16 juin 2006

Le rat qui enviait le cochon

M. Forgeard est officier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre du Mérite, et Knight Commander of the Order of the British Empire (comme Bob Geldof, Mick Jagger, Pelé) mais les Beattles n’étaient que membres, et les Spice Girls, ce n’est pas sûr.

Polytechnicien abonné à la Pantoufle, M. Forgeard a démontré d’immenses qualités que récompensent les médailles ci-dessus, dans la gestion de sa propre carrière. A 60 ans déjà notre rat de cabinets ministériels (Industrie, Aviation civile, Transports, Défense) a un CV des plus classiques. Placé chez Usinor en 1981, il rentre à Paris au cabinet Chirac de 1986 qui le place chez Matra en 1989. Le rat se transmue en cochon-tirelire. Matra c’est Lagardère, et bientôt Airbus, où on l’accueille d’ordre et pour compte en 1998.

de la part de Guido, et hébergé par Image Schak

Son activité chez Airbus se résume à la guerre clanique intra-Lagardère, dont l’affaire Clearstream est un épiphénomène. Il s’agissait de contrer partout le vice-président Camus de la holding EADS ; les PV d’assemblées en font foi. Il engage ensuite la bataille contre les Allemands à qui revient normalement la direction d’Airbus à la fin de sa période, pour garder la mainmise française sur le groupe toulousain. Sa manœuvre lui permettra d’accéder à une co-présidence franco-allemande de la maison-mère EADS. Cette dernière bataille ayant duré plus de six mois – la presse en a fait de larges échos quotidiennement – on comprend que monsieur Forgeard, occupé à plein temps par la « stratégie », se soit laissé surprendre par le problème majeur qu’il semble découvrir aujourd’hui, et qui peut couler le fleuron européen de l’aéronautique. Le polytechnicien est incapable de surveiller ses usines.

Contrairement à ce que soutiennent les cadres de Toulouse pour qui les retards de livraison du gros-porteur étaient notoires, c’est strictement par hasard que, lui, sa famille, la haute direction d’Airbus/EADS et deux actionnaires de références, Lagardère et Daimler, ont encaissé de fortes plus-values en vendant des actions du groupe, avant que le trauma industriel n'apparaisse au grand jour. Blanc comme neige, à tel point que l’Autorité des Marchés Financiers – héritière de la COB qui avait explosé l’idiot utile Bérégovoy - a ouvert une enquête il y a plusieurs semaines.
Les particuliers nominés aux plus-values encaissées sont :
Auque François: 365 000 euros
Enders Thomas : montant inconnu du brûlot
Forgeard Noel: 2 500 000 euros
Forgeard Catherine: 1 400 000 euros
Forgeard Louis: 1 400 000 euros
Forgeard Marie: 1 400 000 euros
Gut François: 1 150 000 euros
Itavuori Jussi: 1 200 000 euros
Zoller Stefan : 490 000 euros

Le DRH Itavuori est-il celui qui a piloté la fermeture de l’usine SOGERMA de Mérignac ? Les syndicats furètent pour engranger leur avantage au dernier round avant délocalisation.

Après avoir pris l’avis de ses conseillers en communication, le rat Forgeard a déclaré ce vendredi : "Je souhaite rester et apporter ma pierre. J'ai mis une grande partie de ma vie dans cette maison, mais ce n'est pas à moi d'en décider, c'est aux actionnaires". L’humour est parfois subliminal. La pierre de Forgeard a brisé les vitres !

Qui veut maintenant du titre EADS ?
Le vice-président Gergorin est au seuil de la Santé, quartier VIP, mais quand même ;
Les deux co-présidents semblent mouillés dans la voyance extralucide plus que dans le management industriel et l'AMF ne les lâchera pas si facilement vu la bronca des petits porteurs ;
L’avion mammouth n’est pas livrable aux transporteurs qui sont ainsi mis en péril et vont se retourner pour des compensations élevées (ils ont eux aussi des actionnaires) ;
Le nouveau modèle concurrent du Dreamliner américain doit être redessiné de fond en comble, personne n’en voulant en l’état !

Par ailleurs la collusion des élites étatiques et des avionneurs entravera les mesures de redressement à prendre car, au contraire de la firme Boeing, les questions d’image politique et de gouvernance sociale prendront le pas et du temps sur le sauvetage proprement dit.

A quoi sert une structure holding comme EADS, richement staffée ? A rien ! La preuve par neuf. Les économies d'organisation sont aujourd'hui aisées et devraient précéder les ajustements nécessaires au niveau de la production. On comprendra cette fois que les chefs syndicaux s’indignent de cette valse des millions faciles au moment où l’on cherche à améliorer les bas de bilan en mettant à la porte des ouvriers français.
Le Mur de Berlin n’est pas tombé pour rien !

1 commentaire:

  1. " Les Français traînent des pieds sur le salaire de Forgeard ":

    Ce ne sont pas des querelles franco-allemandes, mais des problèmes de fonctionnement franco-français qui ont retardé la nomination de Noël Forgeard au poste de futur administrateur-gérant d'Airbus Industrie... Selon un des partenaires, les émoluments souhaités par le futur patron d'Airbus (on évoque 20 millions de francs par an) n'auraient pas été l'objet de l'habituelle information préalable de la part du partenaire français, Aérospatiale. Il est vrai que c'est lui qui verse son salaire - très inférieur - à l'administrateur-gérant actuel, Jean Pierson... "
    article de L’Expansion – 5.02.98
    Le rat était déjà un gros glouton

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