21 nov. 2006

Darfour (2è)

Le ChefDans ce modeste blogue que l'on dit sous la menace d'une OPA de Royal-Artillerie, nous soulevions la question de l'apparente résilience de la diplomatie occidentale face aux conditions épouvantables qui sont faites par le pouvoir soudanais aux populations du Darfour. Et d'inviter alors notre distingué lectorat à découvrir les mérites d'une organisation caritative qui rachète en masse des esclaves noirs ! On est en 2006. Notre billet intitulé La Traite Soudanaise est vieux de huit mois. Et cela fait bien plus longtemps que la situation est atroce dans cette région.

Dans Le Figaro d'hier, monsieur Douste-Blazy du Quai d'Orsay prend une demi-page pour s'insurger contre "l'horreur absolue". Son constat, qui tient une colonne sur les cinq de la page, est terrible (sic). Reste trois colonnes de plaidoyer pro domo - c'est la loi du genre au Figaro - et une colonne de voeux chèvre et chou où le Quai précise qu'il ne veut pas le démantèlement de l'administration soudanaise mais convoque au secours des survivants ... la bonne volonté !

Les attendus du discours diplomatique laissent entrevoir le motif de ce brusque intérêt français dans un conflit extérieur à la sphère françafricaine depuis Fachoda : le Darfour met le feu au Tchad et en Centrafrique.

On lira avec profit sur la même page, l'article de Reed Brody et Leslie Lefkow qui stigmatisent "l'absence criante d'action de la communauté internationale".

A l'impuissance chronique de l'Union africaine qui manque de volonté et de moyens pour imposer la paix civile chez elle, s'ajoutent la solidarité de la Ligue Arabe avec un de ses membres mis sous surveillance par l'ONU, et l'indécision de cette dernière bloquée dans ses résolutions par le nouveau prédateur du continent, la Chine.
On ajoutera aussi les profiteurs habituels du désordre que sont les nomades qui comme les pirates de Malacca sont de gentils pêcheurs le jour, et dans un autre genre, la Russie de Poutine qui fait du bizness en armes et munitions.

Laissera-t-on refaire le coup de Sbrenica ? Pour pleurer ensuite comme des Madeleine sur des photos de la sauvagerie latente de l'espèce humaine ; ou va-t-on procéder comme on l'a fait au Kurdistan, en interdisant leur espace aérien aux forces de Khartoum et en attaquant systématiquement les rezzou du désert soudanais ?
Qu'attend-on des autorisations !

D'accord, chère Médème, ce sont des Noirs dans le malheur depuis des siècles au contact des Arabes ! Que voulez-vous, on ne peut être partout !

Darfour

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