novateur qui va convaincre le militant de base du service public de voter pour lui. Au tournez-manège de la sottise politique, chacun a enfourché son cheval de bois à l'envers.
Le gestionnaire socio-libéral Strauss-Kahn veut nationaliser Arcelor pour le soustraire aux griffes de l'anglais Mittal Steel ! Avec quel argent, je vous demande.
Le bourgeois équitant Fabius a jeté aux orties la soutane florentine blasonnée de chêne et d'olivier que lui avait offerte son maître-président, pour se commettre en foulard de soie avec les jeunes révolutionnaires du XIXè siècle revenu.
Quant au sémillant et lifté ministre éternel de la Culture, il court derrière quelques idées de jouvence pour ne pas se laisser distancer par sa queue qui le tire de plateaux en discothèques. On pouffe.
Même si on les déteste, les deux champions de la droite en comparaison, sont dans le sérieux, presque le grave.

Madame Royal - ça fait un peu cirque, mais bon - dit ce qu'elle pense. On avait tellement répété à tous les micros qu'elle ne pensait pas, que le peuple en est agréablement surpris, au point de la placer gagnante au second tour du grand prix de l'Elysée. Sont-ils capables ces Français d'apprécier convenablement l'offre politique qui est soumise à leurs suffrages, pour s'abandonner dans les bras d'une ménagère, alors qu'on les savait plus enclins à sourire à une pasionaria ou à une technocrate permanenté ? D'ailleurs les dames de pique du PS avaient prévu de se jeter dans le tragique pour déclencher l'émerveillement automatique de l'électeur blasé.
La Guigou, outragée par les ans, savait son salut politique désormais attaché à un argumentaire de saison affûté au "neuf-cube" dans le lit du vent; puisque le brushing n'y suffit plus.
Aubry de Lille, soufflée à la graiss'de ch'vaaal, revendiquait l'héritage de ses propres mesures en séparant minutieusement les dommages collatéraux qui se chiffrent en milliards perdus, de ses slogans plein cadre qui voudraient encore impressionner la "base".
Mais de tout cela le peuple se gausse. Des programmes il n'a cure, les sachant impossibles, souvent pervers, la plupart du temps abandonnés à la première escarmouche. Il préfère la valeur humaine du chef d'état, et le parcours de Ségolène Royal s'il n'est pas aussi glorieux que celui des barrisseurs de synthèses, est honnête, courageux, progressif et durable.

L'alouette sans tête du gros sénateur fumant d'Auvergne, n'a jamais choisi les circonscriptions de velours.

Dakaroise et fille d'un colonel d'artillerie - ça commence bien - elle a fait SciencesPo et l'ENA. Attali la remarque en songe et l'agrège au Secrétariat général de l'Elysée où elle travaille sur les affaires sociales. Mais elle veut l'adoubement démocratique et malgré le pronostic pessimiste de François Mitterrand, elle se laisse parachuter à Saint-Maixent l'Ecole où en 1988, elle boute hors du fauteuil de député, un UDF indéracinable. Elle se bat dès lors sur le label des vaches, le chabichou de chèvre, le sexe télévisé, ou l'heure matutinale de la traite en été, rien que des soucis cantonaux ! Et ça lui réussit, puisqu'elle sera régulièrement réélue, pour la proximité naturelle qu'elle montre à ses concitoyens. En 1994 elle passe le concours d'avocat à Paris, tout en siégeant au Palais Bourbon. Maître Royal, ça fait pas mal. Dix ans plus tard, elle enlève la région Poitou-Charentes au Premier ministre bossu de l'époque, ce qui n'est pas si vite fait que dit, d'autant que le titulaire à battre est une femme d'expérience.

Elle fut tout de même quatre fois ministre dans des gouvernements de gauche, à des postes classiques de la famille et de l'enseignement, ce qui lui donne une expérience des cabinets et des conseils en tous genres. Elle est à l'origine d'une foison de mesures législatives ou réglementaires par dizaine, depuis le recyclage des déchets, contre le bizutage, contre la prostitution des mineurs, etc. Ce n'est donc pas "l'oie blanche et stupide" qu'on se complaît à brocarder ci et là.

Il reste deux cents jours avant que le PS ne désigne son candidat présidentiel. Les sondages qu'elle entend lui murmurent à l'oreille de se séparer de ce parti arriéré qui entre dans le XXIè siècle à reculons, agrippé à de vieilles lunes comme aucun autre parti socialiste d'Europe n'oserait encore le faire. Elle est assez fine mouche pour voir que sa désignation par des barbichus francs-maçons de l'arrière garde archaïque, ne peut que l'engluer. Au bénéfice d'un Eléphant de l'establishment qui s'effondrera sous son propre poids au premier duel.

La présidentielle c'est la rencontre presque amoureuse d'un homme et du peuple.
Tout se joue comme ça depuis le départ.
Elle est « favori ». C'est insupportable !

2 commentaires:

  1. bof...!
    et puis ça fait pas PS de s'appeler ségolène royal.
    elle pourrait changer de nom, comme les artistes, là elle aurait une chance.
    En attendant, son côté trop lisse, trop parfait me glace quelque peu.

    RépondreSupprimer
  2. bof...!
    et puis ça fait pas PS de s'appeler ségolène royal.
    elle pourrait changer de nom, comme les artistes, là elle aurait une chance.
    En attendant, son côté trop lisse, trop parfait me glace quelque peu.

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