4 mai 2006

Clearstream le cloaque

Zig & PuceEn janvier de cette année les Carnets Mésopotamiens de notre reporter disparu Hubert de Mortembresse - est-il dans les geôles d'Assad ? - saluaient le départ à la retraite du général Philipe Rondot sous le titre La Retraite du Croisé. On y évoquait aussi la mémoire de son père Pierre Rondot, grand connaisseur du Proche Orient et "aga" des Kurdes.
C'est une famille de haut niveau, née dans "l'intelligence".
On voit mal Philippe Rondot monter un coup aussi foireux que la production de listings truqués d'une banque protégée du Luxembourg, même s'il reconnaît avoir constaté de lui-même la possibilité de pénétration du système informatique de Clearstream par le spécialiste Imad Lahoud.

Dominique Galouzeau De Villepin, quoique non noble, est un aristocrate de haut niveau, il toise les deux mètres, et provient d'une famille de grands serviteurs de l'Etat, spécialistes des fromages de la République bonapartiste. Poète à ses heures, classique toujours, on voit mal l'auteur du Cri de la Gargouille, du Requin et la Mouette ou de l'Eloge des Voleurs de Feu, faire bidouiller l'informatique granducale au motif de discréditer ses adversaires dans le blanchiment d'argent, surtout au moment où il n'en avait pas vraiment.

Il était alors le plus flamboyant de nos ministres des affaires étrangères, celui qui avait corrigé en public et avec panache, Georges Bush et Colin Powell au Conseil de l'ONU en mars 2003, en pure perte ! La guerre eut néanmoins lieu !

Dans la famille Villepin il y a Xavier, le papa, HEC, industriel (Saint-Gobain) et ancien sénateur décoré de nombreux ordres étrangers. Il y eut l'oncle François, industriel (Thomson), président du Comité France-Chine. Il y a le frère, Patrick, conseiller référendaire de 1ère classe à la Cour des Comptes détaché chez BNP-Paribas.
Même s'il a montré une propension à l'analyse fouillée dans ses fonctions obscures de secrétaire général du Château de Chirac, il est difficile d'imaginer le premier ministre se transformer en gnome plumitif le soir venu, et trafiquer des comptes pour "tuer" le nain de jardin hongrois ! Il garde pour moi le bénéfice du doute.
Il n'empêche que la manipulation des listes est avérée dès lors que Philippe Rondot a détecté assez vite le montage.
Qui donc ?
A ne prêter qu'aux riches, on pense à Chirac et son cabinet noir d'amis indéfectibles comme Monod, Pons, Juppé et consort. Mais ces gens ne sont pas nés de la dernière pluie et sont capables d'anticiper le retour de flamme d'une pareille magouille, difficile à maîtriser en plus, puisque montée sur un territoire étranger étanche aux pressions coloniales.

holmesRondot a terminé sa déposition en déclarant :" On m'a jeté dans cette affaire pourrie, et on m'a dit, débrouillez-vous !" Or l'initiative proviendrait selon lui de l'Elysée. Mystère. A qui profite réellement le crime ?

A la Gauche ? Pas vraiment, c'est toute la classe politique de la "bande des quatre" qui va en pâtir ; d'autant que la batterie de casseroles est également distribuée. Les extrêmes ou les "purs" montent dans les sondages.

A Sarkozy ? Pas vraiment non plus car si le gouvernement est coulé par cette affaire, Sarkozy portera une part de responsabilité dans l'opinion, tout simplement parce qu'il est celui par qui le scandale est arrivé. L'UMP peut aussi faire les frais de l'explosion du gouvernement, et pire encore s'il s'agit d'une vraie crise de régime car elle est au coeur du système.

Sans doute pas à Chirac qui est pratiquement coulé à l'étranger par le Watergate à la française. On se demande comment il va se maintenir dans ses fonctions pendant les douze mois qui restent. Il a perdu tous les matchs jusqu'ici. Dernière avanie au Stade de France : lors de la finale de la Coupe, des instructions strictes avaient été données pour que son image ne paraissent jamais sur les écrans géants du stade afin d'éviter toute bronca ou sifflets à son endroit. A la surprise rétrospective des "conseillers", la précaution était inutile ; son avancée sur la pelouse pour saluer les deux équipes n'a donné lieu à aucune manifestation de qui que ce soit venant des tribunes. Le président est devenu transparent, absent des esprits, pour tous ses concitoyens déjà retiré à Bity.

Et si ce n'était qu'une opération de vengeance contre Chirac ? Le plus grand affront du quinquennat chiraquien a été perpétré contre nos alliés américains dans le dossier irakien. Le costard semble taillé sur mesure pour la CIA qui aurait fait ainsi une démonstration parfaite de ses capacités de déstabilisation de personnalités. On me dit dans l'oreillette que les fréquences grésillent déjà.

1 commentaire:

  1. Et Porter Goss, le patron de la CIA, vient d'être démissioné. Il a le bras drolement long Chirac : Ouaf ! Ouaf !

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