4 févr. 2006

Panurge en pays de Cavaillon

En prime Bonux, nous offrons au lectorat steppique et tartare le dieu Thor terrassant l'anaconda de la Connerie.
Thor
A fréquenter les communautés chinoises, on se convainc assez vite de leur goût génétique pour l'entassement qui permet de se fondre par mimétisme en un flot anonyme auquel nulle digue ne résiste longtemps. Cette inclination a privilégié dans le passé le recrutement de bras de force dans ces communautés, qui étaient les seules à réunir à la fois un acharnement au travail pénible et l'acceptation de conditions de repos dignes d'un sous-marin.
Le défaut de cette agrégation naturelle surgit cependant dès lors que l'on considère la propension à développer des choix nouveaux pour tout simplement nourrir les effectifs surnuméraires qui finissent par peser sur le groupe. La vue étant limitée par le nombre, comme on le constate en coursive ou sur un boulevard populeux, il faut bien se satisfaire de ce que montre son plus proxime voisin et lui faire confiance. C'est ainsi que la communauté chinoise la plus affairée - le lecteur du XIII arrondissement sourit déjà - a découvert l'extraordinaire engouement des Français pour la cuisine japonaise, ses rites de découpe au couteau volant, ses risques d'empoisonnement au poisson de coraux, ses gastro-entérites de recongélation multiple, bref c'est tendance de manger cru, sans graisse autre que l'Omega 3 piscique !
Et de racheter et convertir tous locaux d'importance en tambours à sushi. On coupe les cheveux des filles de la famille comme la demoiselle d'Avignon, sinon pour les plus audacieux, leur plante deux baguettes dorées dans le chignon, on les jupe court, et en musique zen, on lance la parade des minuscules bouchées pour cachexique en fin de souffrance. Ils partirent cinquante mais par un prompt renfort, on ne voit que des restaurants nippo-wenzhou partout où brille une enseigne asiatique.
La mode passera-t'elle ? Qu'importe, on se jettera sur les bars-tabac, les lotos, les sex-shops ou les chapelles évangéliques si ça marche mieux. Et surtout tous ensemble !

La fièvre de l'imitation a depuis longtemps touché les fabriques de zizigougous en tous genres depuis la côte d'Asie Mineure jusqu'au Kamtchatka. Elle vient de s'emparer ces derniers jours de la Palestine. Oui, le coq à l'âne est vraiment surprenant mais comme il n'y a ni poule, ni porc dans la paire, on peut !

Chacun a bien vu que le slogan qui lave plus vert a remporté haut la main les élections législatives palestiniennes. Propre sur soi, propre en ville, intransigeant avec les dhimmis, menaçant avec les Juifs et leurs affidés yankees, dévots et fiers ! Ca marche !

Aussitôt le Djihad islamique et les Martyrs d'al-Aqsa abandonnant aux chiens les oripeaux de la corruption, de la lâcheté et de la débauche, courent se refaire une virginité doctrinale dans la défense du prophète, de la charia et du livre saint. Johnny Walker et son compère Old Smuggler doivent rembarquer au prochain ferry pour l'enfer - il existe vraiment sous ces latitudes - car les guerriers de la Loi ont décidé aussitôt de monter brandir leurs pétoires sur les toits plats de l'Union européenne à Gaza, au motif faisandé qu'on leur a dessiné de vilaines choses sur de braves gens. Du moins est-ce ainsi qu'on leur a expliqué qu'ils devaient le ressentir, à peine de devenir eux-mêmes des Infidèles. Et le réflexe hystérique génétique des sectateurs du prophète de faire le reste. Tout le monde en veut dès lors du boycott, des excuses, du coup de chasse-mouche aux ambassadeurs puisque c'est porteur. De quoi ? n'est pas le problème, le Croissant Vert s'embrase pour quelques croquis, assez mauvais en plus; mais tous ensemble, le happening de la Oumma rassemblée enfin, contre quoi ? n'est pas le problème.
Personne ne remarque à l'occasion que le Hamas vainqueur ne se mêle pas de cette partie oiseuse pour minus du turban, ayant on le comprend d'autres soucis que les foutaises des fusains danois.

La digue de contention de la furie primaire dressée à notre orient résistera-t'elle longtemps. C'est ce que ne croient pas certains dirigeants occidentaux qui ont des habitudes de repentances et contritions leur permettant sans baisser pavillon mais culotte, d'abonder au tonneau des préceptes intangibles de leurs adversaires hurleurs. Pas très longtemps non plus si des cerveaux irréfléchis et impressionnables participent à la subversion de nos propres moeurs. Et de toute part, on crie "aux chaloupes !", les curés, les rabbins, les ligueurs pensants, tous à la remorque de sectes intégristes comme l'UOIF. Seuls les bouddhistes se murent dans un silence rieur : ils n'ont pas de Dieu. Et leur bouddha sculpté ou peint dans toutes les positions, s'il ne dort pas, nous contemple du haut de son impassible sérénité, fourmis stupides traçant au gps interne une voie qui ne va nulle part.

Mais pourquoi ne pas d'un autre côté se réjouir de cette spontanéité massive des communautés musulmanes dès qu'elles se sentent agressées dans les fondements de leurs croyances pacifiques et paisibles. On attend désormais les foules par millions pour dénoncer en grand tapage et boycott associé, les affronts à la race humaine faits par les commandants gras et climatisés qui ordonnent de Syrie quand et quel enfant ira exploser sur un marché de Tel Aviv (boycott immédiat du hashish du plateau). De même contre la lapidation de femmes "impies" en Afghanistan : boycott immédiat de l'opium des plaines ; ou dans le nord du Nigeria : boycott immédiat des paniers d'osier équitable. De même contre les décapitations séoudiennes au sabre pour affaires de moeurs : boycott immédiat du pétrole, le Croissant Vert redémarrera ses chameaux. De même contre les assassinats d'honneur de leurs filles par les Anatoliens : boycott immédiat des poulets kurdes et des manteaux d'astrakan. Etc.
Qui peut s'offusquer qu'on fasse l'amalgame ? Ce sont les lecteurs de certains livres qui amalgament.

Quand leur apprendra-t'on à lire ? A quoi sert-il que nous posions la question, si les Oulémas sont sourds.

1 commentaire:

  1. A Beyrouth, l'imam Omar Bakri Mohamed a réclamé la mort des auteurs des caricatures. "Dans l'islam, Dieu a dit, tout comme son messager Mahomet, que quiconque insulte le Prophète doit être puni et exécuté".
    Un discours bien dans le ton de certaines caricatures dénonçant le "radicalisme" musulman.

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