13 oct. 2006

Baudruches

Vendredi 13, agenda chargé pour les voyantes.
La mienne a vu l'atterrissage des montgolfières, et comme elle est très politique de par son fonds de clientèle, je l'ai convaincue de révéler qui était dans les nacelles en échange de mes propres visions obtenues au pur malt 8 ans d'âge !
Elles concordent.

Le premier aérostier à lever la jambe pour passer le mur d'osier de la nacelle est une aérostière. Vous l'avez tous reconnue, on ne parle que d'elle ! Je me précipite micro tendu :
- Hubert Bonnisseur de la Bath pour le Vingt-Heures !
En exclusivité pour Radio Steppique & Colégram, dites-nous pourquoi vous avez choisi la Sologne pour vous poser, au lieu du Poitou ?
- Est-ce que je suis décoiffée ? Le casque Montgolfier c'est vraiment gonflant !
- Oui ! La Sologne ? Est-ce en devisant sur "A beau mentir qui vient de loin" que vous avez préféré rentrer à pied à Poitiers ?
- Je manque d'air !

C'était Hubert Bonnisseur de la Bath, à la caméra Jules De Maersmeker, au mixage Brigitte Moulahouad, en direct de la Môthe Beuvron où Ségolène Royal vient de se dégonfler. A vous Cognac-Jay !

Madame RoyalLa belle socialiste a terminé le parcours sans camélias, après avoir épuisé les idées d'envies que lui avaient donné les abonnés à son site extravagant Désirs d'Avenir. Car tout était envies dans le programme, même l'envie d'Europe. A cet effet les démêlées de la communauté arménienne française avec la République turque sur le dos de la représentation nationale ne lui ont pas permis de désigner un axe de réflexion quand lui fut posée deux fois la question de la Turquie en Europe : le peuple choisira ! C'est tout nouveau : pour la première fois, un leader politique, en devenir certes, attend de l'Opinion qu'elle lui fixe la direction de son analyse et sans doute les conclusions les plus largement partagées. Nous savions que Madame Royal était un pur produit marketing ; mais le chef de pub ne lui avait pas dit qu'il y a dans ce secteur un effet de mode. Le client peut zapper. Je zappe !

L'autre montgolfière à descendre - on ne va pas refaire l'interview en plein champ - est celle du sémillant ministre de l'Intérieur, d'Etat, des Cultes, de l'Aménagement du Territoire et des Hauts de Seine. Il semblerait court en carburant dans les sondages, du moins pour ce qui concerne l'efficacité de ses polices. Malgré tous les bidouillages possibles et les consignes de discrétion données aux médias, l'insécurité a progressé dans tous les compartiments du jeu, et a explosé en zone rurale ! Ce ne sont pas les reportages à chaud des rafles en cités avec cassage de portes et brutalités télégéniques qui n'y sont pour rien. Dans les terroirs où l'on s'ennuie à mourir entre deux joints (hors de prix à cause de la cote de place), la population désoeuvrée a été saisie par le démon de l'imitation. Et faut dire qu'au résultat, il y a plus à raconter à la veillée !

Monsieur SarkozyDeux thèmes avaient apparu dans le discours du baronet Sarkozy, la tolérance zéro et la rupture libérale. Laissons la première qui a échoué et intéressons-nous à l'autre.

Débloquer la France en explosant le modèle social soviétique est une intention louable même si on voit mal la réalisation du projet avec des syndicats ayant la main sur quasiment tous les rouages de l'Etat et de son économie propre. Quand on voit la CGT se mettre en grève cet automne pour contrer un article du programme présidentiel sarkozien de 2007, on se demande si ce beau pays dispose encore de la liberté de réfléchir. Mais admettons qu'on puisse les prendre par surprise, il reste que le triomphe du libéralisme n'est avéré nulle part ailleurs que dans la tête du candidat. Pour diverses raisons, la globalisation profite d'abord et surtout aux détenteurs de capitaux qui savent les placer à bon escient. La liste des milliardaires de Fortune Magazine fait maintenant plusieurs pages. De même, l'alibi de l'émergence de nations autrefois misérables commence à perdre du lustre, même en Chine. Le développement économique débridé a développé concurremment une faille sociale d'une telle ampleur que des provinces entières de l'intérieur ont reculé vers la misère des années soixante !

Le libéralisme sarkozien est applicable sans doute sur des structures économiques logiques, et des structures mentales saines. On est loin du compte.
La culture du déficit en soutien de la consommation des ménages, la carbonisation annoncée de l'épargne des générations montantes, le branchement de secteurs en banqueroute sur le poumon d'acier de la Dette, et la mentalité d'enfants gâtés de la population dans son ensemble, n'augurent pas d'une acclimatation rapide, en cinq ans, de théories privilégiant le Marché en tout. Alors on fera petit ? Un peu de ça, un peu de ci ? Pour se reposer les mêmes questions cinq ans plus tard, effrayés peut-être que la situation générale ait tellement empiré.

C'est notre civilisation du bonheur obligatoire qui faut mettre en question.
A commencer par la revalorisation du travail.
Un gros mot !

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