2 juin 2006

Jacques ATTILA

?Les ours se suivent et ne se ressemblent pas. C’est Balou qui a été lâché hier dans les Pyrénées. Et le tapage des éleveurs de moutons de reprendre des tours. Saura-t-on un jour pourquoi les ours chez nous comme les loups d’ailleurs, sont des dangers publics et chez nos voisins des atouts écologiques et touristiques ? C’est bien sûr que nos voisins sont stupides et n’ont pas été formés par la redoutable Education Nationale qui du sable des bacs de squares fait la pâte du génie français.

Sitôt qu’ils se hissent à défilement de la ligne de crête qui les sépare de nous, nos voisins aperçoivent le pays des Lumières en pleine ébullition qui, préservé sans doute des ravages de la globalisation et du choc de civilisations qui s’annonce, déploie toute son énergie à combattre ...... le capitalisme, la traite négrière, le génocide arménien et le colonialisme. On imagine qu’ils se pincent et s’inquiètent déjà que l’épidémie de ridicule ne tourne à la pandémie en sautant leurs montagnes.

Deux évènements ont marqué pour quelques années l’opinion des autres pays sur le nôtre. La destruction de l’idée européenne fondée principalement par la France, par un référendum à usage de plébiscite interne mal préparé et surtout dénié dans son résultat ; la seconde, ce sont bien sûr les émeutes de novembre.

L’Europe est bloquée depuis lors et la France, impuissante à la redémarrer à son profit. La Commission comme le Parlement nous baladent, et ne se cachent pas pour déclarer qu’il n’y a rien à faire tant que les élections de 2007 n’auront pas débarqué les titulaires actuels du pouvoir, qui semblent n’en avoir plus aucun. Ce que prouve l’échauffement rampant des banlieues qui ne diminue pas.
Et d’entendre les ténors de la prévention hurler sur les ondes qu’il ne s’agit que de donner du travail au « djeunes » pour que tout rentre dans l’ordre. Les mêmes ont récupéré l’agitation festive estudiantine du mois de mars pour couler la mesure idoine de destruction des freins à l’emploi, le CPE de Villepin.

Depuis, l’entreprise de destruction va bon train. Clearstream, Suwa Bank, Drut, la presse internationale accourt, il se passe chaque semaine quelque chose aux Galeries Françaises, et ça fait de la copie fraîche. Que sera devenue la France en avril 2007, on n’ose y penser.

Si son économie contre mauvaise fortune garde bon cœur et se passe des remontrances et encouragements des ministres à mi-temps – la création de la bourse transatlantique est une gifle aux grands penseurs des galetas élyséens, comme la russification d’Arcelor – il n’en va pas de même de l’Etat, eunuque impécunieux qui fond comme sucre en pain sous l’orage du ridicule.

Le gouvernement est en fenêtre du matin au soir à observer la Rue et guetter la plus frêle approbation de son agitation médiatique. L’Assemblée nationale a jeté l’éponge, qui n’y comprend plus rien au fonctionnement de la plus grande république bananière d’Europe après la Biélorussie. Mon député ne répond à aucune question et recommande d’attendre. Sainte Geneviève ou Ravaillac ?

Frédéric Rouvillois, professeur à l’Université Paris V, relève dans un dernier ouvrage intitulé « L’avenir du référendum » que l’incurie chiraquienne aura détruit en dix ans les fondations de la Cinquième République et laissera derrière lui un champ de ruines institutionnelles. Et de le traiter d’Attila !

L’Etat n’a plus d’autorité intérieure parce qu’il a perdu toute considération de la part du public. Ses objurgations sont vaines, personne ne l’écoute plus, à tel point qu’on se moque plutôt moins aujourd’hui de cet Etat évanescent qui n’a plus que le fisc et la police-gendarmerie pour le représenter, mal !

L’Etat n’a plus de prestige ou d’autorité extérieurs depuis qu’il s’est parjuré sur l’Alliance atlantique et sur l’Union européenne. Nous sommes la risée du G8 sans faire plus large. A preuve les humiliations parfois imperceptibles mais continues dans la veine du racket égyptien sur le canal de Suez (Clemenceau), ou les menaces de représailles de la République turque qui font coucher notre fier parlement.

La fonction présidentielle est au ruisseau. Malgré un déni de légitimité renouvelé trois fois au moins - dissolution perdue, régionales perdues, référendum perdu, et in fine un parlement bafoué par la présidence - le titulaire de la charge, déjà affaibli par des affaires anciennes qui ressurgissent çà et là au travers de condamnations périphériques, s’accroche à son poste au motif de sa légalité et de la constitutionnalité de sa position. L'honneur n'est pas au programme.

Rouvillois enfonce le clou à ras la planche :
« Qui remettra en cause la « jurisprudence chiraquienne » en application de laquelle, même humilié par le suffrage universel et totalement dépourvu de l’autorité politique indispensable pour défendre les intérêts de la France sur la scène internationale et européenne, le président de la République s’accroche désespérément aux oripeaux d’un pouvoir qu’il n’exerce plus ».

On peut certes attendre la relève en 2007 du roi-fainéant, ou l'usurpation brutale d'un nouveau Pépin le Bref qui surgirait de St Cloud (?!).
L’alignement des prétendants au trône donne la chair de poule. Ils n’ont encore rien proposé pour redresser la situation calamiteuse du pays qu’ils s’emploient déjà presque uniquement à tirer sur leurs concurrents présumés, qui n’en ont pas dit plus. Ce n’est pas une joute de compétences, d’idées structurantes, de projets mais une bagarre vulgaire de champ de foire après cinq heures quand les chopes sont vides. Les dernières charges d'éléphants socialistes - ça leur plaît bien en plus ce titre - contre la royaline Ségolène vont au bout de la stupidité et de la cuistrerie de cette classe politique vautrée dans les prébendes et abonnée aux liftings.

Les Epées 19Pour nous remettre, je signale la parution du numéro 19 de l’excellente revue trimestrielle LES EPEES que l’on peut se procurer par abonnement en cliquant sur sa couverture jaune ci-contre. On la trouve aussi à Paris dans certaines librairies des 5 et 6è arrondissements.
Une présentation de cette livraison qui consacre seize pages sur 68 aux fantasmes du complot, est accessible sur le blogue Royal-Artillerie que l’on peut découvrir en cliquant ... là.

1 commentaire:

  1. Je l'ai trouvé à l'Age d'Homme dans le 6è. Ca vaut bien les 5 euro.
    Il y a d'autres revues de droite dans cette librairie.
    Salut.

    RépondreSupprimer

Archives steppiques