31 mars 2006

Bas Empire

Qui trop embrasse mal étreint.CGT
Les syndicats subventionnés vibrent au mirage des supposés trois millions de badauds qui ont défilé sur les avenues de France pour le retrait du CPE. Excités par les partis de la Gauche plurielle déconfite et rassurée sur son avenir, ils jouent la crise de gouvernement en poussant au départ de monsieur Villepin, qui, ainsi qu'il en va à l'endroit des parlementaires, les emmerde ! Cocagne, dès lors qu'ils auront une meilleure chance de hisser "leurs" partis aux affaires. Ils oublient un instant que l'alternance attendue ne leur apportera pas grand chose, les caisses sont vides et le bois des tiroirs gratté à vif !
PCFTant pis, on saignera le "grand capital" et en attendant se prépare une nouvelle "grande manifestation nationale" pour mardi prochain. Souhaitons-leur le succès, à défaut de quoi, le Grand Galouzeau va se venger de manière terrible, en jetant à la rue son ministre de l'Intérieur, incapable de tenir une position ferme dans le temps nécessaire. On peut lui reprocher son ton cassant, ses lentilles de contact à double foyer, sa crinière hugolienne, Villepin a plus de gueule que jamais aucun premier ministre de la Cinquième n'en a eu avant lui, si l'on veut bien mettre à part une autre bête de concours, Georges Pompidou. A côté de ces chevaliers sans peur et sans autre reproche que la dissolution, le baron hongrois Daladier-Sarkozy devient la marotte du prince, à ceci près qu'il n'est aucun prince pour l'agiter, et que celui-là n'entend prendre nulle autre fonction que celle de prince, justement.
FSU
Les doutes qu'il a communiqué à l'Opinion sur la fermeté de Matignon, le disqualifient, dès lors qu'ils révèlent que, dès l'annonce de gros temps, le calife nouveau perd les pédales au point de mettre à la cape bien avant que le vent fort de la tempête n'arrive sur lui. En cela, il applique les recettes politiciennes de son meilleur ennemi, le président Chirac-pour-rire, qui est un grand rétropédaleur. Monsieur Sarkozy est un foireux. On comprend a posteriori les doutes passagers de sa belle épouse.
CFTC
Un ami de Hong Kong qui s'ennuie comme moi le temps que lui laisse sa journée de quatorze heures, m'a fait part du silence inquiétant de son téléphone rouge directement relié au bunker de l'Elysée, car on ne vous l'a jamais dit, mais les Chirac de Bity doivent prendre refuge dans l'abri antiaérien d'Admiralty Pier en cas de survie du juge Courroye à leur départ du palais. Maître Jacques sera-t'il ce soir au Vingt-Heures, autoritaire? paternaliste? consensuel ? Au point où en sont les choses, ne vaut-il pas mieux précipiter le chaos pour - espérons le - sortir de ce bourbier, même si les dégâts collatéraux seront sans doute considérables ? LCR
Les blocages sociaux qui déclenchent les rires hystériques de nos voisins, ajoutés à la banqueroute de l'Etat dont on repousse la promulgation chaque semaine un peu, dénotent plus que la synthétisation de mauvais choix. Cette crise majeure est la crise d'un régime. La gestion de la Nation à travers les règles de notre fausse démocratie a-t'elle encore de l'avenir ? Evidemment non ! Personne d'ailleurs n'achètera un modèle qui dans sa Constitution, se déclare comme une démocratie représentative, tout en exaltant la démocratie directe par le droit de grève et de manifestation. Il n'est pas besoin d'être constitutionnaliste pour comprendre qu'une disposition détruit l'autre. De brillants esprits revendiquent ce double accès au choix politique, la Chambre et la Rue. Ils sont irresponsables. SUD
Ce droit de manifester publiquement son désaccord est partout compris comme l'expression normale d'un mécontentement grave dans des domaines catégoriels ou professionnels, jamais comme un contre-pouvoir à la souveraineté législative de la Nation ou exécutive de l'Etat. De plus, et c'est peut-être là que gît la perversité du modèle, la pseudo-souveraineté du peuple à travers ses corps représentatifs, oblige à rechercher une stabilité dans la coalition des intérêts du moment. CFDT
On fausse donc le scrutin naturel afin d'obtenir "légalement" des majorités que le peuple ne donne pas. 40000 voitures brûlées dans le pays où Dieu réside, selon nos amis allemands, deux millions de manifestants pour une foutaise de contrat d'embauche accepté partout ailleurs, et l'on peut affirmer que le modèle de démocratie à la française est à jeter à la poubelle de l'Histoire ! Mais non, la cinquième mouture de ce concept est à bout d'arguments ? Qu'à cela ne tienne on va vous en concocter une sixième. Et la septième dans vingt ans ? Le pays sera déjà terrassé par les défis qu'il refuse d'affronter.
PS
Lorsque on ramasse en faisceau les problèmes nombreux que nous ne voulons pas voir, la frilosité générale, notre peur panique du monde, et les tendances toutes aggravantes de chacun de ces problèmes, on ne peut s'empêcher de penser à la décadence fatale du Bas Empire romain.
La Nation est piétinée de toute part par des ligues d'intérêts extérieurs et les nouveaux barbares viennent la piller sans vergogne. La démagogie médiocre des élites fait écho au dévergondage intellectuel général ; le succès en librairie du dernier livre de BHL « Mes billevesées américaines » mesure le niveau d’affaissement de l’intelligence française. Pis encore, l'incertitude des convictions de ceux qui gouvernent, laisse périr mille ans d'histoire. Il n'y a aucun dessein français autre que de résister ; le syndrome gaulliste. CGT-FO
En vérité nous choisissons le destin du Portugal, immense nation de conquérants devenus braves maçons. Les meilleurs s’enfuient jusqu’à un point cocasse où l’exil en soi est déjà un critère de qualité et de courage. Le peuple ne fait plus beaucoup d'enfants, et plutôt que de s'adonner à des exercices patriotiques, s'avilit chaque soir devant le spectacle vulgaire de la médiocrité, formaté – c’est officiel - pour lui faire boire la nouvelle tisane du Père Gaucher, et c’est tout !
La République fabrique des cons !
Les « ratés » s’expatrient !

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