8 sept. 2006

137000 amendements

debré
" Au premier jour du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de fusion, les députés de gauche ont multiplié les demandes de suspensions pour empêcher la poursuite des travaux.
La gauche, communistes en tête, a ouvert les hostilités jeudi dès le début de l'examen du projet de privatisation de Gaz de France, bousculant le cours des débats à l'Assemblée nationale à coup de rappels au règlement et de suspensions de séance ..." (Le Figaro - 6.09.06)

137000 amendements, dans leur quasi-totalité ridicules, sont l'arme choisie par l'opposition démocratique de l'Assemblée nationale. Après le spectacle navrant que donne chaque jour de session la chaîne parlementaire sur les débats éponymes, on se demande ce que vont inventer nos députés grassement rémunérés à claquer leurs pupitres, qui puisse couler définitivement l'institution. Peut-être se faire fumer le cigare dans les travées !

L'antiparlementariste de base c'est d'abord le député !

Dans les rangs de ceux qui se moquent sans vergogne de leur fonction, on trouve aussi ceux qui réclament à grand bruit une nouvelle république, confiant des pouvoirs étendus et souverains à la Représentation populaire. A quoi devrait répondre un référendum d'initiative populaire dès lorsque le peuple est le vrai souverain, référendum décrétant le bénévolat des charges électives. Dans cette république du fric, la mesure assainirait les couloirs de la prébende nationale.

A quoi sert donc l'Assemblée Nationale ?
Privée du choix des orientations économiques qui sont montées à Bruxelles (ou bientôt Strasbourg), interdite de séjour dans les salons diplomatiques réservés au satrape de l'Elysée, débordée par l'agitation urbaine quand il y a problème, et partout ailleurs limitée par les contraintes budgétaires au seuil de la banqueroute, elle se réfugie dans la régulation des moeurs et des esprits avec le souci premier d'accompagner la société dans ses mutations perpétuelles; ce qui par ricochet doit lui donner la perpétuité.

Avec un peu de recul, on s'aperçoit vite que l'Assemblée Nationale est l'alibi "démocratique" d'un régime qui s'en passe très bien. En fait le Palais Bourbon ne sert à rien. Il coûte !

Il conviendrait de rénover les fonctions de la Représentation populaire en commençant par aller au bout de la désignation choisie, en l'élisant à la proportionnelle intégrale afin que tous les compartiments d'opinions soient représentés. Il suffit pour cela fonctionne qu'on ne lui demande pas de former de gouvernement et qu'on ne la force pas à l'alliance et à organiser sa conséquence, le camp des vaincus ou opposition. Le pouvoir convoquerait l'Assemblée trois fois un mois par an pour écouter les doléances du pays, les souhaits et bien sûrs les conseils frappés au coin du bon sens ... populaire.
Pour l'intendance, les députés, tous bénévoles, seraient défrayés de leurs frais de voyage, de couchage et découchage. On en aurait sans doute fini avec les enfantillages capricieux d'une classe politique cramponnée sans vergogne à la mangeoire.

Et le Sénat me direz-vous ? Il est la représentation horizontale du pays, il parle pour la terre et les terroirs. Peu de changement outre le bénévolat.

On pourrait conserver le Congrès qui recevrait à Versailles la déclaration de politique générale de chaque chef de gouvernement et garderait ses pouvoirs constitutionnels. On en renforcerait l'apparat pour sa médiatisation (quel dommage d'avoir abandonné la perruque aux Rosbifs). Les députés français sont sensibles aux cocardes, écharpes et autres hochets distinctifs. On donnerait d'ailleurs à tous, au premier jour de la législature, la légion d'honneur en coffret dans le paquetage réglementaire, le mérite agricole étant réservé aux sénateurs. A moins de résusciter l'ordre équestre de l'éléphant blanc !

léléphanblan

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