21 juin 2006

Villepin, la charge

"A faire une connerie, faites-la vite".

C’est un dicton de l'arme blindée cavalerie, l'arme où l'on doit se précipiter du moment qu'on se sait intelligent, puisqu'on y a le plus de chance d'être seul ... disent les fantassins.Villepin
Or Villepin a traîné. Non seulement il a par trois fois lâché l'injure au bouffon du roi, mais il a attendu vingt-quatre heures pour "regretter" l'outrage. A mon sens mérité !
Il eut suffit de rencontrer la victime dix minutes plus tard pour dire quelque chose comme ...
" excuse-moi, François, mais tu m'as foutu hors de moi avec ce connard de Forgeard qui me débecte et que Jospin a placé chez Airbus. Sorry, passe l'éponge et je dirai un mot en séance demain. "
Mais il a réfléchi en homme de cabinet, a mesuré sa position, remâché ses excuses obligatoires, mais n'a pas eu l'impulsion du chef qui finit sa charge en levant le sabre.
NB : Si Pinarque cherche un nouveau premier ministre qui monte avec du répondant, un seul mail à Steppique Hebdo et c'est réglé.


HollandeLa litanie de reproches moqueurs du premier secrétaire socialiste ne visait que l'auditoire extérieur à l'hémicycle. N'ayant rien à dire sur le fond, les socialistes, et Ayrault tient la corde dans cette attitude, font pour exister du tapage médiatique, dans de grandes envolées démocratiques auxquelles ils ne croient pas une seconde, à peine de faire pouffer leurs gosses qui les verraient à la télévision. C'est pitié de voir à quelles extrémités conduit la vanité politique des esprits creux.

La négociation franco-allemande pour la direction d'Airbus Industrie a été menée par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin. Même si Forgeard est une "relation" de Chirac, Villepin n'avait pas à être interpellé violemment sur le destin du rat-président d'EADS ; d'autant que le pacte d'actionnaires de cette époque prévoit explicitement la rétention d'influence de l'Etat français dans les questions de personnel. Hollande est un aboyeur, très lassant !
D'ailleurs il aurait subi, dit-on dans les ouvroirs, le même sort que Sarkozy, dans le domaine peu prisé des chapeaux verts*.
(*) expression chinoise ayant une parenté avec la jonquille de chez nous.

Ce qui est intéressant dans les "émeutes" parlementaires ce sont les réactions d'instinct.
Bayrou appelle à la dissolution de l'Assemblée nationale pour de nouvelles élections. Pour faire quoi ?
Remettre les mêmes ?
Il y a trois jours il s'insurgeait, sur le même ton que Devedjian l'occidenté, sur la dérive monarchique du régime. A croire que sorti de l'étable paternelle, on est destiné à ne rien comprendre à la philosophie politique.
Le parlement, parangon de la démocratie vraie ? On en est loin, de plus en plus loin, le pays légal est déconnecté du pays réel. Tous les sondages convergent.

Le fond antiparlementaire gaulois est nourri à dégorger par le spectacle des débats au Palais Bourbon, qui sont retransmis sur les ondes. Le chahut de cette assemblée sans pouvoirs réels est une catastrophe pour la démocratie. A quoi sert-il de la dissoudre si c'est pour renouveler les combines d'appareils sur les investitures et désistements de second tour, remettre le même esprit de picanthrope derrière les pupitres qu'on claque comme le ferait les primates à Vincennes ?

N'ayant aucun autre pouvoir réel que celui d'enquête, le seul à être exercé dignement, il serait plus convenable d'élire les députés à la proportionnelle afin d'avoir tout le pays représenté sur les bancs, et concurremment de retirer au parlement la censure et donc l'exigence de majorité. Ainsi les vrais représentants du peuple pourraient exprimer leurs remontrances, leurs inquiétudes, leurs approbations, leurs encouragements dans la sérénité. Et l'on aurait une photographie assez fidèle des soucis du peuple au moment T.
Oui, c'est une dérive monarchique.

On en reparlera.

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