4 avr. 2006

La grève passe ...

... les chiens aboient !

Ces malheureux contrôleurs qui ne sourient jamais, comment pourraient-ils, contraints de travailler dans la même entreprise toute leur carrière et qui, lorsqu’ils ne savent pas taper à la machine, sont jetés encore vivants sous les roues de l’oisiveté à l’âge de 50 ans ! J’en tremble.
C’était jour de grève. Mais tout le monde s’en fout ce matin.
La cohue complice, le printemps, les minijupes, les accroche-cœurs sur les pommettes saillantes.

Même le conducteur de la rame SNCF, fraîchement débarqué de Castelnaudary sans doute, dans un accent inégalable, nous commente les arrêts dus à la signalisation, pour nous avouer à la fin du trajet que c’est la première fois qu’il entre en gare à Saint Lazare. Il est à l’évidence, bluffé par la grande verrière en fonte et les énormes tampons-butoirs qui en bout de voie, protègent Paris des machinistes de province.

Le motif du mouvement social ?
le duelTout le monde s’en fout ce matin, parce que les rames roulent. J’entends à la radio provinciale que soixante lycéens ont décidé de bloquer un rond-point sur la nationale 9 à Millau ; et que les embouteillages sont conséquents. Sans doute que la glorieuse gendarmerie, qui dans le passé assista sans broncher au saccage du McDonald de la côte du Larzac, est occupée à filtrer le trafic infernal de shit marocain au niveau du Viaduc le plus beau du monde.

Ici, de l’émeute psychologique attisée par les syndicats de gavés, on ne voit rien, n’entend rien, ne dit rien. Les prêtres médiatiques auront bien du mal à faire revivre la grève nationale des professionnels de la manifestation à la célébration de vingt heures. Il fait trop beau.
Je descends la Grande Armée d’un pas alerte derrière une grisette reconvertie dans le secrétariat trilingue. Botte de dragon fauve sur mi-talons, jeans blancs très pleins que balaie une queue de cheval alezan, petit paletot d’ocelot … et beaucoup d’assurance dans la progression. Voila quelqu’un qui sait marcher ! J’en dépasse ma rue.

J’ouvre l’écran internétique. Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent, sauf d’Italie. Ah, le duel Prodi Berlusconi ça vide les théâtres. Tout le monde est sur son écran pour voir la joute quotidienne dans la plus belle tradition démagogique romaine. duelloProdi l’euro-socialiste à la triste figure, quelque sorte de Delors gras, est qualifié par la presse d’agent immobilier qui pousserait à signer pour cet appartement un peu plus cher sans doute mais si peu courant sur le marché qu’on risque bien de n’en point retrouver en portefeuille d’ici la Noël. Face à lui le Cavaliere qui littéralement s’éclate en campagne et finit par communiquer sa vulgarité et sa bonne humeur inoxydable à l’électeur, en mettant les rieurs de son bord. On est tenté de citer les plus belles saillies de ce mutant en politique. J’y succombe, après tout c’est jour de grève :

  • En pleine année de l’Italie en Chine, il s’est abandonné à dire la semaine dernière que sous Mao « on bouillait les enfants indésirés pour servir d'engrais dans les champs ».

  • La plus célèbre : « Je suis le Jésus de la politique ! »

  • La plus sincère : « Les investisseurs américains doivent tous venir en Italie. C’est le pays qui a les plus belles secrétaires du monde entier. »

  • La plus osée : « On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre supériorité, de la supériorité de la civilisation occidentale. »

  • Béni il y a deux mois en direct à la télé par un prêtre : « Merci Très cher Père Massimiliano, je vous promet deux mois et demi de complète abstinence sexuelle d’ici le 9 avril. »


Finissons-en avec une autre carrure de l’Histoire :
"On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse" (Kanzler Otto von Bismarck (1815-1898).

En attendant, le sondage du Premier Avril des « Zaméricains les plus bêtes » vient d’être publié :
  • Pole position : Michael Jackson dans un fauteuil ;

  • A une encolure : Dick Cheney, vice président des huiles usées et chasseur imprudent qui ferme les yeux au départ du coup ;

  • Ex-aequo : Paris Hilton, la blonde générique la plus riche de la jet-set ;

  • Quatrième à une bonne longueur : Georges Walker Bush, président des Etats-Unis d’Amérique, là je n’ai pas compris, la fonction étant élective ;

  • Cinquième et dernier du quintet 2006 : Tom Cruise de l’église de Scientologie, sans doute pour ses menaces de boycott contre les producteurs de South Park qui débinaient un peu la cathédrale en toc de Ron Hubbard.


Quinze heures. C’est toujours l’angoisse. Rien !
La manif monstre aurait-elle foiré ?
Thibaud, Chérèque, Mailly et Ashier vont se finir au Porto soviétique.

1 commentaire:

  1. Je vous fais remarquer que les manifestations de mardi ont rassemblé presque autant de monde que la semaine passée. Passée, oui ! Tout passe, tout lasse !

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